‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 3 sur 318 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

livre, ait été écrit après coup : ils y voient un motif pour nier l'authenticité du livre ; ils ne sortent pas du cercle vicieux que leur impose leur système. Il n'en est pas moins vrai que, comme les chapitres qui précèdent, le ch. VIII a été écrit par Daniel, qui atteste lui-même qu'il en est l'auteur (Vs. 4), C'est uniquement d'après leurs préjugés que Bertholdt, Bleek, Hitzig, Lehgerke, etc., prétendent que ce chapitre fut écrit peu de temps après , soit avant la purification du temple ou immédiatement après, soit avant ou immédiatement après, la mort d'Antiochus. Ces tâtonnements et ces contradictions prouvent que ces critiques n'ont rien de bien sérieux pour motiver leur hypothèse. Ils se fondent tout naturellement sur l'a priori rationaliste, c'est-à-dire sur l'impossibilité où aurait été Daniel de parler des 2,200 soirs-matins (vs. 4 4). C'est une négation gratuite de la possibilité d'une révélation divine. Nous devons faire remarquer aussi que l'hypothèse des rationalistes est en contradiction avec le silence que l'auteur garde au sujet de la généreuse insurrection des Machabées ; il n'y a rien dans tout le chapitre qui encourage à la révolte -, et les textes ne suggèrent aucune allusion aux luttes ou aux victoires des Machabées, qui précédèrent la reconsécration du Temple et qui la rendirent possible. Enfin, le chapitre se termine brusquement, sans aucune mention du règne du Messie ; c'est-à-dire contrairement à ce que, au point de vue rationaliste, on aurait dû attendre d'un chapitre parénétique, composé par un Juifmachabéen. Un pseudo-Daniel aurait, en effet, donné à cette vision un caractère messianique. Le vrai Daniel ne l'a pas fait : il se contente de couper court à l'histoire d'Antiochus, en disant que Dieu le châtiera.

Retour à la langue hébraïque. — Depuis le ch. II, 4, jusqu'au ch. VII inclusivement, Daniel s'est servi de la langue araméenne qui était, de son temps, la langue de la cour et du peuple de la Babylonie (Voy. p. 18, 4 23 et ss.). A partir du ch. VIII, Daniel revient à l'hébreu dont il avait fait usage au début de son livre. Lengerke en donne pour raison que la monarchie chaldéenne avait cessé d'exister. Nous avons indiqué suffisamment les motifs qui ont porté Daniel à écrire les chapitres qui traitent des choses chaldéennes en araméen et nous avons vu aussi que les ch. II, 4 et VII contiennent des prophéties qui concernaient les païens de la Mésopotamie et des pays syriens où régnait l'idiome araméen (Voy. Introd., pp. 64-70). Les prophéties qui suivent sont écrites en hébreu parce qu'elles

traitent de choses qui ont surtout du rapport avec le peuple de Dieu. Les prédictions des ch. VIII, X et XI se rattachent à l'histoire d'Israël, en tant que ce peuple est en contact avec les deux empires des Perses et des Grecs. Le ch. IX nous révèle plus plus particulièrement la prophétie messianique et les rapports des Juifs avec le quatrième empire. Les événements de la parousie et du règne glorieux du Messie sont indiqués au ch. XII, couronnement du livre.

1. La troisième année3 du règne du roi Balthasar, une yisionb apparut à moi — moic Daniel, — après celle quid m'était apparue au commencement6.

a Dans l'année des trois, c'est-à-dire la troisième (Voj. ch. I, \). C'est dans le cours de la troisième année du règne de ce prince. Théodoret remarque que la désignation du temps n'est pas faite sans motif : elle indique que Dieu, auteur de toutes choses, avait révélé à Daniel les événements, dont il s'agit, avant qu'ils se soient produits dans le monde. — t>Le mot hazon signifie ici la chose, l'objet que Dieu fait voir surnaturellement en esprit ou par les yeux du corps. Cette apparition eut lieu pendant que Daniel était à l'état de veille : ce qu'il dit, versets 17, \H, indique, en effet, comme l'observe Rosenmûller, un homme éveillé : Quod Daniel .. se deliquium passum et Angeli contactu erectum dicit, vigilanti magis quam dormienti convenit. Remarquons aussi que Daniel ne dit pas, comme il le dit ailleurs (VII, 1 , 2)., en songe, dans son lit, pendant la nuit (Cfr. IV, 2, 7). — cC'est à-dire à moi. En effet, 'anî (^N, moi), s'explique ici par un datif, c'est-à-dire par le cas indiqué par le pronom précédent' dont il est une répétition. Le prophète met son nom en tête de son récit prophétique. Ewald trouve là un indice qui prouverait que l'auteur du livre tient à se faire passer pour Daniel. Si ce prophète n'avait pas mis son nom, Ewald aurait prétendu que cette absence du nom de l'auteur prouvait l'inauthenticité du livre. Cette répétition du pronom, qui n'est pas un pléonasme, indique seulement que Daniel continu de parler de lui-même à la première personne. — d Après celle qui m'était apparue. Le mot HiOSn es* un participe masculin se rapportant au susbt. hazon (vision) ou un prétérit niphal de nN"l (videndum se prsebuit, apparuit). Le ,-j, avec dages fort, est ici un pronom (pour yaser) quia le sens de « qui » ou de « ce qui » (la vision qui apparut). — eAu commencement (du règne de Balthasar (ch. VII, ï) ou tout

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