CHAPITRE XI
sets 28 et 30 de notre chapitre, où il est fait mention d'Antiochus, qui « se déclara contre la sainte Alliance, » et de « ceux qui abandonneront l'Alliance de Sainteté. » Mais ces%passages sont loin de confirmer l'assertion des critiques rationalistes, car le sens religieux de berit y est indiqué par le mot qoâes (de sainteté ou saint), Nous avons vu, d'ailleurs, que, au>ch. IX, 27, le subst. berit est pris, d'après le contexte, dans le sens religieux et théocratique (voy. p. 4 000) ; et que, dans les autres passages du livre de Daniel, lorsqu'il s'agit de l'alliance de Jéhovah avec son peuple, berit à l'article ou est associé à l'adjectif « saint. » Il faut donc reconnaître que, dans notre passage, il ne s'agit pas d'un prince de l'alliance juive, car, dans ce cas, le texte porterait nnaft, avec l'article, on indiquerait par un qualificatif qu'il s'agit de l'Alliance sainte. L'Ange a en vue un prince allié à Antiochus. Le prince de l'alliance est Ptolémée Philométor, fils de Cléopâtre. sœur d'Antiochus. C'est le sentiment que soutiennent Maldonat, Cornélius a Lapide, Calvin, Hàvernick, Maurer, Lengerke. Ce dernier a, en effet, très bien vu que « le prince d'une alliance » est Philométor, comme le prouve d'ailleurs le verset suivant (Diess bezieht sich auf das Folgende, v. 23). De son côté, Maurer dit : Princeps fœderis, qui cum copiis suis fractum iri dicitur ab Antiocho Epiphane, est Ptolemseus Philométor, filius Cléopâtre; eororis Antiochi Epiphanis. Il est vrai que l'histoire ne mentionne pas un traité spécial de ce prince avec Antiochus. Mais il y avait le traité d'alliance conclu entre la Syrie et l'Egypte par Antiochus le Grand. Ce traité subsistait encore : l'attaque des Egyptiens n'avait pour but que d'en faire exécuter une des clauses, savoir la remise de la dot de Cléopâtre. Le jeune prince Philométor était né du mariage de cette princesse et de Ptolémée Epiphane, c'est-à-dire du maringe qui avait sanctionné une alliance. Philométor peut, dès lors, très bien être désigné par l'expression « un prince d'une alliance. » D'ailleurs, une alliance du prince égyptien et du roi de Syrie est indiquée dans les premiers mots du verset suivant. Il faut reconnaître, en effet, que le verset 22 résume les événements qui 'sont décrits dans les versets 23-25, Ici, le texte nous apprend d'une manière générale que les armées de Ptolémée Philométor qui furent envoyées pour réclamer la dot de Cléopâtre, sa mère, furent repoussées par Antiochus. En particulier, nous pouvons comprendre que les armées égyptiennes, envoyées par les tuteurs de Philométor pour réclamer la Syrie et la Palestine (dot de Cléopâtre, sa mère) furent battus près de Péluse. Après cette bataille, le roi d'Egypte
conclut une alliance avec Antiochus : c'est Ptolémée Philométor qui est « le prince d'une alliance » visé par l'Ange.
Sans doute, il est très pénible pour les rationalistes de constater que l'Onias III dont ils font non seulement un « oint » quelconque, mais l'Oint par excellence, objet central du livre de Daniel (petite Pierref Fils d'homme, Veillant-Saint, Oint, Messie, Nagid, etc), ne s'y trouve mentionné nulle part. Onias III avait été destitué en 174 et sa déposition n'avait pas soulevé l'indignation des Juifs. Le souverain pontificat ne cessa pas alors d'appartenir à la famille pontificale. Jason, Ménélas et Ljsimaque étaient les frères d'Onias. Le » Juif patriote » qui aurait écrit dix ou douze ans après cette époque, n'aurait pu guère songer à faire intervenir, dans son livre, le sacrificateur Onias III. Sans doute, ce grand-prêtre, qui s'était montré'plus attaché à l'argent qu'à ses fonctions religieuses, avait pris, en avançant en âge, des sentiments plus conformes à ses devoirs de grand-prêtre. Mais on n'ignoré pas, d'ailleurs, que, à cette époque, le grand sacrificateur était un administrateur nommé par des rois païens, et pi us porté vers le temporel que vers le spirituel. L'autorité temporelle avait absorbé et annihilé l'autorité spirituelle. Onias n'avait pas été fort intéressant pendant sa vie. Il le devint lorsqu'il eût été poignardé traîtreusement par Andronic, à l'instigation de Ménélas. Les païens eux-mêmes furent indignés d'une trahison si contraire aux droits d'asile et si offensante pour le dieu de Daphné. Antiochus Epiphane ne pouvant s'empêcher de prendre en considération les plaintes des Grecs et des Juifs à ce sujet, fit mettre à mort ls meurtrier d'Onias. Il n'y a rien, dans cet événement, qui put porter un pseudo-Daniel à faire de ce pontife le héros de son livre. Que pouvait lui faire cet assassinat, inspiré par un Juif et sévèrement puni par un roi païen, au point de vue du dessein que lui prêtent les rationalistes, lorsqu'ils prétendent que, « au fort de la lutte contre l'oppression syrienne, » un Juif exulté et patriote « voulut enflammer les courages en prédisant la venue immédiate du Messie? » Onias avait été lâchement assassiné avant le commencement de la persécution antiochénne -, et les Machabées ne se soulevèrent certainement pas pour venger le meurtre d'Onias.
23. Et depuis qu'il aura fait alliance' avec lui1 il agira avec ruse ? ; il montera et il prévaudra avec peu de gens.