‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 287 sur 318 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

che de dire — ce qu'il regarde d'ailleurs lui-même comme pouvant être dit — « que Fauteur revient aux guerres d'Antiochus contre l'Egypte. » Il n'y a qu'à lire les versets 40-43, pour voir que l'Ange rassemble les principaux traits de l'histoire d'Antiochus, afin d'aboutir à la catastrophe que les versets 44-45 mettent sous nos yeux.

Nous n'aurons donc pas à en dire bien long pour réfuter les conclusions que Kuenen s'efforce d echafauder sur ces passages. Après avoir reconnu l'exactitude de la description qui précède, il s'exprime ainsi : « Cet accord entre l'histoire et la prédiction cesse d'exister pour les vss. 40-46, en ce qui concerne la mort d'Antiochus, qui n'a pas eu lieu en Palestine, comme l'auteur semble s'y attendre ( — l'auteur dit le contraire i — voy. vs. 45), mais en Perse. Cette erreur est d'autant plus remarquable, que VIII : 25 nous en a révélé une autre et précisément au sujet du même événement » (Hist. crit., p. 533). Nous verrons que l'auteur ne s'est pas plus trompé ici qu'à l'endroit cité du ch. VIII (le tyran a, en effet, été réduit en poudre, sans que la main des hommes s'en soit mêlée). Au vs. 44, da prophétie nous montre, en effet, le roi du Nord (Antiochus) attaqué vers le nord et vers l'est, et allant dans ces contrées où il trouva la mort (vs. 45). Mais Kuenen qui veut, à toute force, faire mourir son pseudo- Daniel avant la catastrophe finale du^roi de Syrie, s'accroche, comme un désespéré, à une branche pourrie, qui ne l'empêche pas de se noyer. Après avoir reconnu que « les autres exégètes jugent que les vss. 40-45 ne font que résumer ce qui a été dit précédemment, et que, par conséquent, nous sommes reportés à la même date qu'au vs. 30, » il lui plaît de s'en tenir à une opinion que nous avons déjà renversée. « M. Herzfeld, dit-il, et cette observation lui appartient en propre, remarque que le fait d'un semblable résumé est, en soi, très invraisemblable ; que la description donnée aux vss. 40-45 ne concorde avec aucune des expéditions d'Egypte à nous connues ; surtout que l'auteur, au vs. 40, déclare expressément parler du temps de la fin, dans le même sens qu'il dit au vs. 45 à propos d'Antiochus Epiphane qu'il arrive à sa fin. Nous avons donc ici une prédiction — non justifiée par l'histoire — de la mort d'Antiochus Epiphane et des événements qui devaient immédiatement précéder cette mort. » Il n'est cependant pas difficile de voir jque les assertions d'Herzfeld ne prouvent pas grand'chose. « Le fait, dit-il, d'un semblable résumé est invraisemblable. » Or, il n'y a qu'à ouvrir les yeux pour voir qu'il est, non-seulement vraisemblable, mais vrai

et réel. Peut-être aux yeux d'Herzfeld, ce qui motiverait l'épithète d'invraisemblable, serait que, comme il se hâte de le dire, « la description ne concorde pas avec aucune des expéditions d'Egypte à nous connues. » Mais il y a cependant, entre la description et son résumé, un parallélisme qu'il est impossible de méconnaître. Aux versets 22-29, nous trouvons la description des campagnes d'Antiochus en Egypte, et ces campagnes sont résumées aux versets 39-40. Les versets 30-36 mentionnent les agissements d'Antiochus à Jérusalem ; et le verset 41 nous le montre ravageant le pays de la Gloire. Les versets 42-43 représentent le roi de Syrie comme ayant fait des razzias en Egypte et nous y apprenons ainsi que les richesses d'Antiochus, ou, en d'autres termes, le summum de la prospérité, ne l'empêchèrent pas d'arriver à « la fin » indiquée dans les deux versets qui suivent. Enfin, il n'est pas vrai que, « au verset 40, l'auteur parle du temps de la fin, comme il dit au vs. 45 qu'Antiochus arrive à sa fin. » Au verset 40, l'expression « au temps de la fin » indique la période qui clôt la vision (voy. p. 1418), et au vs. 45, il est dit que le tyran « va à sa fin ». Il n'est donc pas vrai que ces deux expressions aient le même sens. Les prémisses mentionnées par Herzfeld s'évanouissant, le professeur de Leyde ne saurait, dès lors, en conclure que « nous avons ici une prédiction — non justifiée par l'histoire — de la mort d'Antiochus Epiphane, et des événements qui devaient immédiatement précéder cette mort. » Le verset 45 nous renseignera exactement au sujet de cette mort et sur l'expédition d'Antiochus en Perse. Cette expédition comprend « les événements qui précédèrent immédiatement » la fia de ce triste personnage. L'auteur du livre de Daniel ne s'est pas trompé le moins du monde sur ces événements. Kuenen a donc vainement tenté de bâtir, sur cette erreur prétendue du prophète, son roman relatif à la mort d'un pseudo-Daniel qui aurait précédé de deux ans environ celle d'Antiochus. C'était là une conclusion empreinte d'un optimisme bien mal fondé : le texte fait disparaître ces espérances du critique rationaliste.

h Donnera de la corne, itnaggah (hithpael, de rtJJ, pousser, frapper avec les cornes -, combattre) ; il se heurtera contre lui, il le frappera comme font les bœufs ou les béliers avec leurs cornes. — i II viendra comme une tempête, istahër (hithpael, de i!?UJ. il s'est mis en mouvement ou s'est précipité comme une tempête, comme un tourbillon, comme un ouragan. D'un autre côté, iynt;> peut se rapporter à yjiv (cheveu, chevelure, poil) et signifier : « et il se prendra aux cheveux » (avec lui). Mais la Vulgate a très bien

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