‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 173 sur 318 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

de Crète, l'an 434. Julien, en Palestine, l'an 530. Un Syrien, sous le règne de Léon l'Isaurien, l'an 721. Sérénus, en Espagne, l'an 724. Un autre, en France, l'an 14 37. Un autre, en Perse, l'année suivante, 1138. Un autre, à Oordoue, l'an 4157. Un autre, dix ans plus tard, à Fez, l'an 4 167. Vers la même époque, un autre, en Arabie, * 1 67 - Peu à peu, un autre, vers l'Euphrate. Un autre, en Perse, l'an 4 174. David Almusser, en Moravie, l'an 1176. Un autre, durant la vie du R. Sal. Adrath, l'an 1280. David Eldavid, en Perse, l'an 4199 ou 1200. lsmaël-Sophi, en Mésopotamie, l'an 4 497. Le rabbin Lemlen,en Autriche, l'an 4 500. Un autre, en espagne, l'an 4 534. Un autre, dans les Indes Orientales, l'an 4 615. Un autre, en Hollande, l'an 1624. Zabathaï Tzevi, en Turquie, l'an 1666 (1). » Les abbés Lemann mention-

(1) La Cabale annonçait l'arrivée du Messie pour cette année-là. Il parut à l'heure fixée. C'était un jeune homme de Smyrne, d'une beauté extraordinaire, d'une éloquence entraînante avec toutes les allures d'un inspiré. D'après une autre méthode de transcription, il se nommait Sabtai Zévi. Tous les rabbins de Turquie le reconnurent; des prosélytes lui vinrent d'Allemagne, d'Amsterdam, de Londres. Le royaume d'Israël allait se rétablir, le règne de Dieu allait commencer. Mais, dénoncé comme imposteur par un rabbin dont il n'avait pas voulu faire son vicaire, et amené au sultan Mohammed IV, il se fit musulman, et il obtint une place de porteclef au harem.

D'un autre côté, les mahométans eurent aussi, à cette époque, un Mahdi (participe passé du verbe hadaya, qui signifie celui qui est dirigé, conduit et inspiré par Dieu-, dans le sens présent : le divinement dirigé, le dirigé par excellence). C'était le fils d'un cheikh du Kurdistan, qui s'était mis à la tête de quelques milliers de Kurdes. Mais il fut pris et envoyé au sultan qui en fit un de ses pages. Les doctrines messianiques des Juifs ont, en effet, été adoptées par les Mahométans (Arabes, Persans, Turcs, etc.) : ils ont eu des Mahdis dont ils ont fait des incarnations divines, tels que El-Mocanna (Le Voilé), qui se couvrait d'un voile pour ne pas éblouir les yeux mortels par la splendeur de son auréole, en réalité pour cacher une affreuse blessure qui l'avait défiguré. Le dernier Mahdi est celui qui a apparu naguère dans le Soudan. Il avait constaté qu'une année fatale approchait, l'année 1300 de l'hégire, qu'une tradition récente assignait pour le triomphe définitif de l'Islam; et il voulut en profiter pour obtenir l'empire du monde. Ce cheikh El-Mahdi porterait entre les deux épaules le signe des prophètes, un naevus rond et bleuâtre qui existait, disent-ils, à la même place sur les corps de Moïse, de Jésus-Christ et de Mahomet. En ce moment, 1890, le mouvement mahdiste paraît, non seulement dans une période d'arrêt, mais en pleine décadence. Depuis deux ans, la croisade du faux prophète n'a remporté aucun succès, n'a pas même tenté une

nent, à côté des noms de ces Messies, « les sources historiques » où l'on peut puiser des renseignements sur ces personnages, et ils tirent de ce tableau la conclusion suivante très propre à faire réfléchir leurs anciens coreligionnaires : « Tout cela, ô Israélites, est authentique ; tout cela, c'est de l'histoire, c'est delà lumière; non pas une fois, non pas dix fois, mais vingt-cinq fois nos ancêtres ont été le jouet de ce mirage -, pour avoir méconnu le Messie là où il était, on était réduit à le chercher là où il n'était pas. » L'histoire du seul Bar-Kokeba suffit, du reste, pour mettre en évidence l'aveuglement des Juifs au sujet du Messie.

Traduction fausse et paraphrase inexacte de l'oracle de Daniel dans la Bible des Septante. — Nous avons pu constater déjà que, en bien des points, la version alexandrine du livre de Daniel a été faite d'après un manuscrit où s'étaient glissées des notes marginales qui en dénaturaient le sens (Voy. Introd., pp. 894-897). Cette version grecque de Daniel fourmille, en effet, de gloses, de variantes qui portent sur des phrases entières -, elle offre des additions au texte et quelquefois des abréviations et des omissions. Il n'est pas difficile de surprendre le motif de ces changements, le glossateur ou l'interpolateur avait voulu rendre le texte plus en rapport avec le goût et les préjugés des Juifs et des païens d'Alexandrie. La traduction des versets 24-27 du ch. IX est tantôt libre jusqu'à la paraphrase et tantôt obscure jusqu'au non sens. Il y a des variantes qui ont été inspirées par le souvenir du meurtre d'Onias III. Quelques alexandrins ont vu en gros, dans notre texte hébreu, qu'il y était question de « Oint retranché » et d'un destructeur dont les troupes dévasteraient Jérusalem; et ils ont pensé à leur grand-prêtre assassiné et au roi de Syrie qui dévasta cette ville et son temple. 11 s'agit de « Oint retranché» ; et aussitôt une analogie leur sautait aux yeux, et sans tenir compte des circonstances différentes qu'offre le texte, sans songer à la succession des empires, sans se préoccuper de la date initiale des

seule entreprise. Or, on sait que rien n'est plus fatal que l'inaction au djihad ou à la « guerre sainte. » Le fanatisme — l'amour du pillage — qui est le seul principe de cohésion et le seul ressort disciplinaire des bandes sauvages groupées sous l'étendart vert du Mahdi, ne saurait s'accommoder d'une longue oisiveté. D'autre part, des Snoussis, avec l'appui des sultans du Dor-Sulu et du Wadaï, se seraient ébranlés pour renverser l'édifice fragile de ce mahdisme. \

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