‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 27 sur 318 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

bre symbolique. Ainsi, Keil qui n'a pu s'empêcher de reconnaître que ce n'est pas un nombre directement symbolique, comme 7, 10, 40, 70, a, néanmoins, essayé de trouver un joint qui lui permit de ne pas s'en tenir au sens littéral. Réduisant ces jours en années, il trouve six ans, trois ou quatre mois et quelques jours, et il découvre que l'oppression du peuple par la petite corne ne durerait pas sept ans, c'est-à-dire une période du jugement divin, et ne serait pas si longue et si dure que l'oppression d'Israël par les Madianites (Juges, VI, 1), ou que la famine prédite par Elisée. C'est là un système très commode, mais qui ne repose ici sur rien et n'explique rien.

15. Et je regardais4, moi, Daniel b, la vision0; et j'en cherchais l'intelligence d', et voici se tenant debout devant moie comme une apparence d'hommef.

*Et fut dans considérer (bî'rotî, infin, de nîO voir, regarder, avec pronom suffixe) moi. — b Moi ,• répétition du pronom sous une autre forme, afin de rendre l'expression plus intense. — c La vision objective, l'objet de la vision. — d Et je cherchais va'abaqsah (troisième pers. fut. piel, de typa gucmuit), intelligence (bînah).

— e Devant moi lenêgdî, vis-à-vis, en face; avec le sens de lefanaî.

— f L'expression HN1Q3 (comme apparence) indique que l'Ange avait pris une forme humaine, et qu'il avait l'apparence et non la réalité d'un homme. Gëbër (homme), usité rarement en dehors des livres poétiques et prophétiques, mais très fréquemment en araméen. C'est sans fondement que Lengerke confond cet Ange avec la Falmoni du verset 13,

16. Et j'entendis une voix d'homme du milieu de l'Ulaï s; et il cria et ildith : Gabriel, explique lui' cette vision.

s Entre {bëyn) l'Ulai (au sujet de cette rivière, voy. p. 781), entre les deux rives, inter utramque illius ripam, ou comme le comprend très bien Lengerke : zwischen den beiden Ufern des Ulaus. L'Être surnaturel qui fait entendre une voix humaine plane sur les eaux du fleuve (cfr. XII, 6, 7). — •' 11 s'exprime d'une voix haute et retentissante qui affirmait l'autorité et la supériorité de Celui qui parlait. — 'Fais-lui comprendre "nn, (impér. hiphil, intelligere fac, de 6m, intelligere ; hiphil, explicare) -, a lui, "rSnS, comme iaîîs hazzëh (à cet homme).

La voix de Celui qui plane sur les eaux de l'UIaï est la voix du Ulessie. — C'est la voix d'un Etre qui commande à Gabriel, c'est-à-dire à un des anges les plus élevés dans la hiérarchie des esprits célestes. On a bien compris que celui qui commande ainsi à cet archange et lui donne des ordres est un être qui lui est supérieur. Ne tenant pas compte du caractère éminemment messianique de notre livre, quelques interprètes ont néanmoins voulu trouver ici une intervention de l'archange Michel. Saint Jérôme nous apprend que des juifs de son temps expliquaient ainsi ce passage : « Virum istum, qui preecepit Gabrieli, ut Danielem faceret intelligere visionem, Judœi Michaelem autumant. » Mais cette interprétation juive ne repose que sur ure impression vague et sur un jugement superficiel de la question. Théodoret a très bien compris que, d'après les choses dites précédemment, on peut estimer que celui qui commande est le Seigneur (sait, oè y.oà l~/. tojv e?pr)|iiva)v TexjxYJpaaOai, ?m 6 xeXeuaaç ô Asa^6xr]ç Icm). Lengerke admet, du reste, qu'il s'agit d'un des Saints mentionnés au verset 13 (dieser ist ja in dem vs. 43 genannten Heiligen zu verstehen) ; et eu cela ce critique a parfaitement raison. Hitzig tient aussi celui qui parle et Gabriel pour les deux saints du verset 13 (Sofern die Personen..., halten wir dieeen Sprecher und Gabriel mit den beiden "punp V, **> fur identisch). Mais s'il se trompe au sujet de Gabriel, il n'en est pas moins vrai qu'il a raison d'identifier celui qui donne l'ordre d'expliquer la vision avec le Saint qui, au verset 13, a demandé quelle serait la durée de la suppression du sacrifice quotidien (1). Cet Etre suréminent et mystérieux s'offre, en effet, à nous comme étant un des Saints mentionnés au verset 13, le Veillant et Saint du ch. IV (vs. 4 0 et ss.), le Fils d'homme du ch. VII, 13, 14, l'Ange du Seigneur du ch. III, 49, le Messie du chapitre IX (24, 25). Le commentateur luthérien Geier le

(1) Il n'est pas nécessaire de nous arrêter à la confusion qu'Hitzig imagine entre ce Saint et un génie de l'eau, « c'est-à-dire avec le Ghordad (Hauroatât) le cinquième des Amschaspands, » qu'il lui plaît d'assimiler à a l'ange des eaux» (ày^eXoç xwv uSdrcov) de l'Apocalypse (ch. XVI, 5). Lengerke ne parle pas plus sérieusement lorsqu'il répète ici que cette description a son origine dans le parsisme (Die Vorstellung von den sieben Erzengeln oder Engelfùrsten stammt aus dem Parsismus). Il se contente, du reste, de renvoyer au ch. IV, 10, où il est question des Veillants-Saints. Nous avons déjà suffisamment réfuté cette légende de la pseudo-critique (voy. ci-dessus, p. 387 et ss. -, Introd., p. 580 et sa.).

Page 1