‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 205 sur 318 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

(chef; et leur grand prêtre pour toujours, jusqu'à ce que Prophète fidèle s'élevât parmi eux » (/&., ch. XV, 41). La lignée des pontifes- rois asraonéens ne dura guère plus d'une centaine d'années.

La seconde raison sur laquelle Eusèbe fonde son interprétation est que, dans la sainte Ecriture, les grands prêtres sont nommés « Oints » ou Christs. Mais il n'est pas vrai que ce mot ait jamais désigné la succession des pontifes hébreux (yoj. p 1079]. D'ailleurs, il faut reconnaître aussi que, depuis l'exil, il n'est fait aucune mention d'onction de prêtres et que nulle part, depuis cette époque, ils ne sont nommés « Oints. » Il est certain que , pendant toute la durée du second temple, le /^pfap.a ou l'huile sainte a manqué. De là vient que d'après les juifs du moyen âge le souverain sacrificateur ne devait pas être appelé mitrabb'eh mishah (auctus unctione), comme jadis, mais mitrabbeh begadîm) (unctus vestibus) : ces grands prêtres se contentaient de revêtir le costume officiel, les vêtements pontificaux, et, en réalité , ils n'étaient pas oints du tout. Mais en supposant que ces souverains sacrificateurs eussent été oints et appelés oints, on ne trouverait pas, dans cette coïncidence, un motif suffisant pour conclure que, partout où l'on trouve le mot Masiah, il s'agit du sacerdoce juif ou que ce mot désigne un grand prêtre juif quelconque. Nous avons déjà constaté que, par l'expression <t Christ-Chef, » il s'agit de l'Oint par excellence ou du Messie fp. 934 et ss., p. 968); d'où il suit que, par cette expression, on ne peut entendre ni Agrippa II, ni la série des souverains pontifes juifs (voy. p. 1177 et ss.). Jamais Daniel n'a entendu par le mot masiah cette série de grands prêtres. Dans le cas présent, il suffit, pour s'en convaincre, de voir que les choses contenues dans la prophétie (vs. 24) ne conviennent ni à cette succession ni à Jannée, ni à Hyrcan, ni à aucun des autres pontifes successeurs d'Aaron. Il est juste de noter aussi que, ayant de la sorte appliqué à faux le mot Masiah, Eusèbe dut ensuite , pour appuyer son interprétation , donner un sens différent à cette partie du verset 25 : « Depuis la sjrtie de la parole de rebâtir Jérusalem, aussi longtemps (traduit mal , ïtùç, jusqu'à ce que) qu'il y aura un Christ-Chef (légitime), seront sept et soixante-deux semaines. »

Le sacerdoce légitime, dont parleEusèbe, serait d'ailleurs difficile à retrouver, car il fut emporté en Egypte par Onias IV. Les Asmonéens avaient reçu la grande prêtrise sans y avoir plus de droits, au point de vue de la succession légitime, que les autres

simples sacrificateurs. Du temps de Notre-Seigneur, Anne et Caïphe étaient grands prêtres, et il n'est pas dit qu'ils n'étaient pas légitimes.

Eusèbe a ensuite imaginé que le dernier pontife auquel aboutissent les soixante-neuf semaines, est Alexandre Jannée, grandprêtre et roi des Juifs. Il en fit le « Christ Chef ». Il le remplaça bientôt, toutefois, par Hjrcan, qu'il regarde comme le dernier pontife légitime. Ce serait dans la personne d'Hyrcan , assassiné par l'ordre d'Hérode, que se termina la succession (SiaSo^), qui remontait très haut -, et que cessa l'onction légale (auto xe to Kaià vàaouç xpfop.*), parce que depuis ce temps le souverain pontificat s'obtint par des brigues, d'une façon désordonnée et sans tenir compte des lois de Moïse. En effet, Hérode disposa à son gré du pontificat et les Romains en firent de même. Mais ce que faisait Hérode, d'autres l'avaient fait avant lui. Il suffit de rappeler les cabales qui déshonorèrent le pontificat sous le règne d'Antiochus Epiphane. Il n'est pas vrai, d'ailleurs, qu'Hyrcan ait été le dernier pontife-roi asmonéen. Après la mort de Jannée, la grande prêtrise était tantôt à Hjrcan et tantôt à Aristobule. Le premier qui ne demandait qu'à vivre dans l'oisiveté avait cédé la couronne à son frère. Mais l'ayant reprise plus tard, Antigone, fils d'Aristobule, la lui enleva et il lui fit couper les oreilles, afin qu'il ne pût plus exercer les fonctions du pontificat. Lorsqu'il fut assassiné, Hyrcan n'était plus, d'ailleurs, depuis longtemps, ni roi ni grand prêtre. Du vivant de ce triste personnage, Antigone fut pendant trois ans et demi roi et grand prêtre (40-37). Puis, comme Hyrcan mutilé ne pouvait pas exercer le sacerdoce, Hérode conféra le souverain pontificat à un prêtre obscur nommé Hananiel. Mais il se vit bientôt après obligé de le conférer à Aristobule II, qui se rattachait à la famille asmonéenne, et auquel, dès lors, il revenait par droit de succession. Au bout d'un an, jaloux de ce jeune prince, Hérode le fit assassiner. Aristobule fut le dernier grand-prêtre de la famille des Asmonéens.

Au sujet de la supputation des semaines, Eusèbe a émis deux interprétations différentes. 1° Il commence les semaines par la première année de Cyrus à Babylone ou au retour des Juifs (537) et il termine les sept premières à l'achèvement de la construction du temple, sixième année de Darius (616). Entre ces deux événements, il compte sept semaines ou 49 ans. Il n'y en a que vingt; et Eusèbe a dû mentalement reporter la première année du règne de Cyrus à Babylone à la première année supposée, de son rèo-ne en Perse. En effet, il compte à Cyrus 30 ans, à Cam-

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