CHAPITRE VIII
proxime prsecedente {Thés., p. 1529). Il admet, toutefois, luimême que qe'z signifie quelquefois simplement : eventus vaticinii ; et il cite à ce sujet : Habacuc, II, 3. Mais ne tenant pas compte de cette rectification et en s'en tenant au premier sens indiqué par Gesenius, beaucoup de rationalistes admettent en aveugles que « le temps de la fin d'une vision qui ne dit pas un mot de la venue du Messie, signifierait « le temps du Messie, » et, par un rapprochement qui hante le cerveau de ces critiques, « la fin du monde. » Ils n'ont jamais essayé de montrer que le mot qe'z désigne ici la fin des temps anté-messianiques, mais il ne leur en coûte rien de se lancer dans des hypothèses de fantaisie : c'est leur métier. Maurer se contente d'y voir le temps qui précédera la venue du Messie (explication qui n'est pas fournie par le texte) : Nam ultimum tempus spectat hœc Visio, i. e. proximum quod Messise adventum prœcedit tempus maxime calamitosum... i. e. tempus Antiochi Epiphanis. Lengerke trouve aussi tout simple de dire que « qez, comme II, 35, XII, 4, est le temps précédant prochainement la venue du Messie» Vp... ist die der Ankunft des Messias zunachst vorhergehende Zeit...). Hitzig n'éprouve non plus aucun scrupule à soutenir que « le temps » visé par l'auteur n'est pas seulement la fin de l'indignation, verset 19, mais aussi la fin des temps» (Seine Zeit ist nicht nur das Ende des Zornes... sondern auch D»ç*n nHn.N). Il ajoute : « Avec ce temps finit l'histoire du monde » (Mitihr lauft die Weltgeschichte ab). Hitzig continue à prétendre que «immédiatement après ce temps» (ummittelbar nach ihr) commence l'entrée du « royaume des cieux, » qui « exclut pour toujours toutes les révolutions et variations de l'ordre des choses » (allen Wechsel und aile Verànderung der Zustânde), « tout développement temporel» (jede zeitliche Entwickelung).
Il n'en est pas moins vrai que tout cela n'a aucun fondement dans le texte. Il ne ressort aucunement de celui-ci que « le temps de la fin » de la vision du ch. VIII sera suivi «immédiatement. » de la venue du Messie. Il en est de l'expression « temps de la fin, » comme des locutions « fin des jours, postériorité des jours » : elles doivent être expliquées par le contexte. Le ch. VIII ne dit rien qui se rapporte à la venue du règne messianique. Il résulte d'ailleurs de ce chapitre, mis en rapport avec les textes parrallèles des ch. II et VII que la petite corne appartient au troisième empire, c'est-à-dire à une époque où le quatrième n'était pas encore devenu un empire universel. Il ne peut donc être question ici de la fin des temps. On ne doit pas
oublier non plus que le règne messianique devait durer sur la terre pendant un temps dont le terme n'est pas connu. Ces observations sont plus que suffisantes pour voir ce qu'il faut penser de la traduction de Cahen. Ce rabbin qui ne voit le texte qu'à travers des lunettes allemandes, s'exprime ainsi : « Car la vision est pour un temps qui est la fin. »
Du reste, ce verset 17, si facile à comprendre, quand on s'en tient à la lettre, a donné lieu à d'autres traductions qui ne nous permettent guère d'en pénétrer le sens. Rosenmûller nous en donne cette version : Quoniam ad tempus finis spectat hœc visio ; quelques rabbins : « Après le temps de la fin de beaucoup de jours, c'est-à-dire après un temps long. » La. Vulgate y voit que « cette vision s'accomplira au temps de la fin. » (Quoniam in tempore finis complebitur visio). D'après quelques commentateurs, nous apprenons dans ce passage que la vision s'accomplira au temps que le Seigneur a marqué, dans le temps fixé pour son accomplissement. Ces réflexions sont vraies, mais elles ne sont pas dans le texte. D'autres traducteurs arrivent au même résultat en prenant le second substantif pour l'adjectif « fini, » et ils supposent que le temps est : «Au temps fini, c'est-à-dire fixé par Dieu, la vision aura son accomplissement. »
18, Et comme il me parlait encore, je m'évanouis p sur la face, à terre. Alors il me toucha i et m'ayant fait tenir debout à ma place1,
V Je m'évanouis. A proprement parler, nirdamtî signifie, je m'endormis (niphal de qti sommo sopitus fuit). Ce verbe a le sens de « ronfler, » et, par suite, de « dormir profondément. » Mais il signifie aussi « être dans un état d'étourdissement. » Daniel éprouva un évanouissement ; il fut sans connaissance, et comme cet état a des analogies avec le sommeil et qu'il offre le caractère d'une espèce d'assoupissement, on l'a désigné par le mot tardêmah (assoupissement). Ce n'est cependant pas une raison pour traduire ainsi ce passage : « Je tombai profondément endormi » (Cahen) ; Soporatus sum (Rosenmûller). La Vulgate n'a pas traduit ce mot : collapsus pronus in terram (je tombai le visage contre terre). Mais Daniel était déjà tombé et étendu par terre (vs. 17). — q // me toucha >a y^n troisième personne futur kal de nagah (toucher, approcher, atteindre), qui se construit avec 3. — T II me fit tenir debout, vaîîahamîdënij de IQy (stetit 5 hiphil erexit).