‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 267 sur 318 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

quatre nouveaux royaumes. Aussi, ne rnentionne-t-il pas les quatre points cardinaux. Le nombre « quatre » a une signification spéciale et a trait à quatre royaumes différents, qui sont, d'ailleurs, plus particulièrement désignés par les quatre têtes du léopard. Rappelons encore à Stuart que les quatre cornes, symbole correspondant de ces quatre têtes, appartiennent à la même bête dont la grande corne a été brisée. Il n'est donc pas vrai que les quatre royaumes, formés de l'empire d'Alexandre, constituent un empire distinct de l'empire du conquérant. Nous avons, d'ailleurs, suffisamment réfuté (pp. 748-758) l'opinion de ceux qui ont essayé de faire deux empires du règne d'Alexandre et de celui de ses successeurs.

Les deux royaumes du l\ord et du Midi. — L'Ange mentionne ainsi, en deux lignes, l'établissement et le démembrement de l'empire macédonien. On ne saurait dire rien de plus clair : l'histoire nous offre la répétition de ce que nous venons de lire dans ces lignes miraculeusement inspirées. La vision ne s'occupe pas des succeseeurs immédiats d'Alexandre, provenant de sa famille ; elle ne nous offre pas non plus des détails relatifs aux guerres que se firent les généraux du fondateur du troisième empire, parce que ces événements ne se rapportent qu'indirectement aux Juifs. Pour le même motif, l'Ange abandonne les autres successeurs d'Alexandre, et ne s'occupe que des rois du Nord (Syrie) et des rois du Sud (Egypte). Ces rois sont désignés ainsi en regard de Jérusalem. Le roi de Syrie, dont la capitale était Antioche, étendit d'abord sa domination depuis la Phrygie jusqu'à l'Indus ; et occupait une contrée située au nord de la Judée. Le roi d'Egypte, qui posséda les territoires situés au midi de ce pays, l'Arabie jusqu'au golfe persique, est désigné par l'expression «roi du midi». Les autres royaumes, tournés vers d'autres contrées, eurent peu de rapports avec les Juifs. Au point de vue de la prophétie, ces royaumes étaient comme s'ils n'existaient pas. Les deux royaumes des Séleucides et des Lagides intéressaient tout autrement le peuple de Dieu^ Ils sont désignés dans la statue par les deux cuisses d'airain qui sont une continuation du ventre d'airain.

5. Et le roi du Midi deviendra fortu; et (un) de ses capitaines v deviendra plus fort que lui x; et il dominera; et sa domination (sera) grande.

u Deviendra fort, puissant, il accroîtra sa force, fortifiera sa puissance ; il s'agrandira. Ce roi du Midi est Ptolémée Lagus

ou Soter, le premier des généraux d'Alexandre qui, après la mort des fils de ce prince, monta sur le trône des Pharaons et fonda la dynastie des Lagides. Ce premier roi de la lignée macédonienne se fortifia ou s'agrandit en s'emparant de Chypre, de la Cœlé-Syrie, de la Judée et de plusieurs autres contrées. Il prit Jérusalem, après y être entré un jour de sabbat, sous le prétexte d'y offrir un sacrifice au Dieu que l'on y adorait. Dès qu'il fut introduit dans la place, Ptolémée s'en déclara le maître. (Cfr., Josèphe, Antiqq., VII, I,) Il tyrannisa d'abord les Juifs et fut très dur à leur égard. Dans la suite, il les traita plus humainement. — v Et un de ses capitaines û-min sariov ('l'hu "ICI) Min (hic includit pronomen aliquis, sive unius), signifie (un) de; Sar a le sens de chef, prince, commandant (voy. ch. X). Le suffixe (i) se rapporte au roi du Midi (Ptolémée) qui vient d'être mentionné et sar désigne Séleucus Nicator ou le roi du Nord. C'est ce qu'ont très bien reconnu Lengerke, Gesenius, Maurer, Keil et beaucoup d'autres critiques, C. B. Michaelis, Bertholdt, Rosenmiiller, Kranichfeld, ont rattaché le suffixe au «roi fort» du troisième verset, et sar se rapporterait ici à Ptolémée Lagus. Les LXX avaient aussi compris ce passage delà même manière. Mais il est facile de voir que cette mention d'Alexandre est bien éloignée, et que le suffixe se rapporte plutôt au « roi du Sud », dont il vient d'être question. Du reste, Séleucus, qui avait été un des généraux d'Alexandre, mais qui fut chassé de Babylone par Antigone, alla prendre du service auprès de Ptolémée. Dans la suite, il se déclara indépendant et se proclama roi de Syrie, x Plus fort que lui. Ce fut le plus puissant des généraux d'Alexandre. Vainqueur de -Démétrius , il ajouta l'Asie à la Syrie. Il vainquit aussi Lysimaque, roi de Thrace, et Antigone en Phrygie, et Androcote dans l'Inde. A cause de ses victoires, il fut nommé Nicator (cfr. Appien, Syriaca, cap. LIV, 60-65 et Justin, lib. XVII, cap. \, §2-, Diodore de Sicile, liv. XIX, cap. 90-92). Arrien dit que Séleucus lut le plus grand de ceux qui régnèrent après Alexandre SéXeuxov yàp p-sytaTov xwv [xgT« 'AXIçavopov, — Die Expedit Alexandrie liv, VII). Ainsi, il devint fort, en étendant sa puissance de l'Euphrate jusqu'à l'Indus. Son empire fut plus vaste que celui du roi d'Egypte. C'est ainsi que le « roi du Nord » fonda le royaume gréco-syrien et la dynastie des rois de Syrie, à laquelle il donna son nom (312 avant Jésus-Christ). Aben Esra a cru que le «roi du Nord» est «le roi de Rome». Nous ne nous arrêtons pas à discuter cette fantaisie rabbinique, Il est d'ailleurs facile de voir qu'il ne s'agit

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