CHAPITRE XII
cas présent « on peut, dans un sens figuré et accommodé, les entendre du rétablissement de la nation juive, par la valeur des Macbabées, et de la perte des mécbants et des Juifs apostats, par la défaite des armées d'Antiochus. » Nous devons nous en tenir à interpréter le texte comme l'a fait D. Calmet lui-même, en disant : a Ces paroles sont formelles pour le bonbeur, ou le malbeur éternel (sic), qui sera la récompense des bons ou des mauvais dans l'autre vie. » En effet, les termes même de la propbétie réfutent l'interprétation métaphorique de Porpbyre et montrent qu'elle ne peut s'entendre que delà grande tribulation de la fin des temps. Nous trouvons ainsi, dans le texte luimême, la solution d'une question que se sont faite quelques lecteurs du verset 2 de notre chapitre de Daniel. Ils se sont demandés si la propbétie de la résurrection s'est accomplie dans les événements racontés dans l'Evangile de saint Matthieu (cb. XXVI, 52, 53). Ce qui se passa à la mort de Jesus-Christ n'a pu être que le type, la figure, l'image de ce qui arrivera à l'avènement du règne glorieux du Messie, à la fin des jours. Le voyant annonce ici, non pas seulement une résurrection d'Israël ou de quelques Juifs, mais une résurrection générale de « tous les dormants de terre de poussière. »
L'objection, d'après laquelle la doctrine de Daniel sur l'immortalité de lame et sur la résurrection des corps, serait plus moderne, et n'aurait passé aux Juifs que par l'intermédiaire du parsisme, a été déjà péremptoirement réfutée (voy. Introd., pp. €25-636 ; 652-675).
3. Et les intelligents1 brilleront comme la splendeur du ciel J, et ceux qui rendront justes les multitudes (brilleront) comme des étoiles k, éternellement et toujours1.
' Les intelligents (D>S;?\tfp)i ceux qui ont une véritable intelligence des choses divines et humaines, les sages, les hommes pieux : il ne s'agit pas des simples savants, des théoriciens, souvent dépourvus de l'intelligence des choses les plus élémentaires et les plus essentielles ; mais, comme le texte va nous le dire, des savants qui auront pratiqué la justice, observé la loi, donné de bons conseils et de bons exemples à leurs frères. — * La splendeur du ciel-, propr. de l'étendue, de l'espace (37>p1 mot qui a désigné spécialement l'étendue de l'atmosphère terrestre {Les originesde la terre et de l'homme, p. 253 et ss.) ; et ensuite tout l'espace
et toute l'étendue des cieux), la brillante apparence du ciel avec ses soleils et ses étoiles : le fond du ciel tout scintillant d'étoiles. — kCeux qui auront été des instruments de salut pour les nombreux, pour les multitudes ; ceux qui auront guidé les autres dans la pratique de la justice et de la charité, brilleront comme les étoiles (cfr. Matth., XIII, 43). Les astres sont le symbole des justes dans le sein de Dieu ou dans le Ciel métaphysique. Les saints glorifiés vivent en Dieu, et sont figurés, à cet égard, par les astres qui se meuvent dans les espaces du monde créé. Cette comparaison, prise à la lettre, a contribué, croyons-nous, à amener les superstitions idolâtriques qui avaient trait à l'adoration des astres. L'article est omis devant kokebîm, parce que ce mot comprend toute la collection, tout l'ensemble des astres. — 1 Lehôlam vahëd, pour l'éternité et l'éternité. La Vulgate rend très bien le sens du texte : in perpétuas œternitates -, et l'ancienne Vulgate : in aeternum et ultra.
4. Et toi, Daniel, ferme les paroles, et scelle le livre m, jusqu'au temps de la fin n; nombreux (le) scruteront0; et la connaissance se multiplierap.
m Ferme (DÏ1D) les paroles (haddebarim, avec l'article, signifie les révélations contenues dans tout le livre, ou, du moins, les révélations des chapitres XI et XII qu'il a déjà appelées « une parole, çh. XI, 1), et scelle « le livre » (hassefêr), c'est-à-dire tout le livre. Voyez, pour les motifs de ce commandement, ch. VIII, 26 (p. 844). Les prophètes fermaient le livre, le rouleau et y apposaient leur sceau. Ils fermaient et scellaient les rouleaux, afin de garantir le texte type de toute altération, et ils le remettaient en mains sûres, qui devaient en rompre les sceaux lorsque le moment serait venu. Mais il ne faut pas supposer que l'Ange dit au prophète de ne pas dévoiler les révélations contenues dans le livre. C'est là une imagination ridicule. Lorsqu'un écrit était terminé, on coupait la bande, on fermait le rouleau, afin que le texte fut conservé dans son intégrité. De la sorte, on conservait le rouleau-type jusqu'au temps de la fin, c'est-â-dire jusqu'à l'époque où toutes ces prophéties se sont réalisées (cfr. VIII, 17 ; XI, ?5, 40). Mais, avant de faire cette opération, le prophète publiait des copies qui se répandaient, afin que de nombreux lecteurs — ainsi que l'Ange nous l'apprend dans la suite du verset — pussent y trouver des sujets d'édification. — a Jusqu'au