CHAPITRE vin
bien renseignés! Ainsi, les rois chaldéens et perses scellaient des décrets, el, par le fait qu'ils étaient scellés ou qu'ils portaient le cachet des rois, ces écrits étaient destinés à ne pas être lus. Ainsi, les ordres émanés des souverains et les contrats passés entre des particuliers, étaient scellés, afin qu'on ne les lut pas. C'était afin qu'on ne le lut pas qu'Aman signa le cruel édit qui ordonnait la mort de tous les Juifs ; c'est aussi, pour empêcher qu'on le lut, que le contrat passé entre Jérémie et son cousin, fut cacheté en présence de témoins (eh. XXXII, 9-14). Il nous semble que tous ces personnages scellaient leurs édits et leurs diplômes afin de leur donner plus de poids. Si l'on voulait donner à satam le sens de «cacher » il faudrait l'interpréter comme signifiant simplement «mettre en lieu sûr, garder, conserver. »
Après avoir dit très à propos : « Un document est cacheté et placé dans les archives, afin qu'il puisse être préservé pour des temps éloignés, mais non pas pour rester secret, pendant que des copies circulent à l'usage du public, » Kliefoth ajoute : « Le sens de l'ordre donné est simplement ceci : «conserve la révélation, non parce qu'elle ne peut pas encore être comprise dans le but de la tenir secrète, mais afin qu'elle puisse être conservée pour les temps éloignés »
Saint Jérôme a fait du reste de l'exégèse allégoriste, lorsqu'il a dit que ce sceau marquait l'obscurité de la prophétie, de telle sorte qu'on ne pouvait en pénétrer la vérité qu'après en avoir vu l'accomplissement : «Ex verbo ostendens signaculi, obscura esse qusedicebantur, et non patere multorum auditui, nec posse ante intelligi, nisi rébus et operibus impleantur. Hengstenberg (Die Authentie des Daniel, p. 215) et Hœvernick ont aussi interprété ce passage conme s'il voulait dire que les prophéties seront closes, fermées, c'est-à-dire obscures, jusqu'après le temps de leur réalisation (ils prennent l'impératif setom pour un futur). Mais il faut se préoccuper plutôt du sens littéral. Il ne s'agit pas ici de cacher la prophétie ou d'affirmer qu'elle a un sens caché qu'on ne comprendra que plus tard. Le scellé n'a pour but que d'en maintenir l'intégrité. Le précieux document, l'autographe de Daniel fut ainsi muni d'un certificat en bonne et due forme qui en prouvait l'authenticité et l'antiquité. C'est ce qu'observe très bien Rosenmûller dans le passage suivant : « Quod autem h. 1. Daniel visionis quse ipsi obtigit enarrationem et explicationem literis consignatam includere jubetur, utpote ad remota tempora spectantem, libri scriptor eo fine ad-
didit, ut vaticiniis, quœ hoc libro continentur, divinam auctoritatem conciliaret. C'est, du reste, à tort qu'on allègue ici ce qu'il pouvait y avoir d'obscur dans la prophétie. Sans doute, il y avait des passages qui n'étaient complètement compris qu'après l'événement ; mais beaucoup de passages de la vision étaient assez clairs pour servir de phare au peuple fidèle, et devaient pouvoir être lus, afin d'atteindre le but que se proposait l'Auteur de ces révélations.
f Pour des jours nombreux. La Vulgate traduit : post multos dies. Mais quoique le ^ puisse se rendre quelquefois par « après, » il a plutôt le sens de pour (ad dies multos, in dies multos). L'ange n'a pas seulement en vue la période d'Antiochus , il comprend la vision tout entière qui commence à se réaliser peu de temps après (la conquête de la Médie par Cyrus) ' les deux cornes sur la tête du bélier. Cette vision embrasse « beaucoup de jours » puisqu'elle embrasse tout le temps qui s'est écoulé de la troisième année de Balthasar (559) à la mort d'Antiochus Epiphane (164), c'est-à-dire 405 ans.
27. Et moi, Daniel, je m'évanouis s; et je fus malade (pendant quelques) jours11 ; ensuite je me levai1 ; et je fis les affaires du roij; et j'étais étonné de la vision k ; et personne ne la comprenait l.
8 II tomba dans un état semblable à celui qu'il a décrit au verset 17e. Le verbe >ri>»nj (il a passé, il a défailli) est le niphal de fît?] il a été (voy. IL 1). — !l Yamim (jours). Cette expression n'indique pas de limite précise ; on s'en sert pour désigner un intervalle indéterminé et elle équivaut à « quelques jours. » — * Je me levai (du lit où j'étais malade). — i Les affaires (melëkët, travaux, ouvrages -, — construit de ro>*Sp) du roi. Daniel avait conservé sous le règne de Balthasar un emploi important dans l'administration du royaume. Nabuchonosor lui avait confié l'intendance de la province de Babylone et il n'y a rien d'étonnant que, au moment où les intrigues de Cyrus à la cour du roi des Mèdes pouvaient amener des troubles et des agitations dans le voisinage de l'empire babylonien, Daniel ait eu a traiter à Suse des affaires concernant le roi chaldéen. Avec sa perspicacité habituelle, Lengerke trouve ici une occasion d'insinuer que ce renseignement est ajouté afin de rendre plus vraissemblable la personnalité historique de Daniel : Dièse