‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 253 sur 318 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

traduit : dissoluîae sunt compages meae (les jointures de mes nerfs se sont relâchées). En résumé, Daniel dit que « dans la vision (des versets 5 et 6) les articulations de ses membres ont été comme bouleversées, de sorte qu'il s'est trouvé sans force.

17. Et comment le serviteur de ce mon Seigneur m aurait-il pu "parler avec ce mon Seigneur? Car de ce moment ° il n'est plus resté de force en moi; le souffle pmême n'est pas demeuré en moi.

m Le serviteur de... c'est-à-dire comment moi, Daniel. Le prophète se sert d'une périphrase analogue à celles qui sont en usage chez les Hébreux, lorsqu'un inférieur s'adresse à son supérieur. Le substantif 'adonî (tziX') est suivi du pronom démonstratif ,-j"? {hic Me, ipse ; — talis) qui est en même temps intensif; de sorte que l'expression 'adont zèh signifie « 'Adonî — celui-là, » si grand avec un 'Adoni tel (si considérable). On a dit que zéh avait pour but d'indiquer une opposition entre la condition humble de Daniel et la sublimité de l'Ange qui vient de lui parler. Mais nous ne pensons pas que l'Ange soit désigné par l'expression 'adoni zèh. Daniel a en vue le Seigneur qui a été l'objet de la vision (5, 6). C'est pourquoi il ajoute : « De ce moment, » c'est-à-dire depuis l'instant où il a eu la grande vision. En d'autres termes, Daniel indique par le pronom zéh, — qui a une valeur démonstrative et intensive — l'homme vêtu de lin dont l'éclat l'avait ébloui et effrayé. D'un autre côté, nous ne croyons pas que le premier zèh se rapporte à Daniel et que l'on puisse traduire ainsi : comment le serviteur de mon Seigneur ce .. ou, en d'autres termes : comment ce serviteur de mon Seigneur. Les deux zéh se rapportent à 'Adonî. On a aussi eu tort de supposer qu'il y avait là deux régimes grammaticaux et qu'il était question de deux 'Adonî. Rosenmiiller traduit par : quomodo poterit servus Domini mei hic loqui cum Domino meo hoc -, et d'autres allant plus loin ont donné cette version : « Comment le serviteur de mon Dieu que voici, pourrait-il parler à mon Seigneur que voilà? » De sorte que Daniel opposerait « le Seigneur que voici » (l'Ange qui l'a touché) à « mon Seigneur que voilà, » c'est-à-dire « à l'apparition éclatante décrite aux versets 5 et 6. » Cette interprétation ne nous paraît pas fondée. Le pronom zéh conserve le même sens et il désigne toujours la même apparition -, celle, en un mot, qui a amené son évanouissement. Daniel a senti comme

l'oppression d'nne sainte épouvante, parce qu'il s'était trouvé soudain — lui chétif — devant une manifestation vivante du divin Juge de l'humanité. L'adverbe "n>n (comment) est une forme aramaïsante de l'hébreu n>N . — n Aurait -il pu, aurait-il été pouvant... aurait-il en état de parler. Le verbe yûcal Sp1> est la troisième personne du futur hophal de Sd>5 il a pu). Ce futur passif pourrait se traduire par « il aura été fait pouvant. » Mais on ne doit pas oublier que le futur indique quelquefois le passé quoiqu'il ne soit pas précédé du vav conversif. Daniel est encore tout préoccupé de la vision qu'il a eue. Il fait donc un retour vers le passé, et il exprime ainsi à l'Ange le regret qu'il éprouve de n'avoir pu interroger l'être surnaturel qui n'a fait que se montrer à lui. Il traduit donc ainsi sa pensée, Comment aurais-je été en état de parler avec ce mon Seigneur? Il n'indique pas ici qu'il ne pourra pas (quomodo poterit..:); mais il fait comprendre que n'ayant pu interroger « l'homme vêtu de lin. » il serait heureux d'avoir une révélation au sujet du bruit des paroles qu'il a entendu — ° Et moi! va'anni, nominatif absolu. De ce moment, à partir de l'instant où a eu lieu l'apparition décrite aux versets 5 et 6, et non pas depuis l'apparition de l'Ange ou plutôt de la main de l'Ange (vs. 10). — p Le souffle, la respiration ne suivaient pas son cours ordinaire : Daniel était devenu semblable à un mort.

18. Et comme une apparence d'homme me toucha de nouveau *, et me fortifia,

q Et ajouta et me toucha-, c'est-à-dire : ajouta un attouchement aux attouchements précédents. L'Ange dont il est parlé au verset 16 renouvela les actions par lesquelles les sens et la parole (15 et 16) avaient été rendus à Daniel. L'efficacité et l'énergie de ce troisième attouchement amenèrent le rétablissement complet de toutes les forces et de toutes les facultés du prophète.

19. Et dit : Ne crains pas, homme des désirs r! paix sur toi8 ; sois fortifié et sois fortifié1 \ — et comme il me parlait , je me sentis fortifié, et je dis : parle, mon Seigneur, car tu m'as fortifié u.

r Cfr. vs. II, — s Paix à toi, salôm lait (-jS DiSu salustibi; cfr. salamalec, emprunté à la salutation arabe, salam haleik , salut

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