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CHAPITRE XII

d'Antiochus. D'ailleurs, pour savoir si la période visée par l'Ange, au ch. XII, doit venir immédiatement après la mort d'Antiochus ou dans une période qui n'est pas déterminée, il suffirait encore de recourir aux prophéties du ch. II (vss. 44-45) et du ch. VII (vss. 26-27). On y voit que le royaume ou le règne messianique vient dans le temps du quatrième empire. Du temps d'Antiochus ce règne n'est pas encore arrivé : on n'en est encore qu'à la troisième monarchie. Aux ch. VIII et XI, Antiochus survient dans le troisième empire. La visionne ces deux chapitres est donc limitée dans les bornes de l'empire grec; tandis que la vision du ch. VII va jusqu'à la quatrième monarchie, qui devait succéder à celle des Grecs. On ne peut confondre la petite corne séleucide avec la petite corne anti-messianique. Toutes les tentatives faites pour détourner les prophéties , relatives au quatrième empire, à des événements arrivés au temps des Machabées, ont échoué. L'auteur s'est bien gardé de faire apparaître à cette époque le Messie, qui aurait remporté la victoire. Nous avons vu (p. 840- 844 ; et Introd., p. 261-274) qu'il n'est pas vrai que Daniel ait annoncé le règne du Messie et la fin du monde comme devant arriver aussitôt après le règne d'Antiochus. Le chap. VIII se termine à la mort de ce roi et il n'y est fait aucune mention de l'avènement du Messie. Ce silence paraîtra inexplicable, s'il fallait admettre que, d'après l'auteur, l'avènement du Messie devait suivre immédiatement cette mort. D'autant plus que les Juifs de l'époque des Machabées n'auraient pas manqué de comprendre ainsi la prophétie, si elle avait pu s'interpréter dans ce sens. Ils auraient pensé que le siècle messianique allait commencer. Or, on sait très bien que, à cette époque, les Juifs n'ont pas nourri l'espérance de la venue immédiate du Prophète ou du Messie. Le temps de la fin de la vision relative au troisième empire n'est donc pas mis en connexion immédiate avec le commencement du troisième. Keil observe, en effet, très bien (vs. 20) — comme nous venons de le faire — que cette conclusion erronée, d'après laquelle le règne du Messie serait placé immédiatement après le règnie d'Antiochus, est repoussée suffisamment par les ch. II et VII, desquels il résulte que le quatrième empire doit précéder l'établissement du royaume éternel de Dieu et la manifestation du Fils de l'homme; et aussi par le ch. IX, 24-27. Dans ce dernier chapitre, l'avènement du Messie ne doit avoir lieu qu'après un laps de temps qui dépasse de 4 59 ans l'époque de la mort d'Antiochus. Remarquons enfin — nous ne saurions trop le répéter — que le ch. VIII n'offre aucune allusion

à la période messianique et qu'il se termine sans qu'il soit fait aucune prédiction relative à l'avènement du règne du Messie. Les rationalistes ne sont donc pas fondés à conclure de ces rapprochements qu'Antiochus devait être « le dernier roi de l'histoire et que, après lui, serait inauguré le royaume des saints. » Reuss peut se dispenser d'attaquer « la perspective du prophète; » ce critique n'a jamais prouvé que Daniel se fait des victoires remportées sur Antiochus, « les perspectives les plus fantastiques. » Nous avons déjà répondu à toutes ces suppositions d'une exégèse romanesque (voy. Introd., pp. 261-274). Dès lors, la base sur laquelle repose la pseudo-légende du non accomplissement des prophéties, relatives à une royauté messianique, apparaissant aussitôt après la mort d'Antiochus, s'évanouit dans les brouillards où elle s'est produite. Les événements de la fin du monde n'étaient pas annoncés comme devant survenir à cette époque. Quelquesunes des prophéties de Daniel se sont accomplies dans la période qui va de la captivité à la destruction de la nationalité juive parles Romains (ch.-VII, IX). D'autres prophéties qui s'arrêtent au moment où l'Antéchrist paraîtra,, se réaliseront dans un avenir plus lointain, à la fin des siècles. Les rationalistes ne supposent qu'elles ne se sont pas accomplies, au moment qu'ils leur assignent, que parce qu'ils ne tiennent pas compte de la perspective indiquée dans les tableaux des événements.

Au chap. VII, Daniel a suffisamment développé ce qui concerne le quatrième empire et, au point de vue eschatologique, il a montré l'Antéchrist surgissant entre les dix cornes qui forment, dans la série des siècles , le prolongement de l'empire romain (voy. p. 658 et ss.j. Le prophète a même crayonné, dans le portrait d'Antiochus, au chapitre VIII, 4 0-12, 24, 25-, et XI, 36, quelques traits qui se trouveront dans celui de l'Antéchrist. Le premier servira de type au second. Aussi nos saints Livres rattachent-ils mystérieusement le nom d'Antiochus à une épouvantable période à venir de l'histoire de l'Eglise. Nous ne devons pas oublier, en effet, que le livre de Daniel a été inspiré en vue de deux périodes de persécutions, dont l'une est calquée sur l'autre. Un drame de terreur menaçait la nation juive d'une destruction complète ; et, d'un autre côté, une tyrannie terrible sera le fait dominant de la petite corne au milieu des dix cornes. Ces deux tableaux sont mentalement reliés entre eux par ce point de contact qu'ils offrent des catastrophes épouvantables. Mais la connexion typique des deux périodes de tribulations ne demande pas que nous regardions ces deux périodes

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