CHAPITRE XI
ou du règne des Grecs et il aurait même pu, avec d'autant plus de raison , lui donner, le nom de malkût, qu'il ne considère en elle qu'une puissance concentrée dans Alexandre, que tous les Etats de la Grèce devaient nommer leur général en chef. D'ailleurs, ces Etats grecs pouvaient être désignés ainsi par anticipation et tels que l'Ange les voyait composant sous Alexandre et ses successeurs le troisième grand empire (le royaume hellénique, le royaume ou l'empire , c'est-à-dire la domination des Grecs). C'est ainsi que l'auteur du premier livre des Machabées (I, 10) ne doutait pas de l'unité de l'empire grec ou macédonien, lorsqu'il disait d'Alexandre : 'EêaoiXeuas ... 7îpÔTepoç ïtz\ X7jv 'EXXàÔa.
Les cinq rois de Perse visés par l'Ange. — Trois rois de Perse sont d'abord mentionnés après Cyrus. Or, on sait que le conquérant eut, pour successeurs , Cambyse, le pseudo-Smerdis et Darius d'Hystaspe ; et soit qu'on regarde le livre comme prophétique, soit qu'on le regarde comme composé post eventum, on doit admettre, sauf preuve du contraire, que l'auteur s'est exprimé conformément à la vérité historique. Quelques critiques, ne tenant pas compte du texte, ont compté ces rois d'une façon qu'il n'est pas possible d'admettre : ce seraient Cyrus, Cambyse et la domination des Mages ou le Pseudo-Smerdis (Polychronius), Cyrus, Cambyse, Darius l'Hystaspide (C. B. Michaelis). Mais le mot hod (encore) marque clairement que Cyrus est exclu. Aussi, d'autres ont-ils admis qu'il ne faut pas compter Cyrus , et ils arrangent ainsi leur liste : Cambyse, Darius d'Hystaspe et Xerxès (Maurer , à qui il plaît de supposer que, d'après le texte, Xerxès serait le dernier roi de Perse : ultimum Persarum regem facit Xerxem). Lengerke et Hitzig sont du même avis. Toutefois, ce dernier reconnaît que le texte annonce un quatrième roi après Cyrus, mais il a le tort de supposer que ce quatrième roi est Artaxerxès. Lengerke, et Maurer à sa suite, prétendent que Jtarbîhi signifie le quatrième en comptant le roi régnant alors (Cyrus). De sorte que le quatrième est le dernier des trois qui viennent après Cyrus. Ils en appellentà l'article qui, dans le cas où il s'agirait du quatrième roi après Cyrus , devait être omis. Moses Stuart ne trouve pas qu'il y ait là une preuve bien sérieuse (I see no good reason for this , in the appeal which they make to the article). Ce critique répond, en effet, que, après avoir dit qu'il s'élèvera trois rois dont il passe l'histoire sous silence, le Révélateur arrive à un autre distinct de ces trois et en donne en partie l'histoire. Stuart ajoute ensuite : « La
distinction que l'on a en vue et l'emphase requise demanderaient chacune l'article. Le même critique ajoute qu'il n'est pas rare de mettre l'article devant un nombre ordinal lorsque le nom qui lui est adjoint l'omet. Lorsque le nombre ordinal est distingué spécialement d'autres objets qui précèdent, il est d'usage que l'article soit employé. Dans le cas présent , la signification naturelle de >y>â"]n est le un qui vient après les trois ». Enfin, le même exégète remarque avec raison que cette interprétation est d'accord avec la réalité historique (4). Nous pourrions ajouter ici qu'il a pu se produire une confusion, dans l'esprit des copistes , entre SD^N. qui signifie « quatrième » (cfr. Zach., VIII, 1) et >2?;p qui a le même sens. Dans un mélange de ces deux formes, Yaleph prosthétique aurait pu facilement être changé en j-;. Mais il est plus simple de nous référer à une règle de la grammaire hébraïque que Sarchi (Nouvelle grammaire héb., p. 235) expose en ces termes : « Le n article précédent le numératif est quelquefois énergique » (cfr. Genèse, XIX, 9). Ici, l'article peut fort bien avoir pour but de mettre plus en relief un fait saillant digne de fixer plus particulièrement l'attention.
Nous pouvons, d'ailleurs, tenir pour certain que le quatrième roi après Cjrus, qui, d'après la révélation de l'Ange souleva tout contre la Grèce, est Xerxès. Dès lors, nous avons les rois intermédiaires : Cambyse, Pseudo-Smerdis et Darius d'Hystaspe. Lengerke lui-même, qui prétend que » tous les interprètes ont mal compris le mot harbîhî et ont vu là un quatrième roi après Cyrus (2)», reconnaît qu'ils doivent indiquer ces trois rois. Nous venons de montrer que ces exégètes ont eu raison.
(1) The distinction intended, and the emphasis demanded, would either of them call the article to its aid. It is even not uncommon in respect to ordinals, to append the article to them when the noun connected with them omits it-, e. g. JEhtfn DV Gen. 1 : 31. Whenever the ordinal is to be specially distinguished from other preceding things, it follows of course that the article is congruous. Thenatural and obvious meaning of >y^^n, in tne présent case, is the one that next follows after the three. So Jérôme, Theodoret, Bertholdt, Rosenmùller. Hâvernick, and others. Besides, this accurately agrées with historical facts.
(2) Aile Ausleger missverstanden das >yQin und sahen darin einen Vierten Kônig nach Cyrus, daher sollen nach Hieronymus, Theodoret, Bertholdt, Rosenmùller und Hâvernick jene drei Kônige Cambyses, Pseudosmerdes (oder die Regierung der Mager) und Darius Hystaspides bedeuten.