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CHAPITRE IX

Dans la vision de Zacharie, il y avait un bassin ou réservoir plein d'huile, duquel partaient sept fois sept tubes, qui conduisaient l'huile aux sept lampes. Cet huile provenait de deux oliviers par deux branches, qui plongeaient dans le bassin, et elle en découlait d'elle-même, sans pression, sans secours humain (vss. 2, 3, 12). Le chandelier de l'ancien temple n'avait point un réservoir pareil à celui de la vision ; et il faut voir ici un symbole indiquant que l'Eglise lévitique du retour aurait une assistance spéciale de l'Esprit de Dieu, représenté par l'huile de l'onction, et que cet Esprit continuerait à agir efficacement dans la nouvelle Eglise israélite. L'huile coulait donc des deux oliviers dans le bassin et de celui-ci dans chaque lampe par sept tubes pour indiquer la diversité des opérations du Saint-Esprit dans chaque portion de l'Eglise juive et dans chaque individu. Le sens du symbole des deux oliviers est, du reste, très bien indiqué dans la troisième livraison de Y Explication des douze derniers livres prophétiques de l'Ane. -Test., publié, en 1845, par la Société neuchàtéloise pour la traduction d'ouvrages chrétiens allemands. Nous en extrayons le passage suivant (p. 40) : « Qui sont les deux oliviers ? demanderons-nous, avec Zacharie. L'Ange nous répond : ce sont les deux fils- de-l'huile de V Eternel. Cette expression singulière (d'après le passage analogue, Es., V, 1), signifie non point les hommes qui reçoivent l'huile et qui en sont oints, mais au contraire ceux qui la produisent. Et tel est aussi le rôle des oliviers dans la vision. — L'Ange ajoute : Qui se tiennent devant le Seiyneur de toute la terre, c'est-à-dire qui le servent et qui remplissent en sa présence, avec fidélité et prière, la mission qui leur a été confiée d'alimenter le chandelier. — 14.

» Mais, qui sont ces deux fils de l'huile? On entend ordinairement par eux Jehosçuah et Zorobabel, c'est-à-dire la sacrificature et la royauté ou magistrature. Mais cette interprétation ne cadre pas avec celle de saint Jean (Apoc, XIj, qui compare les deux oliviers de l'Alliance nouvelle à Moïse et à Elie. Or, Moïse est le représentant de la loi; Elie l'est de la prophétie (Mal. IV, 4, 5 ; Matth. XVII, 3). L'olivier de la loi et celui de la prophétie épanchent donc leurs huiles diverses dans le même bassin, où elles se mêlent et se confondent avant de circuler dans le corps de l'église lévitique (VII, 12}.

» Cependant la loi et les prophètes sont des abstractions, et la vision exige qu'elles soient représentées par des êtres réels. En effet, la loi l'était au temps du retour par Zorobabel et Jehosçuah, par les magistrats et les sacrificateurs qui, les yeux

attachés sur Moïse, réglaient le présent selon le modèle du passé -, et la prophétie, par Aggée et Zacharie qui regardaient ■vers l'avenir et éveillaient dans les cœurs le besoin et l'espoir du Messie. Depuis Maiachie, la prophétie aura été représentée par ces simples fidèles qui, semblables à Anne la prophétesse et à Siméon, entretenaient, parmi les Israélites, la foi dans la promesse. Les deux oliviers ont donc subsisté jusqu'à Jésus- Christ, qui, en accomplissant et la loi et la prophétie, les a remplacés l'un et l'autre : dans la vision de saint Jean, il apparaît au milieu de sept chandeliers auxquels il tient lieu du réservoir d'huile et des oliviers. Toutefois, les deux classes bien distinctes des fidèles sur lesquelles reposaient (sic) l'Ancienne économie, se répètent dans la nouvelle sous la simple forme de tendances diverses. L'Eglise chrétienne a ses vierges sages qui attendent l'époux, et ses serviteurs qui accomplissent la loi nouvelle en faisant valoir leurs talents (Matth, XXV), et aux temps les plus ténébreux de son histoire, elle a toujours compté ses Elie et ses Moïse (Apoc, XI).

C'est ainsi que, à propos de Zorobabel et de Josué, la prophétie passe, selon la coutume de l'Esprit prophétique, à des objets qui occupent une plus grande place dans les desseins de Dieu. La construction du temple n'était que le symbole de la continuation de l'Eglise mosaïque jusqu'aux temps du Messie.

Erreur de quelques rabbins sur la nature des semaines prophétiques. — Décidés à tenter tous les moyens pour enlever au christianisme une preuve si évidente de la vérité de son enseignement, quelques rabbins ont eu recours à des semaines de dix années, à des années jubilaires et séculaires. Nous avons déjà fait justice de cette opinion (p. 893). Les 70 semaines, dont chacune serait de sept dizaines, comprendraient 4,900 ans. Avec des années jubilaires de sept cinquantaines d'années, on arriverait à une période de 24,500 ans. De là, ces Juifs ont cru pouvoir conclure que le Messie n'est pas encore arrivé. Ils auraient pu imaginer aussi des semaines de mille ou de dix mille ans, et il n'y aurait pas moyen d'en finir. On voit aisément, du reste, que ces rabbins n'offrent aucune preuve qui leur permette de supposer des semaines d'années décennaires, jubilaires ou séculaires. Ils ne sauraient produire aucun exemple qui leur permette une pareille interprétation des semaines de Daniel. Cette manière de compter n'a été en usage chez aucun peuple. Mais ces bizarres interprêtes de la prophétie sont, d'ailleurs, pris dans leurs filets. En prenant les semaines dont elle parle pour de

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