‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 36 sur 318 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

diqué le sens de l'opinion que les païens se faisaient de la « manie » ou du mal divin (voy. p. 3521. En d'autres termes, Antiochus passait pour être mort par suite d'une intervention divine. Arrien dit simplement qu'il périt d'une corruption ou d'une consomption (cpèfvuv IxeXe^oe. - De Reb 8yr., LXVI). Ce roi ne mourut pas dans une bataille, et il ne fut pas assassiné, comme le fut son frère Séleucus IV, et comme le sera son propre fils : il mourut d'une chute compliquée d'une maladie affreuse, il périt presque subitement d'un mal violent, qui a justement été regardé comme une visite du souverain Juge (cfr. I,Mach., VI, 8-16 ; II, Mach., IX).

On le voit, cette prophétie s'arrête au châtiment d'Antiochus Epiphane; elle ne lie pas le règne messianique à la mort de ce roi : elle s'arrête en quelque sorte brusquement et ne dit rien des événements qui devaient survenir après la suppression de l'ennemi de Dieu et du peuple des saints. Il est faux — nous l'avons vu — que, d'après notre texte, Antiochus dût être le dernier roi de Syrie, et que la domination des Grecs dût sombrer complètement après lui; il est faux que Daniel nous dise que le temps du Messie arriverait immédiatement après la mort du tyran maudit. Aussi trouvera-t-on justement ridicule le propos relatif à des erreurs, à des inexactitudes de Daniel au sujet des temps postérieurs à Antiochus Epiphane : une partie de la prophétie de notre chapitre ne se serait pas accomplie ; le bonheur messianique et la fin des temps n'arrivèrent pas à cette époque (nous avons vu qu'ils n'avaient pas été prédits pour ce temps-là). Bien plus, la mort d'Antiochus ne fut pas suivie de la paix. Lysias attaqua les Juifs et la guerre continua; et, de là, Lengerke conclut que Daniel « s'est trompé relativament à l'avenir », car « cette mort ne changea en rien la situation des Juifs. » Nous ne saurions être de l'avis du critique rationaliste. En atteignant Antiochus qui, transporté de colère, venait de jurer la perte des Juifs, la justice divine mit fin à la persécution religieuse. Ce « scélérat», comme l'appelle l'Ecriture (II, Mach., IX, 13), ne laissa qu'un fils en bas âge-, la guerre ne fut plus qu'une lutte politique, et bientôt Lysias accorda aux Juifs la liberté religieuse.

Remarquons enfin que, d'après Lengerke, l'auteur du livre de Daniel aurait vécu après la mort d'Antiochus. Mais alors il eût été facile de voir que le Messie n'était pas venu. On sait que, à l'époque des Machabées, il ne fut nullement question du Messie, et cela se comprend lorsqu'on sait que les prophéties de

Daniel (ch. II, VII, IX) n'indiquaient la venue du Rédempteur que pour une époque plus éloignée.

26. Et cette vision des soir-matins a qui (a été) expliquée b, (est) la vérité même c \ et toi scelle la vision d, car elle (est) pour de jours nombreux.

a La vision des 2,300 hahëreb veabboqër, relative à l'interruption du tamid ou des holocaustes du soir et du matin. Toute la vision du ch. VIII est comprise par cette expression qui en indique le point culminant, le terminus ad quem. La période de l'abolition du sacrifice quotidien comprend la situation capitale de toute la vision. — h Qui a été dite, 'asêr në'émar (iD833 niphal, de iqn il a dit, il a parlé) : la visiou dont l'ange-interprète a fait connaître les péripéties (23-25) est vraie. — c Est vérité hû' 'ëmët : les événement prédits auront la durée indiquée, la durée que Dieu a limitée ; en un mot, ce que la vision a révélé à ce sujet arrivera. Lengerke et Hitzig voient, dans cette affirmation de la vérité de la vision, un indice qui trahit le dessein de faire passer, faussement, le livre pour plus ancien qu'il ne Test réellement. La confirmation delà vérité d'une révélation ne trahit, cependant, en aucune façon, par elle-même, le dessein de faire passer un livre, qui l'expose, pour ce qui n'est pas. Cette confirmation a pour but de fortifier la faiblesse des fidèles et de leur donner une consolation, un encouragement, au temps de l'épreuve -, car, dans l'exposé de la durée des afflictions, il n'y a pas seulement le fait qu'elles finiront, mais aussi que cette fin est déterminée d'avance par Dieu (cfr. ch. XII, 7). Dans d'autres passages, cette attestation sert à répondre aux doutes qui s'élèvent de la faiblesse de la chair, relativement à la réalisation de révélations d'une si grande importance (cfr. ch. X, \, XII, \ : Apoc. XIX, 9 ; XXI, 5 ; XXII, 6). — * Ferme, clos, la vision, ou, comme dit la Vulgate : Visionem signa (Lengerke : versiegele das Gesicht) ; marque la vision d'un cachet, et fais-là conserver en lieu sûr, afin que, en voyant l'accomplissement des événements qu'elle .décrit, les Juifs sachent que ton livre les avait prédits, et que, dès lors, ils aient confiance dans les autres prédictions qui s'y trouvent, et qu'ils les tiennent comme inspirées de Dieu. Le mot setom C^FID termine") vient de îZDiiD il a bouché, fermé, clos, terminé ; il a tenu secret, il a caché. D'après le sens de ce verbe, Daniel doit clore, enclore, fermer, terminer Técrit qui contient la révélation qu'il vient de recevoir. Mais,

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