‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 269 sur 318 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

diée par Antiochus, qui reprit Laodice, sa première femme. Celle-ci fît égorger Bérénice et son fils. — s Et son fils. Le texte hébreu actuel porte : et celui qui l'a engendrée, son père (mSMl). Philadelphe mourut environ deux ans après le mariage de sa fille. Toutefois, il paraît plus probable, comme l'observe Rosenmûller, qu'il s'agit du fils de Bérénice et qu'il faudrait lire nf^m (et son fils). Cet enfant fut livré (massacré) en même temps que sa mère. La Vulgate a traduit par adolescentes ejus, et la Version syriaque par adolescentulœ ejus, d'après une leçon différente pl^S^Tl) Mais les pages et les dames d'honneur qui avaient accompagné Bérénice sont sans doute mentionnés dans le membre de phrase qui précède (et ceux qui l'avaient amenée). Il y a eu sans doute diverses personnes massacrées avec Bérénice et son fils. Peut-être dans ce nombre se trouvaient les hommes politiques qui avaient négocié le mariage et qui vivaient à la cour du roi de Syrie. — hEt celui qui l'avait soutenue, c'est-à-dire son mari, Antiochus Théos, qui fut empoisonné par Laodice.

7. Et d'une branche de ses racines '(quelqu'un) s'élèvera à sa place j, et il viendra à l'armée k, et il viendra dans les forteresses l du roi du Nord ra; et il agira en elles0; et il accroîtra sa force °.

* D'une branche {min, partitif: un de; riê'zer, branche, rejeton), de ses racines, des racines ou des parents de Bérénice, c'est-à-dire un fils de ses père et mère ou de la lignée des Ptolemées. Ce rejeton est Ptolemée III Evergète, frère de Bérénice, fils et successeur de Philadelphe. Pour venger sa sœur, il marcha avec une armée formidable contre le roi du Nord, tua Laodice et se répandit dans toute la contrée jusqu'à Babylone et au-delà de l'Euphrate, pillant tout à son gré. Reuss : « de la souche de ses racines, il en surgira un à sa place. » Le subst. ne'zer n'a pas le sens de « souche. » — j S'élèvera à sa place, se tiendra debout sur sa base (sous-entendu Si? sur). La Vulgate : et stabit de yermine radicumejusplantatio. Dans cette traduction, le mot 133 (de -n place, base), a été pris pour H33 (rejeton, plante). Mais après le verbe hamad (se tenir debout), il est plus conforme au texte de traduire comme nous l'avons fait. — *A l'armée-, la Vulgate : cum exercitw, sans doute d'après un manuscrit qui portait riN (avec) au lieu de Sn (à, vers) qui, d'ailleurs, a aussi le sens de « avec »,

après les verbes qui n'indiquent pas le mouvement. — l Et il entrera dans les forteresses; littér. dans la forteresse; mahôz est pris collectivement au lieu de mahuzim (les forteresses, les lieux fortifiés), comme l'indique suffisamment le terme bahëm, (DH3, en elles, parmi elles), qui suit. Ce pronom suppose évidemment un pluriel, une pluralité de forteresses. Saint Jérôme a traduit : Et ingredietur in provinciam. Il a sans doute pris TOC (forteresse) pour le mot vinn (refuge, port), qui, en

araméen, signifie «contrée, pays, terrae tractus. — m Du roi du Nord, c'est-à-dire de Séieucus II Callinique, qui régnait avec Laodice, sa mère. — n Et il agira en elles , parmi elles (sous-entendu iJX"l selon sa volonté). Il traita en vainqueur les forteresses ou les armées syriennes; il en disposa à son gré. — ° Et il se fortifiera; il deviendra fort, il prévaudra. La Vulgate : et obtinebit (et il l'emportera). Ptolémée Evergète s'empara, en effet, de la Syrie, de la Cilicie et des provinces même qui étaient situées au-delà de l'Euphrate.

8. Et même il emmènera en captivité, en Egypte, leurs dieux p, avec leurs statues <*, avec leurs vases précieux1, d'argent et d'or; et il prévaudra5 (pendant) des années sur le roi du Nord.

P Leurs dieux ; le pronom suffixe pluriel se rapporta aux peuples assujettis par le roi du Midi, ou aux forteresses (mahoz, pris collectivement) dont il est question au verset précédent. — (i Leurs statues, les images en fonte. Cahen traduit D.TDD3 par « oints », et il croit que cette expression signifie « leurs princes ». Mais les LXX et Théodotion ont traduit par a objets fondus » (fjtsxà x&v ^wvsuxwv aum>v), et la Vulgate, par sculptilia. Il s'agit d'images en fonte (de no: il a versé, répandu; fondu, jeté en fonte). Le roi d'Egypte emporta les dieux des Syriens. En Orient, le vainqueur croyait avoir de la sorte en sa puissance les dieux des vaincus et s'être assuré par là-même la soumission des nations qui adoraient ces dieux. Ptolémée rapporta aussi quelques-unes des idoles que Cambyse avait enlevées à l'Egypte; et, à cause de ce bienfait, » il reçut le surnom d'Evergète (bienfaiteur).

L'usage d'emporter les dieux des vaincus ou les statues de ces dieux, qui se prenaient pour les divinités elles-mêmes, est

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