‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 303 sur 318 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

nation jusqu'à ce temps0; et dans ce temps, ton peuple sera sauvé d : quiconque sera trouvé inscrit dans le livre6.

*En ce temps. Il ne s'agit pas d'un temps quelconque, mais d'un temps précis, déterminé (ce, celui-là même, wnnY D'un autre côté, cette expression indique parfois un temps dont Pépoque n'est pas toujours connue ; et tout particulièrement une période messianique. Ici, quelques événements du ch. XI ayant un sens typique, cette expression désigne l'époque de la lutte du royaume messianique ou chrétien contre l'adversaire déjà désigné au ch. VII, 8, 25, et qui apparaîtra à la fin des temps (voy. p. 1451). — h Se tiendra debout (yahmod) Michel, ce grand prince qui se tient debout (hahomëd) sur les enfants de ton peuple. L'Ange protecteur du peuple messianique (X, 13) se tiendra débouter; sur, au-dessus, en faveur de), c'est-à-dire dans l'attitude d'un gardien, d'un défenseur qui veille auprès de quelqu'un. Michel, celui qui se tient toujours debout auprès de la nation messianique, l'ange gardien assistera {adstare alicui et contra aliquem stare) le peuple de Dieu, le protégera et le défendra. La répétition du verbe hamad au futur et au participe indique la persistance de l'action. L'intervention plus particulière de Michel se rattache à des événements indiqués plus loin et qui nécessitent une manifestation particulière de la puissance divine. Michel n'est pas le Fils de Dieu comme le suppose Hsevernick qui confond l'apparition de Michel avec le premier avènement du Messie (voy. p. 1332). En interprétant ainsi ce passage, quelques prétendus réformés étaient influencés par le désir de supprimer l'intercession des anges et des saints. Mais la doctrine des rapports d'un monde d'anges avec l'humanité suinte de toutes les pages de la Bible. Dans le livre de Daniel, nous la rencontrons ch. X, 13, 21; IX, 21, etc. Les (ils de ton peuple. L'archange Michel est désigné ici comme le protecteur du peuple de Daniel, c'est-à-dire du peuple du royaume messianique, et par conséquent, de l'Eglise chrétienne qui s'est formée au temps prescrit (ch. IX, 27). C'est cette Eglise qui constitue véritablement le« peuple» de Daniel : ce sont les chrétiens qui sont les vrais enfants d'Abraham. Les chrétiens sont l'Israël de Dieu, comme l'atteste saint Paul dans l'Epître aux Galates et dans l'Epître aux Romains (IX, 23-26 ; X, 10 et ss.), où il applique aux Gentils les paroles d'Osée. Quelques critiques voudraient traduire « depuis que ton peuple est un peuple », c'est-à-dire depuis la sortie

d'Egypte. Mais le texte se refuse à cette interprétation, parce que le mot gôi (nation) n'a pas l'article. Rosenmûller en fait très bien la remarque en ces termes : sed cum nomen y\y hic careat Articulo sive He demonstrativo, non dubium est, intelligi populem quemcumque, aut homines..., ut significetur, taies futuras esse aerumnas, quales non exstiterint inde a quo tempore terra habitata fuerit. Quod Matth. XXI, 21, sic exprimitur : l'ara i yàp t6ts OXtyiç [j-sya^T], oYa ou ylyovsv àrc' àpy/î; xoa[J.ou £w; tou vuv^ — c Un temps d'angoisse qui n'a pas été ; littéral, qui n'a pas été fait être (nivna pasif de hiphil), qui n'a pas eu lieu depuis l'existence d'une nation. Le mot gôî (nation, employé sans article ou hé démonstratrif, désigne un peuple quelconque de l'humanité. L'Ange annonce un temps d'une détresse telle qu'on n'en aura pas vu de semblable depuis le temps que l'homme existe sur la terre (cfr. Matth. XXI, 24). Cette expression va au-delà des événements qui eurent lieu sous Antiochus. En effet, en dehors des persécutions des Pharaons, qui faisaient mettre à mort tous les enfants mâles du peuple hébreu et qui accablaient ce peuple de travaux, il faut mentionner la destruction de Samarie, par Sargon et Salmanazar, et celle de Jérusalem sous Naduchodosor : les déportations des douze tribus offrent des temps de calamités équivalents au moins à ceux que les Juifs eurent à subir sous le roi de Syrie. Sans doute, les persécutions d'Antiochus furent épouvantables; mais les désastres qui avaient eu lieu précédemment ne l'étaient moins. Le Temple fut profané sous Antiochus, mais il l'avait été aussi sous Jésabel, qui en avait fait le temple de l'Hercule tyrien. D'aillleurs, lorsque Antiochus partit pour les provinces d'au-delà de l'Euphrate, Judas-Macchabée avait déjà battu l'armée syrienne. L'état des Juifs n'était plus aussi triste et Israël était sauvé. Au moment où Antiochus mourait, le temple était restauré. Si l'Ange avait eu en vue ce qui se passa au temps d) la mort dAntiochus, on pourrait dire que Michel n'apparut qu'après coup. Tout s'explique, lorsqu'on a compris que les paroles de l'Ange s'appliquent aux dernières luttes de l'humanité sur la terre. Ce verset réfute, d'ailleurs, à l'avance ceux qui veulent que Daniel ait prédit l'avènement du Messie après le règne d'Antiochus et qui prétendent que, après sa mort, les Juifs s'attendaient à voir arriver les Fils de David promis par les prophètes. L'Ange leur prédit au contraire des tribulations nouvelles. C'est ce que Rosenmiiller, qui a supposé sans fondement que des Juifs de l'époque des Machabées s'attendaient à voir apparaître alors le Messie, et qui a voulu rattacher

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