‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 213 sur 318 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

timètres, on en replie 7 sur les 63 qui restent, on aura bien deux portions qui feront 70 centimètres; mais ces deux longueurs confondues ensemble ne feront pourtant qu'une longueur de 63 centimètres. Ne tenant aucun compte de cette observation, le savant jésuite choisit arbitrairement pourpoints de départs des sept et des soixante-deux semaines, la prophétie de Jérémie, datée de l'an 606-605 (2). On voit ainsi que, dès le premier mot, Hardouin se met en contradiction avec le texte; il veut placer Vexitus sermonis à l'année 606, qu'il regarde comme l'année où Jérémie rendit l'oracle relatif à la reconstruction du Temple et par suite de Jérusalem elle-même. Il prétend, du reste, qu'il faut commencer à compter de l'année où cette prophétie fut prononcée, parce qu'il y est dit : «Dès le commencement de ta prière une parole est sortie » (vs. 23), et que, au

rursus de reliquis sexaginta duabus tribusve, ab eodem cxitu sermonis, hoc est ab eodem vaticinio, atque ab eodem anno, quo vaticinium a Jeremia prolatum est de captivitate solvenda, sumat initium (p. 995).

(2) L'Ange est censé s'exprimer ainsi : Septuaginta tibi igitur hebdomades numerandas sunt; sed abbreviatas ; quamvis intégras tamen...

Sicuti ergo ab exitu sermonis illius, qui a Deo egressus est (c'està dire à partir de l'année d'une prophétie de Jérémie qui n'est pas indiquée dans le texte, et qui n'a pas trait à la reconstruction de Jérusalem); quo sermone facta spes est per Jeremiam, cap. XXV, anno quarto régis Joachim, reversionis in integrum, urbisque iterum œdifîcandae, ut diximus : ut ex illo, inquam, die, usque ad Ducis christi mei Gyri primum cum regia potestate exortum, hebdomades sunt septem, sive anni XLIX, qui jam effluxerunt; sic ab eodem illo sermonis eacitu, per Jeremiam, usque ad alterius christi ducis exortum, nempe Judas Machaboei, hebdomades sexaginta erunt, Geminus enim tibi christus promittitur : septem hebdomades usque ad alterum, qui Gyrus : usque ad alterum, qui Judas Machabasus, sexaginta duas. PostCyrum ungetur sanctus sanctorum qui, Christus est; sed in typo, hoc est in summo sacerdote. Post Judas Machabaei exortum, ante Templi profanationem, Christus idem qui sanctus sanctorum, occidetur-, sive post hebdomadas LXII. Sed in typo simili ter, hoc est in altero summo sacerdote. Occidendum igitur esse Christum siveMessiam post hebdomadas sexaginta duas Danieli prsedicitur. At qui rêvera Onias summus Pontifex eo ipso tempori occisus est, uti ex annorum calculo manifestum est... Onias autem Christus seu Messias non est. Sane...

Si ergo post hebdomadas vere sexaginta duas Onias occiditur., qui Messias ille Kar' Iêo^v non est; et illo tamen tempore Messias aliquando modo occisus dicitur, in typo tune verum Messiam dici occisum, intelligi prorsus necesse est (p. 593, 594).

verset 2, Daniel s'exprime ainsi : « J'ai considéré le nombre d'années dont l'Eternel avait parlé au prophète Jérémie » De ce rapprochement, le P* Hardouin conclut que «la sortie de la parole m indiquée par Gabriel, au verset 25, est la parole que Dieu a prononcée par la bouche de Jérémie, dans la prophétie de l'an 606, où il promet qu'après soixante-dix ans, on commencera à rebâtir le Temple (quae est urbis pars potissima). Nous avons déjà réfuté cette mésinterprétation des textes de Daniel et de Jérémie (pp. 888, 929-930). Il est, du reste, facile de voir que ce critique ne tient aucun compte du texte de ces prophéties, lorsqu'il suppose que les soixante-dix semaines doivent se compter depuis la parole que le Seigneur adressa à Jérémie en la quatrième année de Joachim, parce qu'il serait fait mention, dans cette prophétie, de la reconstruction du Temple de Jérusalem, car, précisément, cette prophétie qui annonce seulement un assujettissement au roi de Babylone pendant soixante-dix ans » (vs. 14 ), ne dit pas un mot qui ait trait aune « parole pour reconstruire Jérusalem », à une parole, en un mot, qui se rapproche du point de départ indiqué par Gabriel au verset 25. Il n'y est pas non plus fait la moindre allusion à la reconstruction du Temple. Les prédictions, relatives à la destruction et à la reconstruction de Jérusalem et de son sanctuaire, sont plus tardives. Ainsi le premier lapsus d'imagination du P. Hardouin consiste à ne pas prendre le point de départ indiqué par l'Ange et à se référer à un point de départ imaginaire.

Mais il se trouve ensuite en présence d'un grave embarras. Depuis l'époque de cette prophétie, en 606, il doit compter sept semaines d'années ou quarante-neuf ans jusqu'à son Christchef, Cyrus(i). Or, il trouve soixante-huit ans (de 606 à 538). Alors il a recours à un autre expédient, et il prétend que les sept premières semaines se terminent à la première année du règne de Cyrus sur les Mèdes dans l'année 557 (2). Il est vrai

(1) Quoique Hardouin n'ait pas retouché la ponctuation de la Vulgate et qu'il n'ait mis qu'une simple virgule après sept semaines, il a néanmoins adopté aveuglément, et sans en indiquer aucune raison les fantaisies de Marsham au sujet des deux Christs. Il en trouve même quatre : Cyrus, le pontife Josué, Onias et Judas Machabée. D'emblée et sans alléguer le moindre motif, il prétend que l'Ange en [a promis deux : Geminus entra ttbi christus proratttïtur, etc.

(2) Il s'exprime ainsi : 557. Cyrus Persa Médis imperat, post exutum mense Martio Astyagem Medum. Hic finis VII Hebdomadarum Daniel.

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