‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 224 sur 318 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

nicht namhaft gemachte Epoche) de huit semaines, parce que le temps d'Antiochus le Grand, depuis lequel les Juifs furent de nouveau soumis au gouvernement syrien, devait être spécialement marqué, il ne lui restait aucun autre nombre que le nombre sept. Les soixante dix semaines avaient alors un double accomplissement. Mais la vraie manière de compter est couverte d'un voile (die wahre Bereichnungsweise ist aber eine verhullte). Les nombres 7+62-f- 1 divisent le nombre sacré soixante-dix à l'intérieur seulement (nur ciusserlich). La vraie division est en partie une division cachée; afin que la période des soixante-deux semaines soit seule nommée, et que celle des huit semaines soit passée sous silence [Das Buch Dan., p. 429).

Ainsi, Lengerke suppose que, pour désigner le transférement de la Palestine à Antiochus le Grand, après la défaite de Ptolémée Epiphane (203 av. J.-C), événement auquel le prophète, de l'aveu même de Lengerke, ne fait aucune allusion dans cette prophétie, Lengerke, disons-nous, suppose que l'auteur a divisé mentalement les soixante-dix semaines en soixante-deux et huit semaines; quoique aucun de ces nombres (62 semaines exprimées et 8 semaines non exprimées) ne puisse être amené à coïncider avec l'événement « inexprimé (1). » Et pour arriver à ce résultat, l'écrivain donnant la division sept, soixante-deux, un, est supposé avoir placé le sept là où il ne devait pas être compté et avoir placé le soixante-deux entre le sept et le un, qui doit être compté avec lui, mais qui tous deux, ainsi unis, ne doivent pas être comptés avec les soixante-deux, avec lesquels ils sont en connexion. On comprend que, en examimant le système de Lengerke, Pusey se soit écrié : « Et ceci nous est présenté comme incontestable, comme l'exposition littérale et impartiale du texte sacré » (And this is given us, as « incontrovertible, » as the littéral unprejudiced exposition of the sacred, text., p. 209).

S'empêtrant ensuite, d'une autre façon, dans la pseudo-légende anti-messianique, Lengerke prend, pour point de départ des

^1) Cet événement n'eut pas lieu à la fin des soixante-deux semaines, même en prenant pour point de départ l'année 588, puisque les quatre cent trente-quatre ans nous mènent ù l'an 154, c'est-à-dire dix ans après la mort d'Antiochus Epiphane. L'événement que Lengerke a en vue n'eut pas non plus lieu après les huit semaines (56 ans) en plus, à partir du second terme adopté, car on arriva ainsi à l'année 220 avant Jésus-Christ, qui n'offre aucune époque remarquable. Elle devance de dix-huit ans la défaite de Ptolémée Epiphane (en 203) et elle dépasse de quatre ans l'avènement au trône d'Antiochus le Grand.

soixante-dix semaines, la destruction de Jérusalem (588) et, pour terminus ad quem, la mort d'Antiochus Epiphane, dont il fait le Chef-le- Venant. D'un autre côté, il veut que les soixantedeux semaines aboutissent à Antiochus le Grand. Telle est, en effet, la théorie qu'il nous dévoile en ces termes : « Que le compte (des soixante-deux semaines) aille jusqu'à Antiochus le Grand, cela devient incontestablement certain (unumstb'sslich gewiss), car « l'Oint qui doit être retranché » ne peut être que Séleucus Philopator, qui lui succéda, et le « prince » qui succéda à celui-ci est Antiochus Epiphane qui, au chap. XI, 22 (comp. vs. 20) est aussi nommé comme le successeur immédiat de Séleucus Philopator » (Ibid. , p. 445). C'est ainsi que, par une supposition que le texte n'indique en aucune façon, Lengerke veut que l'auteur termine la première époque (Hier schlossder Verf. die erste Epoque).. On ne peut manquer de trouver étrange que ce critique prenne pour point de départ des soixante deux semaines, non pas une date autorisant la reconstruction de Jérusalem, mais la date de sa destruction, et qu'il se voie ainsi contraint de les faire aboutir à l'an 4 54, dix ans après la mort d'Antiochus Epiphane et soixante-dix ans après l'avènement d'Antiochus le Grand sur le trône, c'est-à-dire à des époques qui n'offrent rien de particulier au point de vue de l'interprétation adoptée par Lengerke. Il ne suffit pas, d'ailleurs, de dire que la prophétie vise Séleucus parce que le roi fut assassiné et que, par suite, les soixantedeux semaines aboutissent à Antiochus, son père : il faudrait prouver que ce roi assassiné est l'Oint mentionné dans les versets 24-27.

Après avoir examiné cette interprétation de la partie du texte relative aux soixante-deux semaines, il est assez naturel de se demander d'où Lengerke tire les huit semaines et ce qu'il en fait. Nous ne saurions mieux répondre à cette question qu'en admettant, avec Pusej (Lectures on Daniel, p. 208), qu'il les emprunte à Rôsch (Studien and Kritik., 1834, pp. 276. sqq .), quoiqu'il eût lui-même refuté l'opinion de cet écrivain (pp. 473, 3). En effet, Rosch, d'après une chronologie de son invention, a placé la destruction de Jérusalem en 609, et il a ainsi une période de quarante-neuf ans qui finit en 560, époque de l'avènement de Ojrus au trône (Hardouin a placé ce commencement du règne de Cjrus en 557). De cette même année (609), soixante-deux semaines ou quatre cent trente-quatre ans devaient aboutir à la mort de Séleucus Philopator (175) ; puis, huit semaines (ou 56 ans) devaient conduire au règne glorieux de Jean Hyrcan. Le temps d'Antio-

Page 1