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CHAPITRE IX

réalisable : il commence môme à se réaliser. Les juifs — je ne parle toujours que de l'Allemagne — ont eu le tort de ne pas assez dissimuler. Quelques-uns, la tête tournée par les succès des dernières années, se sont vantés de leur futur triomphe. Les Allemands ont pris l'alarme. Il faut lire dans le livre de M. Hartmann à quel point ils ont eu peur. Ils se voyaient déjà réduits en esclavage. La presse juive, c'est-à-dire la presse allemande à peu près tout entière, s'est hâtée de les rassurer; toute la communauté juive, qui commençait à parler très haut, a mis une sourdine, et l'antisémitisme s'est tu ; mais il est loin d'être mort, dit M, Hartmann : il sommeille et un rien le réveillera, car les esprits les plus modérés reconnaissent que les juifs constituent pour TAllemagne un « danger national ». On ne diffère que sur les moyens de parer à ce danger, M. Hartmann espère que la douceur et la tolérance le feront peu à peu disparaître en favorisant l'assimilation de l'élément juif par l'élément germanique. Toutefois, il prévoit le cas où son espoir serait déçu, et il propose alors une série de lois et démesures grâce auxquelles, sans violences d'aucune sorte, les juifs trouveraient un grand avantage à s'en aller d'Allemagne. Ce serait une espèce d'exode volontaire.

» Souhaitons de ne pas voir ces choses-là, d'abord parce qu'elles ne sont pas à la gloire de l'humanité, et puis parce que nous en subirions le contre-coup. Nous sommes très heureux d'avoir nos 63 000 juifs français; nous serions peut-être moins contents s'il nous fallait recevoir les 56 2 000 juifs allemands (1). Les plus vexés, dans ce cas, ne seraient pourtant pas les chrétiens : ce seraient nos concitoyens israélites, qui se trouvent bien chez nous et qui craindraient qu'une grande invasion d' Askenazim ne gâtât leurs affaires. »

Les Juifs ne paraissent guère, du reste, pouvoir éviter cet exode qu'en se faisant chrétiens ou en s'emparant du pouvoir. Leur alliance avec les francs-maçons et l'aide pécuniaire qu'ils apportent à certains gouvernements peuvent leur faire espérer d'escompter dés événements qui ne seraient peut-être pas longtemps à venir. Ils n'ignorent pas les moyens qui leur permettraient de réaliser leur rêve et d'atteindre la domination temporelle du monde. On sait qu'ils ont le nerf de la guerre : depuis longtemps le plus clair de leur respect va droit à la richesse et

(1) « Ce chiffre ne comprend pas l'Autrichc-Hongrie, où les juifs sont plus de 1,000,000. »

leur culte s'adresse surtout au Veau d'or ou à Mammon. Ils ne doutent pas que l'or ne donne le pouvoir, et en s'associant aux athées, aux sceptiques, ils pourraient amener une révolution sociale, dont un prétendu Messie serait l'instrument et dont le résultat serait la domination des Juifs sur les peuples chrétiens.

Nécessité d'enrayer l'avènement de la domination des Juifs en travaillant à réformer leur idéal messianique et en les amenant à la conclusion que la prophétie de Daniel leur impose. — L'idée messianique est liée chez les Juifs à celle d'un grand empire sémitique ou plutôt israélitique élevée sur la ruine de la chrétienté. A l'époque de Jésus-Christ, ils voulaient un Messie qui procurât le triomphe d'Israël sur l'empire romain et sur toutes les autres nations. Cette espérance remplit tous les commentaires écrits sur les prophètes par les rabbins du moyen âge; elle est inculquée dans les esprits des Juifs modernes qui s'entretiennent et s'encouragent dans la pensée de cet événement heureux, pour eux, et terrible pour les autres peuples. Aujourd'hui, comme au temps de Notre-Seigneur, ils attendent un Messie qui fera triompher le judaïsme politique et religieux dans le monde entier. Par un système de corruption qui leur est facile, ils peuvent s'emparer, plus ou moins ouvertement, du monopole des fonctions administratives, et trouver enfin un Messie qui donnerait une entière satisfaction à leurs désirs immodérés d'un royaume temporel et établirait leur prééminence sur tous les peuples.

Pour empêcher cet asservissement des peuples chrétiens aux Juifs, il ne saurait être question de provoquer une guerre de religion : Jésus-Christ a donné mission d'enseigner et non pas de contraindre. Dans l'intérêt même matériel des Juifs, il faut travailler à en convertir le plus possible et affaiblir ainsi le nombre des ennemis du christianisme. Or, le plus grand obstacle à leur conversion, se trouve dans leur espérance d'un Messie vainqueur des peuples et qui leur donnera l'empire sur toutes les contrées du globe. Il faut donc nous efforcer de modifier les opinions des Juifs touchant le Messie, et leur montrer qu'il est venu et que, d'après les prophètes, il est de leur devoir de s'agenouiller devant le Messie de Bethléem et du Calvaire. Pour réformer l'idée qu'ils se font du Messie et leurs opinions touchant son règne, il faut aussi leur montrer la vanité des biens de ce monde : il faut leur faire comprendre que la perfection religieuse — la principale aux yeux de Dieu — ne consiste pas à dominer ses semblables et à les dépouiller de leurs biens. Le vrai Messie, qui connaît mieux

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