CHAPITRE XI
glèrent vers Alexandrie. Il s'agit ea effet de la flotte romaine qui, après la victoire de Pydna, se dirigea de la Macédoine, vers l'Egypte pour empêcher le roi de Syrie de s'emparer de ce pays. Les projets d'Antiochus relatifs aux deux Ptolémées n'avaient pas abouti. Les deux frères s'étaient réconciliés et avaient convenu de régner conjointement. Le roi de Syrie, furieux, jeta le masque, et réclama, pour sa part, l'île de Chypre avec Péluse jusqu'au Nil. Les deux frères avaient demandé les secours des Romains. Une ambassade romaine rencontra Antiochus non loin d'Alexandrie ; et Popilius Lsenas, qui en était le chef, lui présenta le décret du Sénat qui lui enjoignait de terminer la guerre immédiatement, sous peine d'être considéré comme un ennemi. Vainement le roi de Syrie répondit qu'il avait besoin de réfléchir, de consulter ses amis-, Popilius, traçant rapidement avec un bâton de vigne qu'il tenait à la main, un cercle dans le sable autour d'Antiochus, lui défendit de sortir de ce cercle avant d'avoir répondu aux injonctions du Sénat. Malgré son exaspération, le roi dut s'incliner devant cet ordre et reprendre avec son armée la route de la Syrie. Il tourna alors sa fureur contre les Juifs. — x Antiochus, forcé de se retirer et très irrité contre les Juifs, envoya un détachement commandé par Apollonius pour piller Jérusalem (voy. I. Mach., i, 30 et ss.) c Et il s'en retournera ou il s'indignera de nouveau-, litt. et il revien dra et il s'indignera. Quelques-uns croient que vesab (il reviendra) indique le retour d'Antiochus en Syrie. D'autres disent que, dans ce cas, le texte aurait porté le mot H'inS (vers son pays). Keil trouve que l'on ne peut traduire : « il s'indignera de nouveau », parce qu'il n'a pas été question d'une indignation antérieure. Mais il oublie qu'une première démonstration d'Antiochus contre Pacte de sainteté ou contre la religion juive, avait déjà eu lieu et qu'il en est fait mention au verset 28. — y Et il agira, sous-ent. à sa guise, il exécutera sa volonté. — » 7/ aura de nouveau des intelligences -, litt. et il reviendra et il comprendra ; en d'autres termes, il fera de nouveau attention, il portera de nouveau son attention sur ceux qui ont abandonné Pacte de sainteté, sur ceux qui ont abandonné la Loi sainte, la Loi de Dieu. Antiochus continua à entretenir des intelligences avec eux, et il s'en servit. Le verbe wj il a considéré, il a fait attention, construit avec la préposition Sy (sur) accompagnée du nom de la personne ou de la chose, signifie : faire attention à la personne ou à la chose, lui donner ses soins. Tel est le sens de l'hébreu. Mais la Vulgate a traduit Vr par adverswn ( contre]
et on a pensé qu'il s'agissait de quelques apostats, Jason, Ménélas qui servirent les desseins d'Antiochus. Mais le texte dit généralement que le roi de Syrie renouera des relations avec ses transfuges de la Loi de Dieu, avec les apostats de la religion juive (vs. 28, 32, 33 ; et 1 Mach. 1, 2 et ss.). Ces apostats constituaient le parti hellénistique qui secondait le roi dans ses projets de dénationaliser les Juifs, en leur ôtant leur culte, leurs institutions et leurs mœurs.
31. Et des forces3 (provenant) de lui se tiendront debout; et elles profaneront le sanctuaire, la forteresse b; et ils aboliront le (sacrifice) perpétuel6; et ils placeront l'abomination du dévastateur d.
a Litt. Des bras, une partie des troupes venues d'Egvpte. Antiochus détacha de son armée une troupe de 22,000 hommes, qu'il envoya à Jérusalem. Cette garnison occupa le sanctuaire (1 Mach., 1, 35, 36). — b Le Temple, la Forteresse, hammiqdas hammahéz; c'est-à-dire l'enceinte du temple qui avait été fortifié (4 Mach., IV, 60). Le Temple avait été jadis considéré comme une forteresse, parce qu'il était la résidence du Dieu fort, qui est quelquefois nommé Tl^a ou Forteresse (Ps. XXX, 5 ; Is. XXV, k, etc.). Les soldats d'Antiochus profanèrent d'abord le temple en y versant le sang (1 Mach., I, 39, 50). — c Le Perpétuel. Ce passage doit être conféré avec ch. VIII, II, 12 ; 24, 25 (voy. pp. 803 et 840). — d L'abomination du dévastateur, siqqûz mesomem (pour le sens de cette expression, voy. p. 809). La Vulgate : abominationem in desolationem (l'abomination pour la désolation); Théodotion : 6olXuy(i.a 7]cpavta(jiévov (abomination désolée) ; LXX, 6BéXuy|i.a 'sprjfjLwaewç (abomination de la désolation). Cahen : l'horreur abominable. Cette expression offre le mot siqqûz, dont nous avons indiqué le sens au ch. IX, 27 (p. 1015). Mais, dans ce dernier passage, le pluriel siqqiizîm désigne des « idoles-abominations, » et sert à préciser le sens de rnp (aile). Le mot mesomem (dévastateur) désigne ici Antiochus, qui introduisit ses abominations idolâtriques dans le temple. On suppose que ce roi y fit placer une statue de Jupiter Olympien. Le second livre des Machabées dit, il est vrai, qu'il donna au temple de Jéhovah le nom de Jupiter Olympien. On sait, d'ailleurs (I Mach., 1, 55, II Mach., VI, 2), qu'il ne s'agit pas de la statue de ce dieu, mais d'un autel