‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 35 sur 318 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

par le concours des circonstances qui lui permirent de monter sur le trône -, il se fortifia plutôt par la ruse que par la force des armes. Théodoret et saint Ephrem pensent que l'Ange a en vue une permission spéciale de Dieu, qui voulait châtier son peuple. — s// détruira, yashît, troisième pers. fut. hiphil, de nnu (détruire, dévaster), employé ici absolument, c'est-à-dire sans régime. — * Etonnamment, nifldôt. Ce mot est un participe pluriel niphal (de nSb être étonnant, merveilleux, extrême; qui peut être regardé comme pris adverbialement. Vulgate : Et supra quam credi potest, universa vastabit (et il ravagera toutes choses au delà de toute créance;. Mais il peut se faire que le texte ne se contente pas de dire que le persécuteur fera des ravages incroyables. On pourait traduire ainsi ce passage : « 11 dévastera des (choses) merveilleuses, » c'est-à dire Jérusalem et le Temple du Seigneur. Théodoret traduit ce mot par OauuacTo: (mirabilia). — u // prospérera (vehizeliah) et agira {vehasah). Ces deux verbes réunis peuvent être considérés comme offrant la même idée ; chacun d'eux peut être pris adverbialement : et il agira avec succès, il réussira On peut aussi regarder nW3? comme une locution abrégée, dont la forme complète est donnée au ch. XI, 36 : Il agira selon sa volonté, selon son bon plaisir 0J2H3 nU7in)- — ▼ Nombreux, puissants. Le mot ha'zûm signifie fort, puissant; grand par la force, par le nombre, et par suite « beaucoup. » On l'emploie comme parallèle de rabbîm (nombreux). — * Et le peuple des saints. Il y a peut-être dans le mot hazûmîm qui précède, une allusion aux succès d'Antiochus Epiphane en Egypte et en Arménie ; mais il nous semble que l'auteur a surtout en vue « le peuple des saints, » et que le vav de veham (le peuple) est simplement explicatif. Ce peuple est évidemment le peuple consacré à Dieu, les Juifs fidèles qui subirent la persécution sanglante ordonnée par le Macédonien.

25. Et à cause de son habileté1 : il fera prospérer b la ruse dans sa mainc; et il se glorifiera dans son cœur d ; et en paixe; il détruira nombreux ; et il s'élèvera contre le Prince des princes'; et sans main il sera détruite

* Et à cause de son habileté, de sa sagacité, siklô. Le subst. SpU7 (intelligence, prudence) est généralement employé dans le sens de « sagesse, » habileté, mais il a aussi le sens de ruse, astuce ; sagacité pour le mal comme pour le bien (cfr. Luc, XVI, 8,

cppovt[xtoTepoi). — *Et il fera prospérer, vehizeliah. Le vav doit être regardé ici comme explicatif et comme indiquant le lien qui se trouve entre la cause et l'effet (l'habileté et la réussite); c'est pourquoi nous le rendrons par deux points. Rosenmûller dit, en effet, très bien à ce sujet : Prœfixum verbo n>Sïn Fat* hic nexum qualemcumque inter antecedens et consequens, sive causam inter et effectum indicat, ut Ps. XXV, 11 ; Hos., X, 10. — c Tout ce membre de phrase a été défiguré par les anciennes, versions. Les LXX : Et sa pensée sera sur les saints (xa\ ln\ xouç ocyjouç to Siavo^a auToû). Le traducteur a introduit qedosim (saints) après hal (sur), en ramenant ici la fin du verset précédent. Mais après avoir dit que le persécuteur détruira les saints, il n'était pas besoin d'ajouter que a sa pensée serait sur eux. » Théodotion a été induit en erreur par une vocalisation défectueuse : « Et le joug de son lien sera dirigé » (koù ô Çuybç tou xàoiou aùtou /casuÛuvet)* Au lieu de ^yj (sur), il a lu ^«i (et le joug), et il a donné à siklô le sens de « lien, » d'après i'arabe *yfa (il a lié). La Vulgate : Secundum voluntatem ejus. Et dirigetur dolus... Cette version joint ainsi le commencement du vs. 25 à la fin du vs. 24. — d Et il se magnifiera, s'exaltera; il s'enorgueillira et il agira insolemment. — e Et en tranquillité, besalvah, en pleine paix, lorsqu'on se croira en sûreté; cette expression a aussi le sens de : à l'improviste, d'une façon inattendue (cfr. XI, 21, 24 ; Job, XV, 21, bassalôm) C'est ainsi qu'Antiochus pénétra à Jérusalem (1, Macb.r I, 30 et ss.) et réussit dans diverses circonstances. — f Le Prince des princes, sar sarîm, c'est-à-dire Dieu, dont Antiochus dévasterait, un jour, et souillerait le temple. — s Et sans main (d'homme), il sera détruit, be'êfes (dSN fin> terme, défaut; point, rien ; et avec le préfixe n, « sans ») yad ; îssabër, troisième pers. fut. niphal, de -QE7 rompre, briser, détruire). Il périra d'une maladie envoyée par le Très-Haut, morbo divinitus immisso peribit, comme le dit fort bien Grotius (cfr. I, Mach., VI, 8-16), par une maladie mystérieuse et provenant d'une action surnaturelle de Dieu (cfr. Job, XXXIV, 20). L'histoire concorde avec la prophétie- Ayant appris, en Perse, la défaite de l'armée qu'il avait opposée aux Juifs et la restauration du culte de Jéhovah, Antiochus, transporté de colère, jura la perte de toute la nation juive. Plein de ses idées de vengeance, il partit pour se mettre à la tête de ses troupes. La justice de Dieu l'atteignit dans sa course. Polybe dit que, d'après ce qu'on raconte, « il fut possédé d'un génie (Bai(jLov7Jaaç) et il mourut (Reliq. libri, XXXI, XI). Nous avons in-

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