‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 274 sur 318 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

chus fiança, et cinq ans après maria sa fille Cléopâtre, avec le jeune roi d'Egypte, espérant qu'il pourrait facilement la corrompre, la gagner à sa cause par ses conseils et l'amener à trahir son mari. D'autres critiques traduisent nn»nUnb par pour la détruire (elle , faisant rapporter le suffixe ,tjt à malkûtô, la royauté, la domination de Ptolémée sur l'Egypte. Lengerke pense que, par cette alliance avec le roi d'Egypte, Antiochus se proposait d'attirer sur ce pays la colère des Romains et amener sa ruine. — a Et (cela) ne subsistera pas, ne tiendra pas debout, ne s'accomplira pas. Le féminin dans *TD7n (subsistera) est ici pour le neutre (cela). — b Et elle ne sera pas pour lui. On peut très bien admettre que la « jeune » fille, Cléopâtre, est le sujet de n>nn (elle sera). Divers critiques pensent que le féminin est encore ici pour le neutre et traduisent : et cela ne sera pas pour lui. Mais il est plus simple de voir dans le texte que « la fille des femmes ne sera pas pour lui (pour son père), mais plutôt pour son mari.

Après les succès mentionnés au verset 16, le roi de Syrie « tourna sa face » pour s'emparer de l'Egypte (cfr. Tite-Live, XXXIII, 4 9). Mais il n'exécuta pas sou projet. Les Romains s'étant déclarés tuteurs du jeune Ptolémée, prévinrent sa perte en arrêtant Antiochus. La grande puissance de ce prince offusquait le peuple roi et ils lui envoyèrent des ambassadeurs avec ordre de lui signifier : « qu'il eut à s'abstenir de toute aggression contre le royaume de leur pupille ». Piqué de voir les obstacles qu'on opposait à ses desseins, animé surtout par Annibal, contre la République, Antiochus se prépara sérieusement à la guerre, et afin de n'avoir pas sur les bras trop d'ennemis à la fois, il fit eu sorte de n'avoir rien à craindre du côté de l'Egypte, en contractant une alliance avec le jeune Ptolémée Epiphane : il comptait arriver à ses fins par la ruse. C'est ce que l'Ange nous apprend : « et il fera des accommodements avec lui », et il lui donnera sa fille ». Mais, ajoute l'Ange, il donnera ainsi sa fille « pour la corrompre », c'est à-dire : comptant l'instruire à trahir son mari. Il pensait avoir ainsi un pied en Egypte, être en état d'y faire la loi et s'en rendre maître. Mais ce projet ne réussit pas, et Cléopâtre « ne fut pas pour lui ». Cette princesse préféra, en effet, les intérêts de son mari à ceux de son père : elle-même, de concert avec Ptolémée, députa vers le sénat romain, pour le féliciter de la victoire remportée par Acilius sur sun père, aux Thermopyles (Tite-Live, lib. XXXVII, 3). Ce minage et celui de Bérénice, mentionné au vs. 0, sont les seuls

qui ont été contractés entre les familles des Séleucides et des Lagides. Nous avons vu qu'ils n'ont pas trait à ce qui est dit du mélange des semences, au ch. II, 43 (voy. pp. 716-719). Les mariages indiqués comme un signe propre et caractéristique du quatrième empire regardent l'empire romain (pp. 654-658).

18. Et il tournera son regard e vers les îlesf ; et il en prendra plusieurs s ; et un capitaine fera cesser son insulte ; bien plus, il la fera revenir sur luih.

e II tournera sa face; il portera son attention, ses forces, ses troupes vers des contrées qu'il voudra conquérir. — f Vers les îles (D>?îO). Cette expression ne désigne pas seulement des « îles », les Hébreux s'en servaient pour désigner les contrées baignées par les flots de la mer, les côtes de l'Asie Mineure, de la Grèce (qui formait de nombreux Etats maritimes), etc. L'Ange indique ici, en effet, l'expédition d'Antiochus en Grèce. — s A cette époque, outre la Grèce asiatique qui n'était qu'un pays maritime, le roi de Syrie se rendit maître de la presqu'île de la Thrace, des îles d'Eubée, de Délos, de Samos, de Rhodes, etc., dont les habitants étaient alliés aux Romains. Il eut le tort de ne pas exécuter les conseils d'Annibal, qui était d'avis de porter la guerre en Italie. Les courtisans d'Antiochus et surtout les ambassadeurs étoliens le déterminèrent à commencer son expédition par la Grèce. — h Un capitaine fera reposer (vehisbît, hiphil de sabat) son insulte sur lui : fera retomber sur Antiochus l'injure qui lui avait été faite par l'insolence des procédés du roi de Syrie contre le peuple romain et aussi, en particulier, par la conquête des « îles ». Antiochus avait parlé avec hauteur aux ambassadeurs de Rome, et il leur avait adressé des paroles blessantes (Polybe, XVIII, 34). Le capitaine qui fit cesser cette injure fut Scipion l'Asiatique. C'est lui qui vengea les outrages faits par Antiochus au peuple romain et à ses alliés. Scipion défit entièrement le roi de Syrie près de Magnésie, et le força à accepter les conditions d'une paix honteuse et onéreuse. Il dut promettre de ne plus attaquer les îles, abandonner aux Romains tous les pays situés en deçà du mont Taurus, et payer, outre un tribut annuel, tous les frais de la guerre. La honte, dont il avait recouvert les autres retomba sur lui : le général romain rendit à ce roi l'injure qu'il lui avait faite-, Antiochus fut humilié. 11 se trouva des gens qui se plaisaient à répéter ce

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