CHAPITRE IX
chim, qu'il place en 607 av. J.-C. Puis, il fait de Cyrus le sie du vs. 25 s et il étend les soixante-deux semaines jusqu'à Séleucus Philapator, dont il fait le Messie du vs. 26, et dont la mort serait arrivée l'an 176. Le temps d'Antiochus ou « le prince qui doit venir » formerait les sept années ou la dernière semaine » (Die Propheten, etc., pp. 569, 570). Il faut maintenant considérer le résultat qu'il obtient : au lieu de quaranteneuf ans, il en a soixante et onze; au lieu de quatre cent trente-quatre, il en trouve trois cent-soixante; et au lieu de sept, il en a dix. D'un autre côté, ce qu'il a de trop dans deux périodes ne compense pas ce qui manque à la deuxième, car, au lieu de quatre cent quatre-vingt dix ans , il n'en a que quatre cent quarante et un.
Ce résultat ne contenta pas même ce critique. Alors, il emprunta à Hitzig une autre date, celle de ladestruction.de Jérusalem par Nabuchodonosor (588) et quarante-neuf ans le conduisent à l'année 539, que ces deux écrivains supposent avoir été celle où les Juifs entendirent pour la première fois parler de Cyrus. De 539 à 175, on devrait trouver une durée de quatre cent trente-quatre ans et il ne s'en est écoulés que trois cent soixante-quatre ans. Les sept dernières années commencent à la mort de Séleucus Philopator (1 76 ou 175) jusqu'en 168, année de la profanation du temple par Antiochus. Il est facile de constater que chacune de ces dates est choisie arbitrairement, et qu'on n'arrive à rien de sérieux. Dans l'année de la destruction de Jérusalem par Nabuchodonosor , il n'y eut aucun décret pour la reconstitution de cette ville. L'année 539 n'est pas une époque de Cyrus plus remarquable qu'un autre. Il s'approcha de Babylone. Mais les Juifs n'auraient pas fait une époque de ce simple rapprochement. Cet événement ne changeait pas leur situation. C'est l'année du décret de leur délivrance qui marqua une ère djrns leur histoire. Ainsi, l'année 539 n'offre aucun motif de la prendre pour point de départ ou d'arrivée d'une période. La mort de Séleucus Philopator , de laquelle daterait le commencement de la troisième période , n'a aucun intérêt pour les Juifs. Après la tentative du pillage du temple par Héliodore, son ministre, les Juifs ne s'occupent plus de lui. Sa mort n'amena aucun changement dans leurs affaires, car les cinq premières années d'Epiphane furent pacifiques. D'un autre côté, Ewald ne pouvait pas s'empêcher de reconnaître que son prétendu pseudo- Daniel a placé au milieu des trois périodes, une période de soixante-deux semaines ou de quatre cent trente-quatre ans, et
que le nombre qu'il obtient est seulement de trois cent soixante-quatre ans. C'est donc un nombre inférieur de soixantedix ans au nombre indiqué dans le texte. Pour expliquer cette différence, Ewald a prétendu que, sur les soixante-treize années qui sont de trop, il y en a soixante-dix qui ne doivent pas avoir été comptées, parce qu'elles étaient sabbatiques, et il ajoute que les trois autres doivent être utilisées pour compléter la période d'Antiocbus et la porter de sept ans à dix ans. C'est, dit très justement Pusey , comme si nous prétendions que notre année solaire n'a que trois cent treize jours, parce qu'elle contient soixante-deux dimanches.
Les critiques plus récents n'ont guère pu introduire, dans le système anti-messianique, des modifications importantes. Mais comme quelques rationalistes pourraient prétendre que les Bertholdt, les Wieseler, les Lengerke, les Ewald (mort en 4 875), etc., sont déjà bien anciens — ils sont pourtant de notre siècle — nous allons donner les élucubrations encore plus récentes de Kuenen et de Reuss, que quelques imaginatifs pourraient tenir, à priori, comme ayant apporté de nouvelles lumières. Nous n'y trouverons que les mêmes sophismes que nous avons déjà relevés et réfutés.
Kuenen a commencé par donner une traduction dans laquelle il a introduit des hypothèses, des falsifications, qu'il prendra ensuite pour des vérités démontrées. Voici cette traduction : (vs. 24). « Qiiant au peuple et à la ville sainte, soixante-dix années ont été déterminées pour consommer l'infidélité et combler la mesure des péchés ; pour expier l'iniquité et amener une justice éternelle -, pour mettre le sceau à la vision et au prophète, et oindre le saint des saints (vs. 25). Sache donc et comprends ce qui suit : depuis l'émission de la parole portant qu'on rétablisse et qu'on rebâtisse Jérusalem, jusqu'à l'oint, le prince, il y a sept semaines-, et durant soixante-deux semaines, Jérusalem sera rétablie et rebâtie, avec des rues et des fossés, et cela dans l'angoisse des temps (vs. 26). Et après ces soixante-deux semaines, un oint sera retranché, et il n'aura personne pour lui -, et la ville et le sanctuaire seront profanés par le peuple d'un prince qui viendra et trouvera sa fin dans l'inondation ; et jusqu'à la fin, il y aura guerre, et une mesure de dévastation (vs. 27). Et une même semaine verra confirmer l'alliance pour plusieurs et la moitié de la semaine fera cesser le sacrifice et Voblation -, et sur la fin de la terrible abomination et jusqu'à la désolation déterminée, elle {c'est-à-dire la désolation) se répan-