‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 4 sur 318 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

simplement d'abord, précédemment, bathillah, synonyme de 6arfsonah. Daniel rattache ainsi cette seconde vision à la précédente, à celle qu'il avait eu la première année du règne de ce même roi. C'est une réponse adressée d'avance à Bertholdt qui prétend que les ch. VII et VIII sont dus à des auteurs différents. La conclusion naturelle de ce qui est dit ici est que le même auteur a eu les deux visions.

Epoque de cett« vision. — La troisième année de Balthasar est la troisième à dater de son avènement au trône. Ce fut dans le courant de cette année, en 559 (voy. Introd.,^. 303), que Balthasar fut assassiné. La vision eut donc lieu vingt-un ans avant que le bélier aux deux cornes (le roi ou le gouvernement des Mèdes et des Perses) vint renverser l'empire chaldéen, c'està-dire 229 ans ava*nt que le bouc (le roi de Javan, le règne des Grecs) vint détruire à son tour l'empire des Modes et des Perses. Dans la même année, Darius-Nériglissor, beau-frère de Balthasar, monta sur le trône et entreprit de contrecarrer les vues ambitieuses de Cyrus sur la Susiane.

2. Et je vis en visionf — et je voyais g, et j'étais à Suseh, la forteresse1' qui est dans la province d'ElamJ — ; et je vis dans cette vision k ; et j'étais près de la rivière Ulaï1.

f J'eus une vision surnaturelle, une extase, une vision prophétique. Cette expression n'indique pas que Daniel ne fut à Suse qu'en vision h 7iveu(u.axi et non pas h atàjjtaTi. — § Et fut dans voir moi. Par ces paroles, Daniel ouvre une parenthèse, qu'il termine au mot Elam. Ce passage ne dit pas formellement que le Voyant fut à Suse corporellement : il vit en vision, et il était à Suse. — M Suse. Les LXX et Théodotion traduisent : h Souaotç, et saint Jérôme : in Susis; les Grecs disaient au nominatif xi 2ouaa (les Suses, indiquant la ville haute et la ville basse, la ville ancienne et la ville nouvelle ; ou divers quartiers qui formaient plusieurs villes ; Benjamin de Tudèle qui aurait visité ce pays en 1173, partage la ville de sus «en deux quartiers reliés par un pont »). On a dit que Suse devait son nom aux « lis » que l'on trouvait en abondance dans les environs (Cfr. Athén., Deipnos XII, p. 409; Etienne de Byz., etc.). Il est vrai que, en hébreu , sôsan, WYO signifie « lis » et que, en grec moderne, le mot coïïaov a le même sens. Mais on a songé, depuis peu à l'assyrien susi (chevaux.

— G. Smith, Hist. of Assurbanipal, p. 232, 233) des inscriptions cunéiformes (cfr. hébreu sous D1D» cheval) ; de sorte que la « ville des lis » deviendrait la « ville des chevaux. » Nous ne disons rien de Tétymologie qui a été proposée pour rattacher le nom de Suse au pehlvi schus (agréable). On pourrait, avec tout autant de raison, recourir aux mots français « chose » ou « chous » (jadis pluriel de chou) ou au latin susum (en haut) : ce nom exprimerait ainsi une abondance de choux qui croissaient aux alentours de Suse ou la situation élevée de cette ville. Il nous paraît plus probable que ce nom se rattacherait plutôt au susien ou langue (cuschite, touranienne) des inscriptions de Suse, et qu'il a pu être modifié par les Elamites et les Assyriens qui ont voulu le rendre significatif dans leur langue. — [ Forteresse, habbîrah (m^n • le mot m* 3, signifie châtea,u-fort , citadelle). On a remarqué que le mot araméen semblait être apparenté au persan barou (retranchement, rempart, palissade, lieu fortifié). C'est, en effet, la même racine que nous offre le celtique bar et qui, comme nous Pavons montré ailleurs (Noms locaux tudesques, p. 209, 2 4 0), signifiait « retranchement, palissade. » Saint Jérôme a compris le sens général en traduisant ainsi : Quum essem Susis in Castro. Le château fortifié ou le camp retranché fut sans doute le noyau qui donna naissance à la ville Ce fut aussi ce bâtiment qui devint l'habitation ou le palais du roi, du gouverneur. De la sorte le mot araméen prit aussi le sens de «maison vaste , palais » (Cfr. le grec 6àptç poél. maison fortifiée, grande maison, palais). Dans ses Antiquités juives (liv. X, ch. XI), Josèphe dit que Daniel avait bâti à Suse (c'est ainsi que portait le manuscrit de saint Jérôme, qui a cité ce passage, et non pas à Ecbatane, comme portent les imprimés), en forme de château, un édifice célèbre, qui existait encore de son temps et qui servait de lieu de sépulture aux rois des Perses et des Parthes Josèphe ajoute que, de son temps, la garde en était encore confiée à un juif, et il désigne ce monument par le nom de Baris, qui paraît correspondre au mot employé par Daniel. Reuss traduit ainsi le commencement de notre verset : « Dans cette vision, je me trouvais dans la résidence royale de Sous'an.» Il est vrai que Suse avait été la résidence royale des rois cuschites et elamites ; elle fut sans doute aussi une résidence des rois chaldéens sous Nabuchodonosor et sous Balthasar. Mais Daniel se contente de la présenter comme une ville importante de la province. Elle n'était pas autre chose à cette époque. — Dans la province d'Elam. Les Susiens primitifs paraissent avoir

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