‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 309 sur 318 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

çait une seconde série à l'égard desquels le prophète est resté dans une complète ignorance. Ou bien, si l'on connaissait l'existence du livre scellé, qui a pu déterminer le moment où il fallait en briser le sceau? » (p. 275). Le critique rationaliste se serait épargné son embarras, s'il avait commencé — comme c'était son devoir — par se rendre compte du sens naturel de ce passage. Il n'aurait pas supposé, dès lors, que le livre de Daniel devait rester inconnu jusqu'à une époque inconnue.

5. Et moi, Daniel, je vis*, et voici ! deux autres i se tenant debout : l'un en deçà, sur le bord du fleuve rj et l'autre au-delà sur le bord du fleuve.

qCes deux autres (apparences d'hommes) sont deux êtres différents de l'Homme vêtu de lin mentionné ch. X, 5 et ss.; et de l'Ange qui a apparu (X, 10 et ss.) et qui vient de dévoiler l'avenir aux yeux de Daniel. Le premier planait au-dessus du fleuve et l'Ange se tenait sans doute encore auprès de Daniel. — r Un en deçà; littéral, ici... et un ici, là, sur le bord (la lèvre) du fleuve (le Hiddeqël, mentionné ch. X, 4). On s'est naturellement demandé quels étaient ces deux autres apparitions. Lengerke veut que Gabriel soit un de ces « autres ». Mais Gabriel est probablement l'Ange qui a parlé jusqu'ici à Daniel dans tous ces chapitres (X, XI et XII), et il n'a pas disparu de la scène. Il s'agit donc de deux autres apparitions, de deux êtres différents de celui qui vient de parler à Daniel et de Celui qui continue à se tenir debout sur les eaux du fleuve. On pourrait songer à Michel et à un autre ange protecteur. Mais on peut aussi s'arrêter à l'opinion d'après laquelle ces « deux autres » seraient Hénoch et Elie, les deux témoins fidèles , qui apparaissent comme devant un jour rendre témoignage aux paroles de l'Homme- Dieu, du Messie, du Grand Prêtre de la nouvelle alliance. Hénoch et Elie sont regardés comme conservés par Dieu, pour venir, aux jours néfastes de l'Antéchrist, prêcher la pénitence et être les témoins, les martyrs de Jésus-Christ. L'un représente la loi primitive ante-diluvienne ; l'autre, la loi de Moïse : ils représentent ainsi les deux époques qui auront préparé la troisième et grande période du christianisme ou du messianisme. On peut croire aussi que ces grandes figures représentent Moïse et Elie, c'est-à-dire les personnifications de l'ancienne loi et du prophétisme. Déjà, dans la scène auguste et surnatu-

relie de la Transfiguration, ces deux représentants de l'ancienne économie se sont rencontrés avec Jésus-Christ, fondateur de la nouvelle. Ces deux œuvres divines communiquèrent l'une avec l'autre, en témoignage de leur vivante harmonie et de leur glorieuse unité. — L'apparition des deux personnages de la vision est motivée par le serment qui va suivre, et qui, pour avoir toute sa solennité, devait être fait en présence de deux témoins (Deutér., XIX, 15).

6. Et il dit3 à l'homme vêtu de Un qui (était ou se tenait debout) au-dessus des eaux du fleuve : Jusqu'à quand la fin de ces merveilles * ?

8 Et il dit : L'Ange qui a parlé jusqu'ici à Daniel s'adresse maintenant à l'Homme vêtu de lin, au personnage céleste qui planait sur les eaux. Interprétant les pensées et les désirs de Daniel, l'Ange demande au Fils d'homme qui a déjà apparu, au ch. VII, sur les nuées du ciel, à quelle époque s'accompliront les événements indiqués dans la vision prophétique. La Vulgate a traduit : et dixi viro (et je dis à l'homme...). Ce serait Daniel qui s'adresserait à l'Homme vêtu de lin. C'est invraisemblable, car l'apparition de cet Homme-Dieu la rempli de crainte (cfr. X, 5-10). La leçon du texte actuel : (iqnji) et il dit, nous paraît préférable à celle qu'ont suivie la Vulgate et Théodotion (Kcù eTtiov). — l Jusqu'à quand la fin (had mah qe'z) de ces merveilles {haffela'ôt). La fin visée ici est celle qui est indiquée dans les trois premiers versets de ce chapitre. L'Ange demande à l'Homme-Dieu à quelle époque arrivera la persécution finale qui précédera la résurrection des morts et le jugement dernier; en un mot : à quelle époque auront lieu les événements qui précéderont immédiatement l'avènement du règne glorieux du Messie.

7. Et j'entendis l'homme vêtu de lins, qui (était) au-dessus des eaux du fleuve ; et il éleva sa (main) droite et sa (main) gauche vers le cielu; et il jura par Vivants de l'éternité v que (ce sera) dans un temps (fixé), et des temps (fixés), et un demi (temps fixé)*, et que, lorsque se consommera l'écrasement de la force du peuple saint y, toutes ces choses s'accompliront2.

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