‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 258 sur 318 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Darius, ces traducteurs ont mis Cyrus. Evidemment, ils ne comprenaient rien à cette mention d'un Darius le Mède ; et ils ont supposé qu'il s'agissait de la première année du règne de Cyrus à Babylone. Mais c'est là de la pure fantaisie. Rosenmûller dit très bien à ce sujet : Sed quae in nostris codicibus hebraicis extat temporis notatio omnino recte sehabet. La Vulgate rapporte le pronom à Darius : Ego autem ab anno primo Darii Medi, stabam ut confortaretur et roboraretur. Saint Jérôme met ce verset dans la bouche de Daniel et il suppose qu'il s'agit ici de Cyaxare de la Cyropédie. Il expose ainsi ce passage : Ego, inquit Daniel, ab anno primo régis Darii qui subvertit Chaldaeos. .., stabam in conspectu Dei... Ergo et nunc, narrante propheta : ab anno primo Darii Medi stabam et deprecabar, ut confortaretur ejus imperium, Deus respondit (vs. 2) : et nunc veritatem annunciabo tibi. Estque sensus : quia vis nosse de Persarum regibus quid futurum sit, audi ordinem rerum, et ausculta quod quseris. Mais le renseignement relatif aux Perses n'est contenu que dans le second verset, et c'est surtout l'empire des Grecs que la révélation a en vue. Stuart trouve que l'interprétation qui rapporte U à Darius, s'accorde difficilement avec le texte. Maurer s'exprime ainsi à ce sujet : iS référendum esse ad Michaelem (10, 21), nemo erit cujus aperti sunt oculi, quin videat. On ne peut pas, du reste, objecter que, dans ce cas, l'Ange parle de Michel comme d'un être qui lui est inférieur, car il ne s'agit pas d'une infériorité de l'archange : il résulte seulement de là qu'un ange n'est pas tout-puissant. Rosenmûller répond, d'ailleurs, très bien à cette objection comme il suit : Nec obstat, quod angélus supra X, 13. Michaelem ut suum opitulatorem describit. Nam quum X, 21. Angélus se et Michaelem junctis viribus dicat restitisse principibus Persise et Greecise, hic apte dicere potuit, se in pugna contra communes adversarios Michaeli ad eum juvandum adstitisse.

2. Et maintenant je t'annoncerai la véritéd. Voici! trois rois s'élèveront6 encore en Perse f; et le quatrième s'enrichira de richesses plus que tous (les autres)8; et quand il sera devenu fort par ses richesses, il excitera touth contre le royaume de Javan1'.

cl La vérité, 'émet contrac. de 'amënët. L'article est omis comme abstrait et comme équivalent à : « ce qui est vérité ». * Trois

rois s'élèveront; littéral, se tenant debout (DHQ7). L'Ange a devant lui comme le tableau de l'histoire, et il décrit les personnages tels qu'ils lui apparaissent dans un ordre rapide de succession. — f Encore en Perse. Cahen : « Voilà que trois rois seront en Perse, et le quatrième... » Il ne rend pas le mot hod (*T"y, encore, en outre, encore plus); la Vulgate a traduit très littéralement : Ecce adhuc très reges stabunt in Perside, etquartus... Ainsir le texte mentionne d'abord trois rois après, ou sans compter Cjrus qui régnait alors, d'après cette prophétie (ch. X, 4). — s Le quatrième amassera des richesses, s'enrichira de richesses (yahasîr hosër, au-dessus de tous). Le verbe est construit avec le substantif pour indiquer l'intensité de l'action) au-dessus de tous (les rois qui l'auront précédé ou suivi), et selon son devenir fort [ûkehezqatô ; infin, avec -j paragogique changé en n devant le suffixe) (cfr. II, Parai. XII, 4). — Mikkol, en comparaison de tous (p est comparatif après gadôl). — hIl excitera, soulèvera (yahîr, prétérit hiphil, de "]VJ ; éveiller, réveiller) tout, tous (les peuples). — ' Contre le royaume de Javan. On a expliqué différemment la préposition 'et (riN auprès, avec, contre, dans, outre, sur). Rosenmûller affirme qu'elle n'a jamais le sens de « contre ». Cependant, Noldius [Concordantiae, particul. hebraeo-chald.) offre divers exemples qui autorisent la traduction que nous avons adoptée. Ainsi, Genèse XVI, 49 : « Quatre rois contre cinq ; Jérémie, XXXVIII, 5 : Le roi ne peut rien contre vous, » etc. D'après Gesenius [Thésaurus, etc., p. 467), le premier sens de riN est: apud aliquem... apud me est, pênes me est; la seconde signification est celle de cum (avec) : Quemadmodum latine dicitur bellum gerere cum aliquo ita etiam hebraice ni*. Ce même lexicographe dit ensuite : 3) usurpatur pro contra ubi agitur de bello, lite, pugna; et il traduit ainsi un passage de Jérémie (XXXVIII, 5) : Nam rex nihil valet contra vos. Ainsi, la Vulgate a très bien dit : Concitabit omnes adversum regnum grœciae. Le grec deVenise donne le même sens : « Il suscitera toutes choses au royaume du Grec » (ipeGie? toc toSvtoc tÎ) 6aaiXs(a xou "EXXrjvoç). Bertholdt a traduit de la même manière : « Il convoquera tout contre le royaume grec » {er voird ailes gegen das griechische Reich aufbieten). Hitzig dit également : so wird er Ailes aufbieten nach dem K'ônigreiche Javan. On n'est pas, en effet, admis à soutenir que les exemples présentés ci-dessus ne sont pas concluants. Il faut, dès lors, voir, dans la mention de ce quatrième roi, la désignation de Xerxès.

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