CHAPITRE XI
0 Et les deux d'eux (ûsenëyliêm) rois ; c'est-à-dire : eux deux. Ces deux rois sont Antiochus et Philométor alliés en apparence contre Physcon, mais cherchant à se tromper l'un l'autre. — ?Sur table une, sur une (môme) table ; — qLeur entreprise contre Phjscon ne réussit pas. On entra en négociations. Des deux côtés, on craignait la prolongation de la guerre. Les Egyptiens craignaient d'être battus de nouveau ; et Antiochus avait à redouter qu'une intervention des Romains ne le surprit avant la conclusion de la paix. Il n'ignorait pas que Physcon et Cléopâtre, sa sœur, avaient envoyé des ambassadeurs à Rome. Comprenant donc qu'il ne pourrait pas venir à bout d'Alexandrie en temps utile, il déclara que la guerre était terminée et qu'il se retirait après avoir remis sur le trône l'aîné de ses neveux. Il installa donc Philométor à Memphis et il se retira, en gardant Péluse, la clef de l'Egypte, et en conservant l'arrière-pensée d'entretenir la division entre les deux frères, de ruiner le pays par la guerre civile, et de venir plus tard s'emparer des dépouilles. — r Car encore fin (est) pour un temps (fixé — qe'z lammohed): la fin de ces luttes, de ces ruses est réservée pour un autre temps : Dieu a un 1VVO un temps fixé, déterminé.
28. Et il retournera dans son pays avec une grande richesse; et son cœur (sera) contre Pacte de sainteté1; et il agira3 ; et il retournera dans son pays.
r Alliance de sainteté. Il nes'agitpas ici du peuple de l'alliance, de la nation juive -, mais de l'institution même de l'ancienne alliance, de la théocratie judaïque, ou, en d'autres termes, de la Loi de Dieu. L'attaque d'Antiochus est ainsi représentée comme s'adressant à Dieu lui-même. L'expression Pacte ou Alliance de sainteté, est ici comme un nom propre. — s Et il agira (à sa guise). Ayant pris Jérusalem, il y fit un grand carnage et il pilla le temple (cfr. I, Mac. I, 20-29 ; II Mac. V, H -17). Quittant l'Egypte, Antiochus apprit qu'il y avait eu à Jérusalem des troubles amenés par la rivalité de Ménélas et de Jason. Furieux, d'un autre côté, de ce que les Juifs s'étaient réjouis à la fausse nouvelle de sa mort, il prit prétexte de la tentative de Jason et il vint fondre sur Jérusalem. Cette malheureuse ville fut envahie et un affreux massacre commença par l'ordre du roi. Celui-ci entra en furieux dans le temple ; il enleva l'autel d'or, le chandelier sacré, la table de proposition et de nombreux
vases sacrés. En un mot, il emporta tout ce qui avait une valeur intrinsèque, ainsi que le trésor secret. Puis, il regagna Ântioche.
29. Au temps (fixé), il envahira de nouveau* le Midi \ et (ce) ne sera pas la dernière fois comme la première \
1 II reviendra et il viendra : il envahira de nouveau FEgypte. Le verbe n^ttj) indique la répétition de l'action indiquée par le verbe qui suit (voy. ch. IX, p. 926). — u La troisième campagne d'Antiochus en Egypte, n'eut pas les résultats aussi heureux que la première. L'Ange a marqué déjà deux campagnes d'Antiochus contre l'Egypte. D'après le texte, il n'a en vue que la première qu'il compare à la troisième. Quelques commentateurs ont pensé que les deux premières ne sont comptées que pour une. Nous allons voir, au verset suivant, qu'Antiochus aurait conquis de nouveau FEgypte, s'il n'en eût été empêché par les Romains.
30. Des vaisseaux de Kittîmr viendront contre lui; et il sera découragé ; et il s'indignera de nouveau contre Pacte de sainteté x; et il s'en retournera, et il agirai ; et il aura de nouveau des intelligences2 avec les déserteurs de Pacte de sainteté.
v Le mot Kittim indique quelquefois les Cnittœi ou habitants de KiT-tov ou Citium, capitale de Chypre, et grand entrepôt des Phéniciens dans ce pays, Ce mot désigne quelquefois Pile ellemême. Mais il a signifie, dans un sens plus large, les contrées situées à l'ouest, relativement à la Phénicie et à la Judée. Il a désigné les contrées maritimes situées à l'ouest et au nord-ouest, les côtes de la Grèce, la Macédoine, l'Italie. C'est ainsi, que d'après Josèphe, « toutes les îles et une grande partie des côtes maritimes sont nommées XeSCja, par les Hébreux (Antiqq. I, 6, 4. — Cfr. Genèse, X, 4, 11.12; Nombres XXIV, 22,24; I Mach. 1,1). La traduction des LXX, retouchée et glosée vers le temps d'Antiochus, remplace n^riD Par 'Pwpxfoi et la Vulgate par Romani. Il n'y a, en eft'et, aucun doute, au sujet du peuple et de l'événement visés dans cette prophétie. Mais quelques-uns ont pensé qu'il s'agissait plus spécialement des vaisseaux romains, venant d»s côtes de la Macédoine, que les légats de ]n République h valent trouvés à L)élo=; et en Chypre, et. sur lesquels ils ein-