‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 20 sur 318 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Mais, d'un autre côté, les concessions forcées des adversaires et la réfutation de leurs objections, vont nous fournir une démonstration de notre thèse, qu'ils ne pourront récuser. Et, d'abord, Gesenius lui-même donne à Qjjfc; le sens de vastatus^ se référant justement, sous ce rapport, à Lament. I. 4, 13, 16 ; III, 2; III, 2; Is., X!,IX, 8 ; Ez., XXXVI, 4. Il dit de plus que le pluriel féminin niODÉJ signifie loca vastata ; et qu'il a aussi ce sens au ch. IX, 18 de Daniel. Ainsi, le critique avoue que somëtn signifie « dévasté. » Mais il lui plaît de donner à ce participe une signification active au ch. VIII, 13, à cause du ch. IX, 27, qu'il veut se mettre en état d'interpréter contrairement au texte. Il n'apporte, en effet, d'autres preuves que des passages dans lesquels somêm n'a pas le sens qu'il veut lui donner (IX, 27 et XI, 31) ; et il identifie, sans aucune raison, somêm avec mesomëm (quod idem esse dico). L'arbitraire et le parti-pris de ce lexicographe et des critiques qui embrassent la même opinion ressort parfaitement de la façon que nous dévoile Rosenmùller. Après avoir dit que somêm est pour has-somem avec l'article, il traduit par : et visio impietatis desolantis ,• et il ajoute : Vel potest qq S?W£n imp.etas vastatoris esse. Mais comment prouve-t-il que somêm a un sens actif? Il ne le prouve pas : il se contente d'affirmer gratuitement que somêm et mesomëm, le participe kal et le participe ptel, sont quid unum et idem ; et il ajoute que quoique le verbe somêm ait, le plus souvent, une signification passive, il se prend, néanmoins, quelquefois activement et transitivement : Participium kal, a^; hic, ut infra XII, 11, idem est quod participium piel ap^D vastans, XI, 31. Forma kal verbi û2)2U etsi ssepius neutraliter sive passive capitur, tamen monnunquam et active sive transitive usurpatur, ut Ezech., XXXVI, 3, propter EZpnN niQU vastare vos. Mais l'exemple qu'il choisit prouve tout le contraire. Ce passage est ainsi conçu : « Parce que vous (montagnes) vous avez été désolées {sammot) et foulées aux pieds. » Aussi, la Vulgate traduit-elle ainsi ce verset : Pro eo quod desolati eslis ei conculcati... Au ch. IX, 27, Rosenmùller reconnaît, comme nous le montrerons aussi, que la plupart des interprètes ont traduit somêm par vastatum, et il avoue que ce participe a ce sens dans les Lamentations de Jérémie : Sane aplUi Thren., I, 13, 16, III, 11, desolatum dénotât. Mais il lui plaît de se mouvoir dans un cercle vicieux. Ainsi, au ch. XII, 11 , ce critique) traduit : Abominationem vastatoris ,- et il motive ainsi cette version : De qua vide VIII, 3, IX, 27. Or, nous avons

vu qu'il n'a pas prouvé, au ch. VIII, que somem signifie vastator. Au ch. IX, 27, il se contente de dire : Interpretum plerique : Super vastatum, uti jam Grsecus Alexandrinus..., et après avoir reconnu que ce participe a ce sens dans Jérémie, il se contente d'affirmer gratuitement que dans Daniel n'est différent : Nostro vero ut participium activum usurpatur supra VIII, 13, et infra XII, 11... Ita et hic somem haud diversus erit à mesomëm, in membro prsecedente (p. 312). La démonstration, comme on le voit, ne repose sur rien.

De son côté, Lengerke n'a rien trouvé de mieux. Il prétend, lui aussi, que somem et mesomëm signifient la même chose et ont le sens de « dévastateur -, » mais il n'essaie de le prouver que par un cercle vicieux. Au ch VIII, 13 (p. 386;, il dit que somem peut avoir une signification transitive et il renvoie la preuve de cette assertion gratuite au ch. IX, 27. Lorsque, à ce dernier chapitre (p. 468), il veut donner cette preuve, il se contente de renvoyer le lecteur au ch. VIII, 13. Il en appelle aussi au ch. XII, 11, où somem a, néanmoins, bien certainement un sens passif. Il s'agit de « l'abomination du désolé » ou « de la désolation ; » d'où il suit que LeDgerke ne fait que donner comme preuve ce que précisément il devrait prouver. Ce critique ajoute encore que si somem avait le sens de « dévasté » (verwùstet), ce mot aurait la forme de l'adjectif qqv; comme au verset 17. D'après cette manière de raisonner, il faudrait aussi retoucher les textes de Jérémie et les autres passages susmentionnés, dans lesquels on trouve le participe et non pas l'adjectif. Là n'est pas la question ; il faut montrer que somem est un participe transitif et n'a pas le sens passif Or, c'est ce que Lengerke ne fait pas. Il comprend lui-même que sa démonstration n'a pas de base, et il se résigne à lancer ce trait de Parthe, qui n'a p;:s plus de portée que les autres : « Quoique somem, en dépit de la forme transitive, puisse avoir aussi une signification intransitive (Ewald, S 253), le contexte et les parallèles ne parlent pas assez haut là -contre (sprachen... nicht %u laut dawider). Le texte parle cependant assez haut, puisque partout, dans la Bible, somem a une signification intransitive; le contexte offre le même sens : le crime du désolé, de la désolation; » et les parallèles ne nous donnent aussi que des participes passés « l'abomination du désolé, du (sanctuaire) désolé. » Voilà les résultats que nous donnent les textes.

Aussi ne sommes-nous pas étonné de voir que Moses Stuart, professeur à Andover, ait constaté que Gesenius n'était pas

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