‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 28 sur 318 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

confond avec Falmoni ou avec le second Saint, mais il a très bien vu que celui qui parle, dans ce texte, est le Messie : « Haud dubie vero autor humanae hujus vocis fuit is Palmoni sermocinator, cujus mentionem fieri vidimus, vs. 13, utpote a quo interpretationem illic efflagitabat angélus et qui hic etiam angelo mandatum dat, ut interpretationem suggérât Prophetae, intelligentiam quserenti anxie. Atque sic de m> Xôyto Gomarus, tom II, operum, fol. 219. Is ipse humana usus fuit voce, tanquam ipsammet aliquando assumptus humanam naturara {Prœlect. acad. in Dan., etc., p. 624).

Naguère Hilgenfeld arrivait à la même conclusion : « Je crois, dit-il, que notre livre ne se borne pas à mentionner le Messie en passant, dans ce seul passage, mais qu'il y revient ailleurs... Quand Daniel cherche l'explication de la vision qu'il a eue sur la rive de l'Eulée, quelqu'un se tient devant lui avec l'apparence d'un homme et Daniel entend une voix humaine entre les rives du fleuve. La voix engage l'ange Gabriel à expliquer la vision à Daniel, ce qu'il fait aussitôt. Il est déjà assez naturel de voir dans ce personnage à aspect humain et à voix humaine, le Fils d'homme dont il est question plug haut et qui, comme chef d'un royaume divin, doit aussi commander à un archange, etc. » (Die judische Apocalyptik, p. 47) (1).

(1) Nous empruntons ce passage à l'Histoire des idées messianiques par Maurice Vernes (p. 37) Il va sans dire que ce rationaliste, qui ne veut voir au ch. VII aucune trace du Messie, mais seulement un peuple des saints (voy. p. 607), n'est pas de l'avis .d'Hilgenfeld. Après avoir reconnu que, relativement à « la vision du chap. VII, la plupart des exégètes modernes n'ont pas hésité à reproduire la vieille méprise des interprètes juifs et chrétiens et à affirmer que Daniel avait annoncé la venue d'un Messie, » il ajoute : « Il faut que l'obsession de l'idée traditionnelle soit bien forte pour s'inscrire en faux contre les déclarations les plus précises. » — M. Hilgenfeld fait mieux ; non content de reconnaître le Messie dans Daniel, VII, 13-14, il a poussé l'habileté jusqu'à le découvrir en plusieurs autres passages du livre. » Vernes renvoie au passage que nous avons transcrit ci-dessus et il ajoute : «M. Hilgenfeld ne s'arrête pas en si beau chemin ; il retrouve encore le Messie, X, 5 et suiv., et XII, 6. 11 signale enfin la présence de Moïse et d'Elie (!!). N'insistons pas d'avantage sur cette erreur, après tout bien innocente, d'un savant dont nous avons consulté les travaux avec le plus grand profit. — M. Œhler s'est empressé de reproduire les étonnantes découvertes du professeur d'Iéna. [Messias, ouv. cité ; Herzog's Encyclop., t. IX, p. 417). » Pour constater encore jusqu'où va la perspicacité de Vernes, nous n'avons

17. Et il vint près du lieu où je me tenais' ; et lorsqu'il fut venu, je fus épouvanté1 et je tombai la face contre terre1 ; et il me dit : Comprends111, fils d'homme11, parce que cette vision est pour le temps de la fin °.

j Auprès de mon tenir debout, fl)2V juxta stare meum : à côté du lieu que j'occupais (homêd, lieu où l'on se tient). — k Je fus saisi de crainte, je fus effrayé, nibhtî ; niphal de nyg, être le effrayé ; ri avec un dages fort comprend le t\ de la racine et le n du suffixe. — lSur ma face, hal fanay. — m Fais connaître (à toimême), habën fac ut intelligas, fais que tu comprennes -, et dans ce but, fais attention à ce que je vais dire (cfr. IX, 23 ; X, 14). L'Ange avertit Daniel de faire attention, parce que la vision a surtout pour but de dévoiler des afflictions, des épreuves, des calamités, que Jéhovah, vers la fin du troisième empire, laissera subir à son peuple. — n Fils d'homme, ben 'adam, homme (cfr. Ezech., II, 1). — ° Pour le temps de la fin. L'expression VpTiyS désigne la fin d'un temps, d'une période particulière. Par lui même, qe'z signifie, tout simplement « fin, extrémité ; » et il doit être interprété d'après l'esprit général du texte prophétique. C'est ainsi que dans le ch. II, 3, d'Habacuc, qe'z ne désigne que l'accomplissement de l'événement prédit. Dans la vision de notre ch. VIII, «le temps delà fin » est expliqué par l'horizon qu'embrasse le Voyant. Or, il est facile de voir qu'elle aboutit à l'épreuve cruelle et si périlleuse, dont les conséquences tragiques devaient préoccuper les juifs, car c'était en somme l'avenir de leur nation qui serait en jeu. Le commencement de

qu'à montrer comment il réfute la prophétie des soixante-dix semaines. Il n'a qu'à souffler dessus; et elle disparaît. «Par une illusion singulière, dit-il, à l'aide de procédés violents, on a pensé pouvoir faire oboutir les soixante-dix semaines de Daniel au moment de la venue du Messie (!!!). Nous ne réfuterons pas ces bizarres imaginations» {lb., p. 31). Ainsi, il est bien établi que ce pasteur et professeur j^rotestant, qui a eu l'ingénieux projet de «laïciser la Bible, » a une pénétration si merveilleuse qu'il n'a pu découvrir le Messie dans le livre de Daniel. Pour repousser les thèses les mieux établies, on n'a qu'à prononcer les mots : « vieille méprise, obsession de l'idée traditionnelle, illusion singulière, procédés violents, bizarres imaginations. » On ne doit pas négliger non plus d'accompagner de points d'exclamation les passages qu'on désapprouve. Nous ne saurions toutefois les regarder comme suffisants pour une démonstration ou pour une réfutation.

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