‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 305 sur 318 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

tie des dormants ne se réveillera pas. Le mot rabbim ne signifie pas les « bons seuls », les <• Juifs pieux », seuls, car il dit qu'une partie des ressuscites se réveillera pour l'opprobre ; il n'est pas question non plus des « méchants seuls ». Il embrasse toute la « multitude » qui dort, qui esta l'état de poussière, et dont une partie se réveillera pour la gloire, et l'autre partie pour la honte et la damnation éternelles. C'est donc avec raison que Moses Stuart regarde rabbim comme une expression équivalente au mot anglais multitudes (as an expression équivalent to our word multitudes). Il remarque aussi justement, ainsi que nous venons de le faire, qu'il ne peut pas être question d'une portion qui ne se réveillera pas, car rabbim ne peut pas exprimer « les bons seuls », car ils doivent tous prendre part à la vie heureuse, au bonheur éternel 5 ce mot ne peut pas non plus signifier « les méchants seuls », puisqu'ils se réveillent pour le châtiment, ce qui n'est pas affirmé de tous (There is no intimation in the context of a party not to be raised up. rj*ai cannot mean the good only, for ail of them are to be restored to life in the way of reward, and in order to be made happy ; nor can it mean the evil only, for they are raised up to suffer the rétribution due to them, shame and everlasling contempt ; which plainly is not affirmed of ail. In Rom. 5 : 15, 17. 6i r.oXkol is used by Paul in the like manner ; i. e. as équivalent to multitudes, the mass).

s Des dormantsde terre dépoussière. Il esta remarquer que le mot « dormant » est employé ici pour « mort » (cfr. Isaïe XXVI , 4 9). Le texte ne dit pas « dormants dans la poussière » , il offre: des s dormants de terre de poussière » ou qui ne sont qu'une terre poussiéreuse. C'est une allusion à Genèse III, 19. La « terre de poussière » indique, d'ailleurs, le sépulcre, qui est aussi indiqué dans d'autres passages de l'Ecriture par le mot isy poussière (cfr. Job, VII , 21 ; XXI, 14 ; Ps. XXII, 30 ; XXX,'lO). Le verbe lï>p> (se réveilleront), est employé pour dire que les morts seront rappelés à la vie : il signifie spécialement se réveiller du sommeil de la mort (IV, Rois, IV , 31 ; Ps. XVI, XVII, 15; Is. XXVI, 49; Job. XIV, 4 2). Ces expressions ne peuvent être prises dans ce sens que par ceux qui croient à une vie future et à une résurrection des corps. Il est du reste facile de voir que cette description se rapporte ici à la résurrection des morts pour le jugement universel, au second avènement du Mesie. — h Ceux-ci pour la vie éternelle, la vie de l'éternité (D^iy \'0Ï)« Cette expression ne se trouve employée qu'ici dans l'Ancien Testament, et elle désigne la félicité qui aura lieu après la résur-

rection, à l'époque du second avènement du Messie. Jésus-Christ indique la même vérité (Matth. XXV, XIX, 13, 46; Jean V, 28-29). Ceux-là pour les opprobres et l'ignominie de l'éternité. La Vulgate : et al ii in opprobrium ut videant semper (les autres pour l'opprobre, afin qu'ils voient toujours l'opprobre). Saint Jérôme a travaillé sur un manuscrit fautif et la "psiS au ^eu de IINI/lS. Théodotion a très bien traduit par : atapvrjv aiwviov.

Il est impossible de ne pas voir là une prophétie de la résurrection générale. Les commentateurs catholiques sont unanimes à ce sujet, et, parmi les protestants, Hsevernick, Hoffmann, Auberlen, Zùndel, Kliefoth, Zœckler, Pusey, sont du même avis. Rien n'autorise à supposer qu'il ne s'agit que des seuls Israélites. Lengerke prétend, il est vrai, que la résurrection n'est pas indiquée dans ce passage. Mais la négation de ce critique repose sur un a priori qui ne repose lui-même sur rien : il se contente de mettre à la base de son raisonnement ce qu'il faudrait prouver, savoir : qu'il ne peut pas être question d'une résurrection générale. Il ajoute, il est vrai, que tout l'esprit du livre, si hostile aux autres religions, s'oppose à l'admission d'une résurrection générale {Der ganze, feindlich gegen andre Religionen gerichtete Geist des Bûches wiederstreitet der Annahme einer allgemeinen Âuferstehung). Mais il reconnaît, d'un côté, que partout le bonheur que les Israélites attendent, est vu seulement dans la réalisation des espérances messianiques et, d'un autre côté, que l'auteur du livre espérait que toutes les nations se convertiraient au judaïsme (Es war Hoffnung des Verf., dass aile Vblker zur Zeit des Messiasreiches sich zum Judenthume bekehren iverden) . Ce n'est pas précisément une conversion au judaïsme qui est indiquée au ch. VII, 4 4, 27. Mais enfin, il s'agit de l'entrée de tous les peuples dans le royaume du Messie. Il est, d'ailleurs, évident que, d'après la prophétie (ch. VII, 4 4, 27), ce royaume devait durer jusqu'à la fin des temps. La résurrection doit donc regarder au moins tous ceux qui en auront fait partie; et il n'est pas vrai, dès lors, que les Juifs soient représentés dans ce livre comme seuls capables de la résurrection. On ne saurait donc prétendre que « l'esprit exclusif du livre » ne nous permet pas de supposer qu'il s'agit ici d'une résurrection générale de l'humanité, mais des Israélites seuls. Il est, du reste, à remarquer que Cahen, disciple ordinairement si fidèle du rationaliste prussien, dit à ce propos : « Les preuves qu'il (Lengerke) allègue en faveur de son opinion, ne sont pas convaincantes. » C'est d'autant plus vrai que Lengerke ne donne pas des preuves, mais de simples

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