CHAPITRE XI
grande multitude, et cette multitude sera placée dans ses mains8.
a Ptoléniée Philopator, prince efféminé, fut très irrité des succès du roi de Syrie. Il sortit de sa capitale ou du lieu où il faisait sa résidence habituelle; il rassembla une armée considérable (cfr. Polybe, liv. V, ch. 79-86), et cette armée fut placée dans ses mains ; elle fut sous son commandement : il se mit à la tête de ses troupes. Il s'agit là, en effet, des troupes de Philopator comme l'indique l'article [hëhamôn, la multitude dont il vient d'être parlé), et non pas : la multitude (des soldats d'Antiochus) tombera dans ses mains. Ce succès est indiqué au verset suivant.
4 2. Et la multitude sera exaltée; et son cœur s'élèvera b; et il abattra des milliers0; mais il ne se fortifiera pasd.
b La multitude sera exaltée, encouragée-, de favorables circonstances donneront de l'espoir et de l'ardeur à l'armée égyptienne et à son chef (Voy. Polybe). — c Des milliers . Philopator remporta une victoire éclatante sur Antiochus à Raphia (217 av. J.-C). Dix mille Syriens y perdirent la vie. — d // ne se fortifiera pas, il n'en sera pas plus fort pour cela. En effet, le roi d'Egypte ne sut pas profiter de sa victoire. Satisfait d'avoir repoussé les envahisseurs, Ptolémée fit la paix avec Antiochus et ne retira aucun avantage de la victoire de Raphia : il s'en retourna à ses plaisirs, à la débauche.
13. Et le roi du Nord lèvera une multitude plus grande que la première; et à une fin des temps, (après) des années^ il viendra ? avec une armée nombreuse et avec des richesses considérables h.
e Lèvera de nouveau -, littér., il reviendra et il fera tenir debout-, en d'autres termes, il mettra de nouveau (cfr. vs. 10) sur pied. Le verbe sab indique ici une réitération d'une levée de troupes. — f A une fin des temps, leqêz hahittim : des années. L'Ange explique, par ce dernier mot (sanîm), ce qu'il entend par « une fin des temps. » Cette expression signifie ici « après quelques années. » Pour prendre sa revanche, Antiochus attendit treize ou quatorze ans. A l'époque où il entreprit cette nouvelle campagne, Philo-
pator était mort (204 ans av. J.-C), et Ptolémée Epiphane, à peine âgé de cinq ans, avait été placé sur le trône. On voit, du reste, aisément que l'expression qe'z hahittîm (la fin des temps) n'a, par elle-même, aucun rapport avec les temps messianiques. Il s'agit seulement des « dernières années » du règne d'Antiochus le Grand ou de « la fin des temps, » pendant lesquels il avait cessé de troubler le royaume des Ptolemées. Nous avons vu déjà que le sens de ces expressions doit être déterminé par le contexte.— s II viendra ; littéral., « il viendra venir, » ou, comme les commentateurs traduisent : veniet veniendo. Cette expression signifie « il viendra certainement » ; ou bien « il viendra avec impétuosité. » C'est, en effet, le sens indiqué par l'emploi du futur avec son infinitif. — h Avec des richesses considérables. Antiochus revenait victorieux de la Perse, de la Bactriane et de l'Asie Mineure. Ces conquêtes lui avaient procuré d'immenses trésors. 11 vint avec « une grande force » ou avec force (S*rp)» c'est-àdire avec une armée, avec des forces respectables. Le substantif rekûs (de çftn, il a acquis, possédé) signifie sans doute ici « le nerf de la guerre. » Quelques commentateurs rattachent ce mot à rëkës (cheval, mulet) et croient qu'il s'agit de la cavalerie ou du train destiné au transport des subsistances.
4 4. Et en ces temps, plusieurs' s'élèveront contre le roi du Midi J, et des fils des traîtres de ton peuple k se soulèveront pour accomplir la prophétie l ; et ils succomberont.
» Littér. nombreux (rabbim). — j II y eut des conspirations et des troubles qui eurent lieu chez les Egyptiens au sujet de la régence, et pour enlever au jeune prince la couronne et la vie. D'un autre côté, Anfciochus se ligua avec Philippe, roi de Macédoine, pour opprimer plus facilement le roi d'Egypte. — k Des fils des traîtres, c'est-à-dire des « traîtres, » comme on dit « les fils des Grecs » pour les « Grecs. » La Vulgate : filii prevaricatorum ; Rosenmûller : filii violentorum ; Ewald et Lengerke : S'ôhne der gewaltsamen, d. i die gewaltsameten Leute (fils des violents...) ; d'autres : des apostats. Mais ce ne sont ni des violents ni des apostats : ce sont des traîtres. Il s'agit, en effet, de ceux qui avaient rompu fisns. de ynp il a brisé, rompu, détruit), de révoltés, de Juifs qui, rompant avec l'Egypte, voulurent se soumettre au joug des rois de Syrie. Ce parti est flétri par l'Ange,