‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 39 sur 318 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Noti% wird hinqugefûgt, nm die historische Pers'dnlichkeit des Daniel desto warscheinlicher \u machen (p. 406). Mais sur quel fondement ce juge si peu pertinent base-t il cette assertion calomnieuse ? En homme habile et qui connaît son monde pseudolibre penseur, il n'ajoute pas un mot : il se contente de lancer cette flèche empoisonnée, qui lui retombe sur la tête. — k Et fêtais étonné (désolé) de cette vision : 'estômem, hithpol. de uftVÏ. Daniel est profondément ému (Cfr. VII, 28). Les agissements de la petite corne devaient surtout le troubler, — * Et n'était pas qui la comprit ; p^l et non (était) qui la comprit {mebin). La Vulgate donne à ce mot le sens de Yhiphil : non erat qui interpretaretur (personne ne pouvait l'interpréter). Cette vision, relative à ce qui devait se passer à Jérusalem du temps d'Antiochus, ne laissait pas que d'offrir de nombreuses obscurités ; il y avait beaucoup de choses qui n'étaient comprises ni par Daniel ni par personne. Il faut aussi conclure de la constation de ce fait, que le Voyant n'avait pas caché cette prophétie et que, dès lors, l'Ange ne lui avait pas dit de la tenir secrète (vs. 26). Pour ne pas se contredire, ceux qui supposent que Daniel avait reçu l'ordre de « cacher » sa vision, Maurer, Hitzig, etc , interprètent Tt212 "j>N par : «je ne la compris pas. » On introduit ainsi, dans ce membre de phrase, le pronom de la première personne. Mais, quoique la construction des mots pût admettre ce sens, on ne peut accepter cette restriction, à laquelle on n'a recours que par suite d'une mésinterprétation du verbe satam (vs. 26). Il n'est pas, d'ailleurs, possible de rapporter "éyn mebin à Daniel seul, à cause de la comparaison avec yy& fcibl (ch.XII, 8). Aussi voyons-nous que Lengerke a très bien traduit ce passage : «Et personne ne la comprenait » (und Niemand verstand es). Mais Reuss n'a pas voulu manquer l'occasion de donner un spécimen de la rectitude bien connue de son jugement : il traduit ainsi : «Et je n'y comprenais rien. » Puis, il ajoute en note : «On traduit communément : et personne n'y comprenait rien. Mais si la prophétie ne fut communiquée à personne, cela n'avait pas besoin d'être dit. Si le prophète lui-même affecte de dire qu'il n'y comprenait rien, malgré l'explication qui lui avait été donnée, c'est que celle ci était conçue en termes plus ou moins voilés, sans noms et sans chronologie intelligible. Autrement on pourrait traduire : personne n'en eut connaissance » (p. 260). Remarquons d'abord que ceux-là seuls qui ont embrouillé le texte, en lui faisant dire de « ne communiquer la vision à personne,» peuvent seuls s'étonner que Daniel dise ensuite

que « personne ne la comprenait. » Cette observation n'aurait pas seulement été inutile ; elle offrirait une contradiction singulière. Ayant seulement reçu l'ordre de mettre son sceau à l'exemplaire-type du récit de sa vision et en ayant fait transcrire de nombreuses copies, le prophète a pu dire très correctement : « personne ne la comprenait.» En effet, personne ne pouvait bien comprendre tout ce que renfermait ce tableau. L'accomplissement graduel de la prophétie pouvait seul conduire à en avoir une intelligence comolète et satisfaisante. Le prophète et ceux de ces coreligionnaires qui eurent connaissance du récit de la vision, y trouvaient beaucoup de choses qui ne leur paraissaient pas suffisamment expliquées : les événements étaient esquissés à grands traits, mais les détails manquaient. Saint Jérôme explique très bien, en ces termes, la pensée de Daniel : Quod dicit, hic est : Reges audierat, et eorum nomina nesciebat -, jutura cognoverat, et quo tempore futur a essent, dubius fluctuabat. La prophétie paraissait surtout difficile à comprendre dans ce qu'elle laisse entrevoir, au sujet des faits et gestes d'un impie contre Jéhovah et contre son culte. Ainsi, même après l'explication de l'Ange, il restait beaucoup de points obscurs qui n'ont été bien compris qu'après l'événement. La révélation prophétique n'avait pas eu pour but de faire connaître tous les détails ; l'ensemble historique des faits était enveloppé d'une certaine obscurité. On sait que beaucoup de prophéties, très claires sur des points précis, offrent, à d'autres égards et avant leur accomplissement, quelques ténèbres qui les couvrent.

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