‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 229 sur 318 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Ensuite, dans l'hypothèse traditionnelle, « l'oint » dont il est question au verset 25 doit être le même personnage que « Foint» dont il est question au verset 26, c'est-à-dire le Messie. Or, dans une des notes ajoutées à notre traduction (voir p. 543, note 5), nous avons déjà fait ressortir que le texte hébreu nous oblige à

L'imagination de Kuenen qui veut que ces semaines aboutissent à ce Messie-Chef est plus que suffisamment réfutée, parce que nous avons dit, pour prouver que les sept + soixante-deux semaines forment un tout que l'on ne saurait disjoindre (pp. 911-944-), et pour réfuter les radotages rationalistes relatifs à l'accent athnach (pp. 945- 966j. Nous avons vu aussi le cas que Kuenen en fait lui-même (p. 958). Il ne faut pas non plus nous laisser effrayer par la mention faite par le professeur hollandais de « deux accents » qui nous forceraient à disjoindre les nombres sept + soixante-deux. Ici, comme en mille autres attaques, malgré ces airs de grande critique, le rationalisme ne nous offre qu'un épouvantail de carton. Les quatre mots dont il est ici question (Messie-Chef sept semaines) ont chacun un accent particulier : l'accent mùnnah est placé sous Masiah; un zaqef qaton est sur le mot nagtd; l'accent tifhcC est sous le mot sabuhîm (semaines) et l'accent 'At/iah est sous le mot slbhah (sept). Ces accents indiquent des pauses musicales : l'accent subalterne mûnnak suit la condition de l'accent qu'il accompagne ; le tifha, indique un repos léger qu'indique l'incise entre Zaqef qaton et 'atnah. Ainsi , il y a une pause après Maslah Nagîd , et une autre pause après « sept semaines ». Mais les accents ne marquent pas que le sens soitachevé. On peut en juger d'après l'accentuation du premier

verset de la Genèse bcre'sit bara1 ^Elohim (In principiof croa-

vit Deus I coelum et terrain). Dans ce verset beresit à l'accent ilfha et Vatnah est sous'Elohïm. Si l'on prenait ces signes d'intonation pour des signes de ponctuation, équivalents à des points-virgules , il faudrait supposer que la phrase finit a In principw creavit Deus et que l'accusatif cœlum et terrain constitue une phiase, laquelle ne serait régie par aucun verbe et ne se rattacherait à aucun sujet. Il est donc ridicule de nous parler de la défense que nous feraient ici ces deux accents. Ils ne sont pas de taille à interrompre la continuité de la phrase et à en compromettre le résultat. On tient compte de ces accents pour le chant, pour la psalmodie, pour la lecture déclamée dans les synagogues. Ce serait sans aucun fondement qu'on voudrait les impliquer, indépendamment du sens que le texte impose, dans la ponctuation écrite. Ainsi, le brûlot qui, d'après les rationalistes, devait faire sauter le vaisseau de l'interprétation traditionnelle, fait long feu. Kuenen n'a pas le droit de rapetisser la phrase et la prophétie, en nous disant que « les deux accents du texte hébreu nous défendent absolument de réunir les chiffres 7 et 62, de manière à leur faire indiquer une seule et même période ». L'interprétation fantaisiste des accents ne suffit pas a prouver que la phrase est suspendue et achevée après « sept semaines ». Kuenen

penser à deux personnages différents v'1). Du reste, en entendant la mort de ce second personnage-oint (celui du verset 26} de la mort du Messie, on fait tomber cet événement au milieu de la 70e semaine, ce qui est formellement contraire au texte qui veut que cette mort ait lieu à la fin des 69 semaines (2). Il y a

n'est donc nullement fondé à séparer les sept semaines des soixantedeux semaines et à mettre deux oints différents au bout de ces deux périodes. Il n'est pas vrai qu'il ne doive s'écouler que sept semaines jusqu'à la venue du « prince ». Les soixante-deux semaines ne représentent pas « la période pendant laquelle Jérusalem sera rebâtie ». Kuenen a si bien compris lui-même l'ineptie de cette traduction, qu'il a mis : « la période pendant laquelle Jérusalem se trouvera dans un état précaire (voy. la réfutation pp. 966). C'est bien là certainement une falsification du texte. Le professeur de Leyde ne prouve pas, du 'reste, cette assertion fantaisiste en la faisant suivre de la note suivante : « En rapportant les deux chiffres 7 et 62, à la période qui doit s'écouler avant la venue du « prince » , niu^n ne se lie plus du tout avec ce qui précède; on ne comprendrait pas davantage pourquoi l'auteur aurait écrit sept et soixante-deux, au lieu de soixante-neuf semaines ». A la page 939, nous avons montré la liaison de tasûb avec ce qui précède. D'un autre côté, pour comprendre pourquoi l'auteur a écrit sept + soixante-deux au lieu de soixante-neuf, nous n'avons qu'à nous reporter aux pages 942, 962, 965). Nous y avons indiqué le motif de la mise en vedette des sept semaines. Malheureusement, Kuenen s'est mis dans l'impossibilité de le comprendre.

(1) Le Messie chef du v. 25 est le même personnage que le Messie retranché du vs. 26. Voyez à ce sujet ce qui a été exposé plus haut (p. 968). La note de la page 543, à laquelle Kuenen nous renvoie, ne prouve pas que « le texte hébreu nous oblige à penser à deux personnages différents ». Il est dit dans cette note que l'oint retranché « n'est pas le « prince, » « parce que le titre n'est pas le même et que l'article manque ». De là, le critique de Leyde conclut qu'il s'agit d'Onias III. Nous avons répondu à cette objection (pp. 935-969). Il n'y a rien d'étonnant à ce que le Messie soit désigné par divers noms propres : Justice éternelle, Saint des Saints (908-904), Messie Nagîd, Messie tout court, Messie-le-Venant, etc.; et on s'explique très bien que des noms propres n'aient pas l'article (voy. p. 909).

(2; Nous avons vu que cette mort devait avoir lieu après les soixante-neuf semaines (voy. p. 966). Le texte ne dit pas que « cette mort aura lieu à la fin des soixante-neuf semaines ». Il est, du reste, vrai qu'il n'est pas nécessaire de « faire tomber cet événement au milieu de la soixante-dixième semaine ». Cette mort doit avoir lieu à la fin de cette soixante-dixième semaine, comme l'indique le texte, lequel donne une semaine au Messie pour « faire alliance avec nombreux » (voy. pp. 998, lOOi et ss., et 1114).

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