‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 175 sur 318 · CHAPITRE IX I IG · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX I IG

qj; (peuple) a été ponctué Qy (avec) et le nom du Messie est reporté ici. L'expression « avec colère » ([Jisxà ôpyrjç) remplace l'hébreu basse te f (dans l'inondation), qui est ainsi interprété comme s'il y avait n^ nipu (l'inondation, le flot, l'impétuosité de la fureur). Les deux derniers mots du verset ont été omis.

27. Quelques expressions du verset 29 sont insérées ici, et il est question au vs. 27 de « retourner et de construire la ville en largeur et en longueur. » L'hébreu « dans l'angoisse des temps», est rendu par xaxoc auvxIXeiav xaipwv' (selon l'acomplisseraent des temps). Ensuite, revient la répétition des nombres, de telle sorte que le mot xatpoi (temps) est ajouté à 7+70 -, tandis que le mot îxr\ (années) est ajouté à 62 : « sept et soixante-dix temps et soixante-deux (?) d'années ». Que signifient ces « temps ? » Que faut-il sous-entendre devant le génitif exwv (d'années)? Faut-il supposer que le copiste du manuscrit Chigi a omis le mot e6ôo(j.âû£ç (semaines), de sorte que le traducteur aurait eu en vue des « semaines » d'années ? Nous ne nous chargeons pas de répondre à ces questions : cette traduction n'est que du galimatias. Voyant que, dans ce passage, le traducteur emploie les mots «temps» et « années», Fraidl [Die Exégèse der siebzig Wochen Daniels, etc., p. 7) croit que partout où est employé le mot « semaines », il faut entendre des semaines de jours. 11 croit le prouver en disant que, plus loin, au lieu d'une semaine, nous trouvons qu'il est question de « plusieurs » ou de « nombreuses semaines » (Ik\ ttoXXoc; i6ûo;j.àô£ç), et qu'une semaine de jours n'aurait pas suffi pour la purification du temple et pour le rétablissement de la ville. Mais le traducteur a-t-il songé à tout cela ? Immédiatement après, il dit qu' « à la fin de la semaine, le sacrifice sera enlevé». Est-ce qu'il s'agit de la fin d'une semaine de jours? Enfin, comment tout cela s'accorde-t-il avec les chiffres sans nom, sans spécification (1+70X62) qu'on suppose former les cent trente-neuf années de l'ère des Séleucides, et quel rapport tout cela a-t-il avec les soixante-dix semaines du premier verset. S'agit-il là aussi de semaines de jours ? Nul ne saurait le dire, et il vaut mieux reconnaître que le traducteur a eu un texte incorrect et qu'il' l'a traduit vaille que vaille sans voir si la suite de la prophétie a trait à la déposition d'Onias III. On peut même croire que, à partir de xoà [xsxà stuoc... (Et après 7 et 70 temps...), il a pensé que la prophétie se rapportait à une période plus éloignée, au temps messianique. Il rend l'expression « une semaine », par plusieurs « nombreuses semaines »; et il a conservé à >yn *e sens ds vp (2v x& xéXet), pensant peut-être que

. cette partie de l'oracle se rapportait à l'époque messianique (voy. p. 4 007). Nous avons vu que la traduction de hal kenaf par v-oà ln\ xo ïepbv (sur le temple) indiquerait une intention de reporter le texte à la profanation qui fut faite de ce saint lieu au temps d'Antiochus (voj. p. \ 01 9 et ss.). Il nous semble cependant que, dans ce cas, le traducteur n'aurait pas mis « sur le temple», mais « sur l'autel » profané par ce roi ou « dans le temple ». Il n'est pas inutile de remarquer aussi que la version des LXX emploie ici le pluriel ep^jcaoecov, tandis que, dans les autres passages (XI, 31 ; XII, M) de cette version, l'autel du dieu païen est toujours appelé, au singulier, 6ôéXuy[xa xrj; iprjawaeujç. Dans le chapitre IX, il s'agit en effet, de plusieurs idoles, tandis que l'autel grec du roi de Syrie ne formait qu'un seul objet abominable. Aussi, en admettant la pluralité des siqqûzîm mentionnée dans notre passage, le traducteur a dû songer à un temps différent de celui où fut perpétré le crime d'Antiochus. Enfin, le reste du verset désigne une destruction totale et finale, l'abomination de la désolation sera jusqu'f, l'achèvement, et l'achèvement sera donné sur la dévastation »> (voj. p. 1035). Le traducteur se serait exprimé autrement, s'il avait eu en vue la persécution d'Antiochus, et il aurait fait du verset 27 une prophétie relative à la délivrance des juifs du joug de ce roi. Mais tout gâché que fût le manuscrit sur lequel le traducteur travaillait, il n'était pas possible d'y trouver une allusion aux victoires des Machabées. Il n'en est pas moins vrai, toutefois, que, dans cette traduction « le Messie retranché » est devenu « l'onction enlevée » et que le glossateur ou paraphraste du manuscrit des LXX a vu là une allusion à l'interruption de la succession des grands prêtres qu'il tenait pour seuls légitimes. Il associa le spectacle de l'usurpation de Jason et de Ménélas, frères d'Onias III, et l'époque où elle eût lieu (139 de l'ère des Séleucides), en changeant les dates, aux événements prédits par Daniel; et il accompagna, cette interprétation de membres de phrases qu'il ne sut ni analyser, ni raisonner. D'après le docteur Pusey, il se serait proposé le but que les rationnalistes attribuent faussement à l'auteur du livre de Daniel {Lectures on Dan., p. 381). Nous ne croyons pas qu'il se soit proposé les vues du criticisme moderne : il s'est abandonné beaucoup trop à l'impression qu'avait produite sur lui la destitution du grand sacrificateur Onias III, et la dépossession d'Onias IV qui se réfugia en Egypte, lorsqu'Alcime fut nommé grand-prêtre. Il a ainsi faussé le texte et supprimé par là môme

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