CHAPITRE VIII
grec. » Rosenmûller rend lui aussi parfaitement le texte en disant : In posteriori tempore regni eorum, i. e. inclinato jam Graecorum Alexandri successorum imperio. Cette prédiction est, du reste, en parfait accord avec l'histoire. Antiochus commença à régner lorsque le royaume asiatique avait pris fin et que la Grèce, déjà affranchie (196), allait, après la défaite de Persée et du pseudo-Philippe, devenir une province romaine. Antiochus le Grand, roi de Syrie, vaincu par les Romains, avait dû céder l'Asie en deçà du Taurus, et s'engager à payer un tribut très onéreux (ann. 190). Sous le règne d'Antiochus Epiphane ils avaient aussi pénétré en Egypte, en qualité d'alliés et de protecteurs. — Leur règne, malkûtam, se rapporte aux royaumes continuateurs de l'empire d'Alexandre. — m Lorsque les pécheurs, haffosahim. D'après la plupart des interprètes, il s'agit ici des apostats juifs, des Juifs qui abandonnèrent Jéhovah. Mais le substantif hébreu ne répugne aucunement à désigner aussi Antiochus et les païens qui firent la guerre au peuple de Dieu, à Jéhovah luimême, à ses lois, à son temple. Il semble même que haffosaîm s'applique plus particulièrement à ceux qui sont désignés par le suffixe précédent malkûtam. — n Lorsque furent détruits, selon le détruire Dri.HD infin. hiphil, de 0)2T) finir, achever, être épuisé, être détruit (cfr. Nombr., XVIII, 28 : « Serons-nous entièrement consumés, allons-nous tous périr? » Josué, "VIII, 24 : « Jusqu'à leur complète destruction : had tummam »). Cahen a bien compris ce passage : « Lors de la ruine des pécheurs. » Il est vrai que déjà d'autres rabbins avaient très bien interprété ce texte. Aben-Esra l'a traduit ainsi : « Lorsque les pécheurs seront consumés; » et le rabbin Jachiades (Iahia) l'a paraphrasé en ces, termes : « Lorsque Dieu voudra consumer et perdre les prévaricateurs d'Israël pour punir leurs péchés. » D'autres exégètes ont expliqué le verbe tamam dans le sens de perficere, integrum facere, complere, et ils arrivent à cette traduction : « Lorsque les pécheurs auront complété, consommé -, » ce qui n'a pas de sens ; mais on y a suppléé en ajoutant au texte fisehëîhëm, leurs crimes Ainsi, Rosenmûller : Cura consummaverint peccatores sci 1. peccata sua-, et la Vulgate : Et post regnum eorum (et après leur règne), quum creverint peccatores (lorsque les iniquités se seraient accrues). De la sorte, nous avons des traductions comme celles-ci : « Lorsque leurs péchés seront arrivés à leur comble; lorsque les pécheurs auront complété le nombre de leurs péchés (peccatorum numerum) ; ou, d'après Reuss : « Et à la fin de leur règne, quand les apostats auront comblé la mesure. » Cette paraphrase, qui
vise les déserteurs de la loi de Dieu, et les Juifs qui s'abandonnèrent aux mœurs et au culte des dieux de la Grèce, n'offrirait rien d'incorrect à première vue. Mais elle modifie sans raison Ie sens du texte, et en y ajoutant ce qui n'y est pas. Le sens de tamam, « détruire, » doit être maintenu ici.— ° S'élèvera, yahamod. Ce verbe n'indique pas précisément l'avènement au trône, mais surtout le moment où Antiochus se déclara l'ennemi et le persécuteur des Juifs. — P Un roi dur de face, D>j2"7y : haz, dur, fort, violent, cruel, insolent (cfr. Deutér., populus durus facie, gôî haz fanîm). D'après la Vulgate : Impudens facie (d'un front impudent). — q Expert en intrigues, versé dans les ruses (n"pn artifice, intrigue, énigme). La Vulgate : Intelligens propositiones. Les surprises que ce roi ménagea aux Juifs et les ruses qu'il employa à l'égard des rois d'Egypte sont assez connues.
Après avoir traduit le commencement de ce verset par Am Ende ihrer Herrschaft (à la fin de leur règne), Lengerke prétend, sans même essayer d'apporter une ombre de raison à l'appui de son dire, que, d'après l'auteur du livre, le dernier empire devait finir avec Antiochus et que sa chute coïnciderait avec le commencement du règne du Messie (Der Verf. denkt sich grade, dass mit dem Antiochus das letzte Reich zu Grunde gehe und mit seinem Falle das Messiasreich beginne). A propos de cette assertion du critique prussien, Stuart atteste « qu'il ne peut regarder 'aharît comme ayant un sens si étroitement restreint » vas being so narrowly restricted), et « que, par suite, il ne se voit pas dans la nécessité d'interpréter 'aharît comme Lengerke le voudrait (I do not feel, therefore, any necessity of interpreting the passage, in respect to nnriNt as Lengerke would hâve us). Relativement à la fiction de Lengerke et de nombreux rationalistes, d'après lesquels Daniel place la venue du Messie immédiatement après la mort d'Antiochus, Stuart répond : « Quant à la venue immédiate du Messie après la défaite et la mort d'Antiochus, n'est-il pas étrange, si l'auteur du livre de Daniel a écrit après cette période (ce que Lengerke maintient), qu'il eût suggéré un pareil sentiment, que sa propre observation aurait elle-même contredit ? (p. 244.)
24. Et sa force s'accroîtra, mais non par sa force1; et il détraira9 étonnamment1 ; et il réussira et il agira"; et il détruira nombreux v : le peuple des saints1.
rSa puissance grandit par l'appui d'Attale, roi de Pergame, et