‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 217 sur 318 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

fâcheux (1) -, 5o Enfin le prophète, distinguant clairement deux termes dans sa prophétie : le premier, après sept semaines -, le second, après soixante-deux semaines, il semble donc qu'on doit les distinguer aussi comme deux époques remarquables ; ce qu'on ne fait pas dans l'hypothèse qu'on vient de proposer; car, après les sept premières semaines, on n'assigne aucun événement mémorable qui en fasse remarquer la fin, et qui les distingue des autres. C'est apparemment la considération de cet inconvénient qui a déterminé quelques nouveaux chronologistes à fixer la fin de ces septante semaines à la persécution d'Antiochus Epiphane (2) ». [Ibid., p. 530).

ans, après lesquels les murs de Jérusalem seront achevés : la seconde est de soixante-deux semaines, ou de quatre cent trentequatre ans, au bout desquels le Christ recevra l'onction... » (p. 688)- Comment se fait-il qu'après avoir ainsi très bien traduit et commenté ce texte, Calmet vienne nous demander un « oint du Seigneur » après les sept premières semaines. Le texte n'en indique évidemment qu'un qui doit venir après les 7+62 semaines (voy. ci-dessus, p. 941). Il n'a pas osé dire sur quel fondement Marsham s'appuyait pour faire aboutir les sept premières semaines à Cyrus. N'ayant pas parlé de l'accent athnach auquel cet anglais a attribué un rôle de fantaisie (voy. pp. 945-962), il n'a pas été amené à prémunir ses lecteurs contre la légende des deux Christs. Nous avons pu, d'ailleurs, constater (p. 968) l'inanité d'une distinction quelconque entre le Messie-Chef et le Messie retranché.

(1) Calmet ne voit pas pourquoi le prophète aurait marqué quarante-neuf ans entre le point de départ des soixante-dix semaines et le rétablissement de la ville. Il y a, cependant, des raisons très sérieuses qui motivent la mise en vedette des sept premières semaines (voy. pp. 942, 962, 965).

(2) Il est très vrai que -le prophète distingue deux termes dans sa prophétie et que l'on doit les distinguer comme deux époques remarquables : c'est ce que Calmet a fait lui-même dans la traduction et dans le commentaire qu'il nous a donnés de ce passage, et que nous avons transcrits à la note 2 de la page précédente. Il constate qu'après les quarante-neuf ans, « les murs de Jérusalem seront rebâtis. » L'Ange a dit de plus que la ville elle-même serait reconstruite à cette époque. Les sept premières semaines finissent donc à un événement considérable et de la plus haute importance pour la nation juive. Calmet voudrait voir apparaître à cette époque un oint, une célébrité qui aurait attiré l'attention par quelque acte extraordinaire. Mais la prophétie n'y fait aucune allusion. Personne ne saurait avoir le droit de réclamer dans la réalité ce qui ne se trouve pas dans la promesse. D'ailleurs, la période des quarante-neuf ans a eu Esdras et Néhémie et on sait qu'au bout de ces quarante-neuf ans la ville était reconstruite intérieurement et mise dans un parfait état de défense.

Telles sont donc les difficultés en présence desquelles l'abbé de Senones a cru pouvoir abandonner l'interprétation messianique de la prophétie — la seule que comporte le texte — et a conclure que « cet inconvénient (le défaut d'un oint au bout de quarante-neuf ans) a, sans doute, déterminé de nouveaux chronologistes à fixer la fin des soixante-dix semaines à la mort d'Antioclius. » Nous venons de voir combien sont peu sérieuses les objections qui portent Calmet à adopter un système, nonseulement ridicule, mais plein d'erreurs et gros de danger. Il reconnaît lui-même, dans le système de Marsham, « des erreurs et des incertitudes qui suffisent seules pour faire abandonner cette hypothèse » {Ibid., p. 53 3). Après avoir ensuite exposé les modifications apportées à l'hypothèse de Marsham par le P. Hardouin, et après avoir déclaré qu'il s'abstenait de renouveler les difficultés que le R. P. Lamy avait proposées contre le « système de ce savant jésuite », le docte Bénédictin en indique quelques autres (p. 535). Puis il ajoute qu'il n'abandonne pas pour cela cette hypothèse. « Nous allons, dit-il, essayer d'en donner une sur le même plan, qui sera peut-être sujette à de moindres inconvénients que celles qu'on vient de proposer ». Et pour mieux montrer son habileté dans cette exégèse, dès le premier mot il se lance dans la fiction , d'après laquelle Daniel aurait demandé l'explication de la prophétie de Jérémie relative aux soixante-dix ans de l'exil : « L'Ange Gabriel dit à Daniel, qu'il est envoyé de Dieu pour lui donner l'intelligence de ce qui doit arriver, et de ce qui fait l'objet de ses inquiétudes, c'est-à-dire, lui expliquer les soixante-dix ans de captivité marqués dans Jérémie j car c'était le sujet de sa prière. A l'occasion de ces soixante-dix ans de captivité, je vais vous révéler un autre mystère... » (p. 536). Nous avons déjà réfuté cette fable (pp. 883 , 885, 886). Mais ce qu'il y a de plaisant, c'est que Galmet la réfute lui-même de sa façon : « L'ange Gabriel, dit-il, ne répond pas directement à la question de Daniel, qui lui demandait quand finiraient les soixante-dix ans de la captivité de Babylone. Leur fin était proche...», (p. 523). Il eût été bien, dès lors, démontrer que cette question avait été posée. Mais Calmet n'est pas homme à se préoccuper de ses contradictions ; et, partant néanmoins de cette mésinterprétation du texte , il continue de le transposer ainsi qu'il suit : « Les prophéties et les visions de Jérémie, ou celles que vous avez eues, seront accomplies, et le Saint des Saints, le temple du Seigneur, sera oint, consacré et purifié de nouveau. Sachez donc que depuis le jour de la prophétie, ou de la révélation faite à

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