‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 202 sur 318 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

sible d'admettre que Cvrus, montant sur le trône de Perse, en 560, ait donné un éditpour la reconstruction du Temple. A cette époque. Cyrus n'avait aucun empire sur les Juifs qui étaient internés en Babylonie et il ne pût leur permettre de rebâtir le Temple que lorsqu'il eût fait la conquête de cette contrée, c'està-dire en 538. Saint Clément commence ensuite les soixante-deux semaines à la seconde année de Darius et il termine la soixantedixième semaine à la destruction de Jérusalem sous Vespasien et Titus. Mais il n'obtient pas le résultat indiqué par la prophétie : les soixante-deux semaines, qui font quatre cent trente-quatre ans, comptées depuis la seconde année de Darius (en 519), finiraient quatre-vingt-cinq ans avant l'ère chrétienne et cent cinquantecinq avant la destruction de Jérusalem. Il est vrai que le docte catéchiste d'Alexandrie démembre la dernière semaine qu'il se pare de la soixante-neuvième par un intervalle mal défini. Il ne la prend pas immédiatement après les soixante-deux semaines expirées: il donne une partie de cette dernière semaine aux dernières années de Néron, et l'autre partie aux règnes d'Othon, de Galba, de Vitellius et de Vespasien. Mais on ne saurait se. parer ainsi arbitrairement les soixante-neuf semaines de la soixante-dixième. Dans la prophétie, tous les termes sont continus (Voy. p. 941 et ss.).

Tertullien, qui se présente comme ayant le premier opposé cette prophétie aux Juifs, en fait une application au Sauveur, à son avènement et à sa mort : Et manifestata est justitia œterna, et unctus est sanctum sanctorum, id est Christus et signata est visio et prophètes, et dimissa sunt peccata, quse per fidem nominis Christi omnibus in eum credentibus diluuntur (Cont. Jud , ch. VI). Puis il compte les semaines à partir du règne de Darius le Mède qu'il confond avec Darius Nothus. Voici d'abord comment cet apologiste comprend le texte : A profectione sermonis (quelques manuscrits portent la leçon, a prophetatione sermonis, mais nous devons nous en tenir à la leçon ordinaire) integrando etreœdificando Hierusalem usqne adChristum ducem, hebdomades septem et dimidiam, et septuaginta duas etdimidiam, etconvertet et aedificabitur in lastitiam et convallationem. Il part de là pour supposer que le terminus a quo remonte à la première année du règne de Darius le Mède ^Dan., IX, 1), c'est-à-dire du moment où Daniel reçut la révélation des soixante-dix semaines : A primo annoDarii debemus computare, quando hanc vidit visionem Daniel [lbid.y cap. VIII). Il donne à ce Darius dix-huit ans de règne et

il compte àpartir de la première année du règne de Darius Nothus (424-404). Ainsi, les soixante-dix semaines auraient commencé cent treize ans après la fin de la captivité, et Daniel, qui aurait eu sa vision à cette époque, aurait du avoir l'âge respectable de cent quatre-vingt-seize ans.

Ne tenant pas compte non plus de Tordre gardé par l'Ange dans la division des semaines (7 + 62 + *)• Tertullien les divise en soixante-deux semaines et demie qu'il met avant les sept semaines et demie. Il mène ensuite les soixante-deux semaines et demie ou quatre cent trente-sept ans et demi depuis la première année du règne de Darius Nothus jusqu'à la naissance de Jésus- Christ. Les sept semaines et demi d'années (52 ans et demi) sont ensuite comptées de la naissance du Christ à la destruction de Jérusalem par les Romains (il ya 74 ans; erreur : 2i ans). En énumérant les règnes des empereurs pour obtenir cinquantedeux ans et demi, il oublie le règne de Claude.

Origène fait commencer les semaines à la première année de Darius le Mède, époque où cette révélation fut adressée à Daniel, et il les termine à la naissance de Jésus-Christ (apud Hieron. in Dan., IX). Nous avons fait suffisammsnt remarquer que l'Ange ne dit pas à Daniel : « Depuis le moment où cette prophétie t'est révélée, depuis le moment où je te parle... » D'un autre côté, en terminant les semaines à la naissance du Sauveur, on les arrête trente-sept ans trop tôt. Puis, en mettant la première année" de Darius le Mède à l'année 638 qui est celle de la prise de Babylone par Cjrus et du règne d'un Cyaxàre II identifié sans raison avec Darius le Mède, il y aurait dans ce calcul une erreur de 48 + 33 ou de 81. Mais en réalité, le règne de Darius le Mède commença en 558 ; ce serait, dès lors, une erreur de cent un ans.

Mais Origène a émis une autre opinion au sujet de ces semaines. Dans son traité XXIX sur saint Matthieu, il en fait remonter le commencement jusqu'à Adam et il les conduit jusqu'à Jésus-Christ ou jusqu'à la destruction de Jérusalem. Il avait imaginé de donner à chaque semaine une durée de soixante-dix ans, et il change les semaines ou septaines en septantaines ou sept décades : Haec enim septimana, quse propter septem decadas annorum dicitur septimana. [In Matth., XXIV). De la sorte, il transformait les soixante-dix semaines en une période de quatre mille neuf cents ans : Arbitror autem Septuaginta septimanas concisas super populum et super civitatem sanctam, ut consummetur peccatum, quatuor miliia nongentos esse annos

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