CHAPITRE IX
tio sit, qui post septuaginta hebdomadas mundo apparuit). Après avoir remarqué aussi que, « aucun écrivain de l'Ancien-Testament n'a si bien parlé du royaume des cieux , » saint Augustin atteste également que Daniel a parfaitement défini le temps de la venue du Messie : Daniel etiam tempus, quo venturus fuerat Christus atque passurus, numéro definivit annorum, quod Jongum est computando monstrare , et ab aliis factitatum est ante nos {De Civit. Dei, XVIII, 24). Répondant à Hésychius, évèquede Salone, d'après lequel la prophétie ne devait s'accomplir qu'à la fin des temps, l'évèque d'Hippone affirme que la prophétie a été accomplie à l'avènement de Jésus-Christ, qu'elle ne demeure pas à accomplir, et que les commentateurs ont démontré, par les supputations des temps et par les événements eux-mêmes, qu'elle s'est accomplie : Tôt expositores divinorum eloquiorum, qui hanc non solum computatione temporum , verum etiam rébus ipsis oompletam fuisse demonstrant , maxime quod ibi seriptum est, Et ungatur Sanctus sanctorum ; vel propter quod in eadem prophetia hebraei codices expressius habent, Occidetur Christus , et non eritejus... (Epist.,ad Hesychium, CXCIX, cap. VII). Les commentateurs catholiques, du reste, sont d'accord sur l'interprétation messianique des textes du chapitre IX (sauf Hilarianus dont nous allons nous occuper, et Hardouin et Calmet qui seront l'objet d'une étude spéciale). Les commentateurs protestants (Luther, Calvin, etc.) jusqu'au commencement de ce siècle , et, de nos jours , Hœvernick (Comment.), Hengstenberg (Christologie, III) , Auberlen (Der Prophet. Dan.), Kliefoth, Keil, Pusey {Lectures on Dan.) regardent aussi cette prophétie comme messianique et comme accomplie en Jésus-Christ...
Sentiment erroné «le Julius Hilarianus. — Julius Hilarianus, écrivain ecclésiastique du quatrième siècle, auteur d'un traité sur la Pàque et d'une Chronique sur la durée du monde [Chronologia seu libellus de mundi duratione) a adopté le point de vue que lui suggérait la version alexandrine : trompé par cette traduction, il a supposé que la prophétie des soixante-dix semaines se rapporte à la persécution d'Antiochus, et par « l'onction supprimée, « il entend la grande sacrification ou le culte judaïque. 11 compte les sept premières semaines à partir de la première année de Darius, dans laquelle Daniel eut la vision; et les termine à la première année de Cyrus. Ensuite il commence les soixante-deux semaines à cette première année de Cyrus, et il les fait aboutir à l'an 141 (de l'ère des Séleucides), et la dernière semaine à l'an 148 de la même ère. Pour arriver à ce résultat,
Hilarianus suit une méthode que la critique exégétique ne saurait guère approuver : il ne tient aucun compte du texte. Ainsi, il suppose que le terminus a quo ou la première année des sept premières semaines est l'année même où Daniel eut la vision, c'est-à-dire la première année de Darius, qu'il compte, sans aucun motif, comme étant la vingt et unième de la Captivité. C'est aussi sans se préoccuper du texte, qui a trait à la reconstruction de Jérusalem, que le même écrivain signale comme le terminus ad quem de ces mêmes semaines la première année de Cjrus et aussi la dernière année de la captivité : anno primo Darii régis, qui regnavit ad regnum Chaldœorum, qui etiam Balthazar regem occidit, Daniel vidit visionem : et fuit vigesimus annus captivitatis Hérusalem, Hilarianus a très bien vu que Darius est le successeur de Balthasar et que son règne commença en la vingt et unième année de la destruction (il met à tort captivitatis) de Jérusalem. L:année de la vision est ainsi bien indiquée, mais cet auteur se trompe lorsqu'il fait dater les soixante-dix semaines de l'année de cette vision : 4 8 enim annis vixit Nabuchodonosor, posteaquam prsedatus est Sedechiam et Hierusalem ; et filius ejus Balthazar (qui est ici justement identifié avec Evilmérodach) regnavit annis très, in quo anno occisus est, et suscepit regnum Darius. Gujus anno primo Danieli ab angelo dicitur de hebdomadis septuaginta : quos cum partiretur, septem hebdomadae primo ab eodem angelo nominatse sunt : quse sunt anni quadraginta novem, qui junguntur an 21 captivititatis, quando Daniel vidit visionem, et efficiuntur anni septuaginta. qui completi sunt in in Babjlonia, ut impleretur visio et prophetia Hieremise (on voit par quel amalgamé bizarre, ce chronographe fait entrer les premières semaines dans les soixante-dix ans de la captivité : l'ange parle de quarante-neuf ans qu'Hilarianus unit aux vingt et un ans qui forment la durée comprise entre la captivité (607-608) et la destruction de Jérusalem (588- 587), et il se garde d'expliquer comment ces quarante-neuf ans qui commencent dans la première année de Darius finissent à la première année de Cjrus — il n'y a que vingt-et-ans). Puis il ajoute ! Post quos annos Cjrus rex Persarum jubet populos ire ad Hierusalem primo anno regni sui ; ut sedificari posset Hierusalem (Cjrus n'a pas donné l'autorisation de reconstruire cette ville), et ungeretur Sanctum Sanctorum quod fuit in Templo Dei sacratissimum. Mais, outre qu'il eût été difficile de montrer que Cjrus ait ordonné d'oindre un Saint des Saints, il n'est pas vrai que le Christ-Chef mentionné au vs. 25 soit Zorobabel ,