CHAPITRE XI
gioni nostrse? Dans son commentaire, saint Ephrem ne s'occupe, à cet égard, que d'Antiochus ; et il est très vrai que le sens littéral s'applique bien certainement à ce roi. Mais, après avoir admis le sens historique que nous offrent les versets 21-45, il faut reconnaître qu'il y a des traits qui s'appliquent à ce monstre dans un sens typique. Sous ce rapport, l'opinion commune, qui voit, d'une façon générale, un rapport de cette histoire avec celle de l'Antéchrist, est vraie. Ainsi, le verset 36 offre un portrait de l'être satanique de la fin des temps. Mais il n'est pas nécessaire d'expliquer les versets 21-45 d'Antiochus et de l'Antéchrist. Ainsi, Cornélius a Lapide expose deux sens en rapportant le littéral à Antiochus et le typique à l'Antéchrist. Il est cependant évident qu'il y a dans le texte des traits qui ne conviendront pas à ce dernier : il ne sera pas un roi provenant d'une des quatre monarchies grecques ; il n'est pas dit de lui qu'il fera la guerre avec l'Egypte, qu'il pillera Jérusalem et ira mourir en Perse.
4o Selon d'autres interprètes, du verset 21 au verset 26, il s'agirait d'Antiochus, et, dans le reste, de l'Antéchrist. D'après d'autres commentateurs, au verset 36, le prophète passe d'Antiochus à l'Antéchrist. Saint Jérôme nous apprend que les Juifs de son temps partageaient cette dernière opinion et qu'il l'avait luimôme adoptée. Ab hoc loco Judœi dici de Antichristo putant... quod quidem et nos de Antichristo intelligimus. II y a, en effet, dans ce verset, des traits qui appartiennent à ces deux ennemis de Dieu. Mais ce rapprochement ne suffit pas pour autoriser les exégètes qui ont cru que, dans 'toute cette En du chapitre (vss. 36-45), il s'agit directement et exclusivement de l'Antéchrist. Beaucoup de commentateurs chrétiens ont adopté ce sentiment ; mais il n'est pas moins vrai que nous trouvons, ici et dans les versets suivants, jusqu'au verset 45, une description de la conduite impie et blasphématoire d'Antiochus ; de ses guerres, de ses menées artificieuses, de la période prospère de ses desseins, pour un temps ; de son châtiment enfin et de sa mort. Antiochus figure l'Antéchrist ; mais il ne faut pas conclure de là que toute la fin de ce XIe chapitre ne se rapporte directement et exclusivement qu'à l'Antéchrist. Il faut reconnaître que toute cette fin se rapporte à Antiochus. Aussi, Maldonat dit-il fort sagement : Non nego hoc ipsum de Antichristo dici posseJ tantum nolim nos in Scripturarum interpretatione et in divinatione rerum futurarum nimium esse liberos.
5° D'autres supposent que le passage se fait jour au verset 40.
Un écrivain protestant, A. Bost, s'exprime ainsi à ce sujet : « Quant à la derière partie du chapitre, verset 40-45, les opinions des intrerprètes diffèrent. Les uns rapportent ces versets, comme le précédent, à Antiochus Epipliane ; les autres regardent les mots : « au temps déterminé « du verset 40, comme indiquant une époque très éloignée, et ils rapportent ces versets à Mahomet ou à l'Antéchrist. Il est évident que dans la dernière partie de ce chapitre il y a une transition brusque de l'histoire ancienne à l'histoire prophétique , et d'Antiochus Epiphane à l'Antiochus mystique annoncé par plusieurs prophètes. Mais à quel verset le passage d'un sujet à l'autre commence-t-il ? Les commentateurs sont loin d'être d'accord. Les Machabées semblent clairement désignés à la fin du verset 32, de sorte que, d'après quelques-uns (Guers), la prophétie des derniers temps ne commencerait qu'au verset 33. Mais notre Seigneur semble faire une allusion très directe au verset 31 (Matth. XXIV, 4 5), et le considérer comme appartenant aux temps futurs ; le fil historique se briserait donc d'après ce passage entre les versets 30 et 31. Selon d'autres, enfin, la transition serait marquée au verset 36. Il est difficile de prononcer d'une manière absolue; il y a là comme deux tableaux qui se fondent l'un dans l'autre, ou, si l'on veut encore, le passage gradué d'une couleur à une autre, qui ne permet pas de déterminer bien exactement où l'une finit et où l'autre commence; il y a de la marge pour les appréciations individuelles, et plusieurs des versets intermédiaires peuvent parfaitement se rapporter à l'une et à l'autre époque : c'est dans ce sens que les faits annoncés au verset 31, bien qu'ayant eu lieu sous Antiochus, peuvent être décrits par Jésus-Christ comme étant encore à venir » (L'époque des Machabées, 4 862, p. 162, 163).
Nous ne saurions partager ces opinions. L'expression « au temps déterminé » (vs. 40) n'indique pas un temps éloigné (voy. plus haut). Il n'y a, dans aucun des versets 21-45, « une transition brusque de l'histoire d'Antiochus à celle de l'Antéchrist. Les Machabées sont indiqués au verset 32 , et il n'est pas vrai que notre Seigneur ait fait allusion au verset 31. C'est le verset 27, bien traduit, du ch. IX, que Jésus-Christ signalait à ses apôtres comme étant encore à venir (voy. p. 1019 et ss.). La transition que l'on cherche se trouve à la fin du chapitre, après le renversement et la mort du tyran. L'Ange passe alors du type à l'antitype et rompt ainsi » le fil historique ».
Interprétations bizarres de ce XIe chapitre. — On sait qu'il