CHAPITRE XII
devait la connaissance des choses les plus cachées, et en prouvant qu'il était doué de l'esprit prophétique, soit dans le jugement de Susanne (ch. I bis), soit dans la découverte et l'explication du songe de Nabuchodonosor (ch. II). Il doit être aussi également certain pour nous : que Daniel fut révéré par ce conquérant (Ibid.); que, confident des rois, il conserva leur estime et son emploi près d'eux, quoiqu'il leur annonçât des vérités terribles (ch. IV, V) ; et qu'il se montra incorruptible, au milieu d'une cour peuplée de malfaiteurs. Nous ne saurions non plus retirer notre confiance à Daniel, lorsqu'il nous fait connaître des miracles qui servirent, pendant la Captivité, à glorifier Jéhovah, parmi les païens, et à fortifier la foi des Juifs (ch. III, V, V bis, VI). Nous admirerons aussi, dans le saint prophète, l'historien de l'avenir en ce qui concerne les cinq empires (ch. II, VII), et en particulier des deux empires perse et grec, dans les ch. VIII et XI. Ces prophéties ont en vue de maintenir les Juifs dans leur foi religieuse, afin de rendre possible Fère messianique. Mais c'est surtout dans les ch. II, VII et IX que le prophèteapôtredumessianisme développe les enseignements antérieurs, de façon à marquer très distinctement le moment précis où devait apparaître l'Oint, le Juste éternel, le Saint des Saints promis aux patriarches et annoncé par les prophètes. Tous ces chapitres s'offrent enfin à nous comme les magnifiques propylées de la révélation finale exposée dans le ch. XII. Dans cet Oracle, le prophète a buriné une eau forte, qui nous montre dans un avenir, plus ou moins éloigné, une immense révolution destinée à transformer l'humanité. Il devient donc ainsi nécessaire que nous adorions, dans les temps futurs, cette Justice éternelle et cette miséricorde, qui est prédite dans la dernière vision de Daniel. Habituons-nous à attendre, avec une ferme assurance, dans le recueillement et dans la prière, mais aussi avec un religieux tremblement, le règne suprême de Jésus-Christ, la palingénésie finale qui doit remplir d'allégresse le peuple des saints du Très- Haut : ce règne viendra prendre un jour sa place sur la terre, aussi certainement qu'on j a vu passer les Chaldéens, les Perses, les Grecs, les Romains et les Etats qui, par leur esprit païen entretenu par les légistes césariens, sont le prolongement des dix cornes de la quatrième Bête, ou, en d'autres termes, la continuation, plus ou moins avérée, du quatrième empire. Entretenons, dès lors, en nous, la croyance profonde et constante de la venue, peut-être prochaine, du souverain Juge, et tenons-nous
toujours prêts à aller au-devant du « Ohef-le-Venant, » dont la parousie glorieuse doit toujours être considérée comme plus rapprochée de nous que nous ne le pensons.