CHAPITRE VIII
fondé à donner à somêm un sens actif (dévastateur). C'est avec juste raison que ce critique ajoute : « Dans tous les autres cas, sauf les trois passages du livre de Daniel, ce mot a, clairement, un sens passif; et la souche est intransitive, et, par suite, apparentée à un verbe passif dans sa signification. » Après avoir reconnu toutefois que mesomëm a un sens actif, il va lui-même admettre que les trois passages de Daniel ont aussi une signification passive Mais il veut donner à ce participe passif un sens détourné, que rien ne motive, et il veut traduire somem par desolandus, vastandus ; de sorte que somêm signifierait : « ce qui doit être dévasté ou détruit, » ou « qui mérite une dévastation ou une désolation, vastandus. » Il remarque, avec raison, qu'on peut suppléer 'asër devant somefn : c'est un procédé dont la légitimité est reconnue par tous les grammairiens. Mais Stuart ne donne aucune raison du choix qu'il fait de ce participe latin en -dus ; il est dominé par le désir de pouvoir interpréter le verset 27 du chap. IX de façon à y voir la destruction d'Antiochus. Mais il s'agit ici d'interpréter un texte, dans lequel somem signifie bien certainement « dévasté, détruit. » Maintenons donc ce sens passif-, et tenons nous-en au sens que ce participe a partout ailleurs dans la Bible. Pourquoi, en effet, mettrait-on ici vastandus et non pas vastatus, qui est toujours la traduction exacte de ce participe ? Stuart reconnaît fort bien que « les participes actifs des verbes intransitifs ont la même signification que les participes passifs. » Mais il n'est nullement autorisé à conclure de cette observation que ces participes passifs correspondent aux participes latins en -dus (vastandus). Le raisonnement de ce commentateur est on ne peut plus défectueux. Après avoir reconnu (ch. IX, 27) que somêm ne peut avoir qu'un sens passif et que ce mot, forme participiale intransitive, est tout différent de mesomëm (quite différent from □pUQ, the destroyer, waster), le docte professeur conclut ainsi : somem a toujours un sens passif, donc il signifie delendus, vastandus (it has always a passive sensé, and thereforer means delendus, vastandus). C'est là une conclusion tout à fait arbitraire. Le participe somêm a toujours un sens passif et comme participe kal il signifie « étant détruit, détruit ; » tenons nous-en à ce sens constant de somêm et concluons ainsi : ce participe est un participe intransitif ayant toujours le sens d'un participe passé-, donc il signifie vastatus, desolatus (1). C'est ce
(1) Voici, du reste, le texte même de Stuart : «The meaning of
qu'ont bien compris les anciennes versions ; les LXX et Théodotion ; xcù r\ à;j.apTta tîjç ipr^uhizon; r, SoOsîaa ; la Vulgate : « Et peccatum desolationis quse facta est. »
Nous ne nous occupons pas ici des critiques qui adoptent pour le verbe somem, la signification d'être étonné, stupéfait. » Dans ce sens, ce verbe est aussi intransitif que dans le précédent. On ne peut donc traduire/êsah somem par « péché horrifique » ou causant l'horreur II faudrait trouver un verbe qui permit d'exprimer cet objet d'horreur par un participe passé.
La question du Saint, a donc pour objet de savoir combien de temps le sanctuaire restera désolé ou, en d'autres termes, combien de temps durera le péché qui a pour objet l'état de désolation de
2OT lias been much controverted. Gesenius has given it an activa sensé, viz. toaster, destroyer. I must doubt the piopriety of this. In ail other cases besides some three in the book of Daniel, it is clearly of a passive ténor , and the stem is intrans., and therefore kindred to a passive verb in its meaning. In XI : 31 the like usage occurs as hère, viz. of a noun with the article, and the Part, or participial adjective without it, namely QDUQ IMpl^îT. This is no strange phenomenon; see Heb. Gram., § 109, 2, b. (il s'agit de la grammaire de Raediger). The form SQU7Q in IX : 27 and XI : 31, I take to be active; but QOÙ7 nieans desolandus, vastandus, like 7^3 in Ps. 22 : 32, and J1D (Part.) in Gen. 20 : 3. The sentiment then, expressed hère and in IX : 27. XII: 11, by qq^ is one of condemnation, équivalent to which ought to be laid waste or destroyed, or which deserves excision or désolation, vastandus. The article would hardly be appropriate to the communication of this meaning, and so it is omitted. If one chooses, he may supply 7^ before aoÉ?, (Ewald's Gram., p. 538, Ist edit), which it is common everywhere and often to omit. In such a case, the article would be manifestly out of place, as the Part, would be a predicate. But without resorting to this construction, it is not difficult to produce other cases where the Part, is associated with a dejlnite noun, and yet has not the article; e. g. in Deut. 28 : 31, 32, are fîve cases of participles anarthrous, joined with defînite nouns (made defînite by having suff. pronouns), and used in & future sensé like qqu vastandus. That passive participles hâve very commonly the meaning of the Latin participials in -dus (like ^13 metuendus), is a well established and familiar principle, § 131, V But the active participles of intransitive verbs may hâve the same meaning, inasmuch as thèse verbs rarely hâve but one participial form, and the nature of the signification does not permit that to be active transitive (p. 235).