‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 40 sur 318 · PROPHETIE MESSIANIQUE DES SOTXANTE-DIX SEMAINES · texte numérisé non relu

PROPHETIE MESSIANIQUE DES SOTXANTE-DIX SEMAINES

Sommaire. La première année du règne de Darius la Mède (ch. V bis et VI), Daniel voyant que la lignée des rois chaldéens était brisée par l'intrusion d'un Mède sur le trône babylonien, fut tout naturellement amené à se demander si Dieu ne se serait pas laissé toucher par le repentir de son peuple, et s'il n'aurait pas avancé l'heure de la délivrance d'une captivité qui; d'après Jérémie, devait durer soixante-dix ans. Il examine donc les oracles divins, espérant qu'ils pourraient n'être que conditionnels et que l'Eternel serait disposé à abréger l'épreuve. Daniel n'eut pas de peine à reconnaître que les prophéties de Jérémie avaient un caractère absolu. Mais, influencé par les événements qui venaient de se produire à Babylone et plein de confiance dans la miséricorde divine, il adrese au Seigneur une humble requête ; il le prie, instamment, afin qu'il lui plaise de se souvenir de son peuple, de regarder favorablement Jérusalem et le sanctuaire qu'il y avait établi. Ces sentiments valurent à Daniel une révélation qui est justement regardée comme la plus importante de tout son livre. Au moment où il achevait de « confesser ses péchés et les péchés d'Israël » (vs. 20), l'ange Gabriel lui apparut et lui transmit, delà part de Dieu, un nouvel oracle, un décret, annonçant que le péché serait expié, que la Justice éternelle viendrait, que les prophéties messianiques seraient accomplies, que le Messie-Conducteur serait oint, après soixante-dix semaines d'années, qui devaient s'écouler à partir d'une parole autorisant la reconstruction de Jérusalem. Dans la dernière des soixante-dix semaines, le Messie sera mis à mort ; une alliance sera confirmée ; et à la fin de la semaine les sacrifices mosaïques seront abolis, et, comme conséquence du rejet du Messie par Israël et en punition de ce crime, la ville et le sanctuaire seront détruits.

Datent occasion *!«? cette prophétie. — Daniel nous apprend lui-même le temps et l'occasion de la célèbre prophétie des soixante-dix semaines. Elle lui fut révélée dans la première année de Darius le Mède. C'est le roi indiqué aux chapitres V, 31, V bis et VI. La première année de son règne tombe dans l'année 559-558. Nous avons montré que le roi Balthasar, assassiné, à cette époque, par des conjurés, avait été remplacé par Darius-

Nériglissor, sou beau-frère. C'est sans fondement qu'on a fait de ce Darius un Cjaxare II, oncle et beau-père de Cjrus, et qu'on place le commencement de la royauté nominale, qu'on lui confère, à la prise de Babjlone par le roi de Perse, dans l'année 53& avant notre ère ; c'est-à-dire peu de jours avant que le conquérant rendit la liberté aux Juifs (an. 537), 69 ans après le commencement de la captivité. Mais il n'en est pas ainsi : la prophétie ne date pas de cette époque tardive, qui coïnciderait avec l'année où Cjrus mit fin à la captivité du peuple de Dieu, et ou les soixante-dix ans de l'exil étaient accomplis. De sorte que, si la première année de Darius se fût confondue avec la première année de Cjrus à Babjlone, comme on l'a prétendu, Daniel n'aurait pas eu de peine à comprendre que la prophétie des soixante-dix ans de la transmigration s'accomplissait et que la délivrance était proche.

Règne d'un Mède h Babylone ; espoir d'un abrègement de la crise de l'exil. — En vojant sur le trône des Chaldéens un Mède plein de bienveillance pour lui, un roi dont il avait toute la confiance et qu'il espérait gagner au culte du vrai Dieu (cfr. pp. 477 et 505 et ss.), Daniel put croire que ce souverain serait peut-être favorable aux enfants de Jacob. Un étranger régnait à Babjlone, une partie de la prophétie du ch. V, 28, était accomplie; le joug chaldéen paraissait « brisé ». On pouvait croire que Darius était un des instruments suscités par l'Eternel et chargés de permettre aux Juifs de retourner dans leur patrie. Le prophète ne put donc s'empêcher de se demander si Dieu n'aurait pas abrégé la durée marquée, dans les écrits de Jérémie, pour les catastrophes de l'exil.

Examen des prophéties de Jérémie relatives à cette période de l'histoire : prophéties claires et qui ne demandent aucune explication; arrêts inconditionnels et paraissant irrévocables. — Daniel savait que la crise de la captivité comprenait une période de soixante-dix ans, et, dès lors, il ne pouvait ignorer qu'elle devait durer encore pendant vingt-et- un ans. Mais, fortement préoccupé de l'état de son peuple, de Jérusalem et du Temple, il se demande si Dieu n'aurait pas ménagé des circonstances dont il serait possible de profiter. Le changement survenu dans la djnastie de Nabuchodonosor le rendit attentif aux prophéties de Jérémie (chap. XXV, XXIX, XXX, XXXI,, qui annoncent l'exil et le rétablissement du peuple de Dieu dans son pajs. Il n'est pas étonnant, en effet, que, dans un moment comme celui où il se trouvait, Daniel ait eu la pensée d'examiner de plus

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