‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 273 sur 318 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

tort : « la destruction dans sa main » ; la traduction de Reuss (: « la destruction est dans sa main ») est également inacceptable. D'autres ne sont pas plus fondés à dire que « le pays glorieux sera consumé par lui ». C'est ce qu'a très bien compris Rosenmùller dans le passage suivant : Quod nonnulli ita intelligunt, fore, ut Antiochi exercitus Judseam depopulentur et vastatam reddant. Sed videtur sensus potius hic esse, Antiochum prorsus exsequuturum esse quod mente conceperat, ita ut recuperatis Cœle-Sjria et Phœnicia ipsam quoque Judasem suse ditioni adjungat. Stuart remarque aussi avec raison, que cette traduction n'est pas d'accord avec les faits. On sait que le roi Antiochus III traita les Juifs avec douceur et qu'il leur accorda la liberté de vivre d'après leurs lois. Les Juifs lui avaient ouvert les portes de Jérusalem et fourni en abondance tout ce dont son année avait besoin. Ils lui avaient même prêté le secours de leurs armes pour assiéger la citadelle où était la garnison que Scopas y avait laissée. Aussi, pour récompenser les Juifs de leur conduite à son égard, Antiochus publia deux édits en leur faveur (cfr. Josèphe, Antiqq. XII, III, 3 et 4). Il faut donc donner kkalah le sens d'accomplissement ou d'achèvement (de la conquête de la Terre sainte par Antiochus III. Grotius traduit le mot kalah par perficere, finire, et il pense qu'il faudrait traduire" ainsi ce passage : « et sous lui (Antiochus), la Judée fleurira ». Calmet traduit ainsi « et elle (la terre de beauté) sera achevée par sa main ». Et il entend par là les faveurs qu'Antiochus accorda aux Juifs et un achèvement de Jérusalem qui aurait trait à des ouvrages du temple, des portiques, etc., dont il est question dans l'un des édits mentionnés par Josèphe. La Vulgate [et consumetur in manu e jus) n'indique peut-être qu'un assujétissement de la Judée au roi de Syrie. Mais cette traduction n'est pas justifiée.

'17. Et il se proposera de venir u avec la force de tout son royaume7; et il fera des accommodements1 avec lui ; et il lui donnera une jeune fille y pour qu'elle trahit z, mais (cela) ne se réalisera pas % et elle ne (sera) pas pour lui b.

u II établira sa face pour..,, il tournera sa pensée, il appliquera son esprit et ses forces à rassembler des troupes pour venir, en ennemi, avec une armée, pour entrer en campagne, pour attaquer le roi du Midi. — "Avec, dans la force (=Vpra) en force, avec

une armée nombreuse. On pourrait admettre toutefois que cette expression offre un substantif abstrait employé pour le concret (forteresses). Dans ce cas, l'Ange dirait : Il (Antiochus) se proposera d'entrer dans les forteresses de tout son royaume (du royaume de Ptolémée, de l'Egypte). Antiochus voulait étendre sa domination sur cette contrée, afin d'être plus en état de tenir tête aux Romains. La Vulgate a lu Sjbri.S au lieu de litqof, et a traduit : ut veniat ad tenendwn universum regnum ejus. Des accomodements, des droitures, des choses justes, un accord. Le texte hébreu permet de traduire : « Et les justes (seront) avec lui ». On suppose, dès lors, qu'il s'agit là des Juifs qui auraient fait partie de l'armée d'Antiochus. Mais le contexte n'offre pas ce sens ; car précisément les juifs pieux, qui avaient étudié la prophétie de Daniel, n'étaient pas disposés à rompre l'alliance avec l'Egypte et ils sont distingués des bnëy farîzêy du verset 14. Théodotion a suivi une leçon qui serait préférable. Il traduit ainsi ce passage : y.a\ suOsta râvia p.ex' aÙToû ^oi^aev (et il fera toutes choses droites avec lui). La Vulgate nous offre le même sens (et recta faciet cum eo). Ces traducteurs ont sans doute lu HU"* [yod au lieu duvav). Le texteactuel (rn"yi) et il fera), con-

sidéré comme isolé, n'offrirait pas un sens complet ; il signifierait : il fera (ce qu'il avait en vue, ce qu'il voulait). Or, précisément Antiochus, dans cette circonstance, ne fit pas ce qu'il voulait. Mais on peut joindre ce verbe avec les mots qui précèdent. Quant ausubst. D>*1U> (justes), Bertholdt, Lengerke, Maurer, Hitzig, Keil, Smith et un grand nombre d'autres critiques s'accordent à prendre ce mot dans le sens de □nu^D (du vs. 6) et à le traduire par « pacification, traité de paix ». Lengerke observant que cet adjectif n'est jamais employé comme un substantif, a cru devoir, avec Bertholdt, Dereser et De Wette, modifier le texte et transformer yesarîm en mïysarîm nW MOV nnU^D. Mais le remaniement relatif à yesarîm est fort inutile. Car cet adjectif peut très bien se prendre pour un substantif. On sait très bien que, en hébreu, comme en grec et en latin, les adjectifs sont souvent employés comme substantifs. — j Une jeune fille, littér. une fille des femmes, c'est-à-dire une jeune fille qui vit encore auprès des femmes (cfr. bouc des chèvres », pour «jeune bouc », un « fils du troupeau pour « veau », etc.). — z Pour la faire trahir, pour l'amener à trahir; littér. pour la corrompre, afin de pouvoir la corrompre. L'infinitif hiphil, lehashitah (corrumpendo eam) signifie « pour la corrompre » (de nnu inus, au kal, détruire, dévaster, perdre, tuer, corrompre, pervertir). Antio-

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