‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 43 sur 318 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

t>Ce Darius est le roi qui est connu, d'ailleurs, sous le nom de Nériglissor (voj. Introd., pp. 424 et ss.). On a fort inutilement essayé de l'identifier avec un Cyaxare II imaginaire; et c'est aussi tout à fait arbitrairement qu'on a confondu Assuérus avec Astyage. — c Fut fait roi. Le sens du verbe "nSçn qui est à Yhophalj et signifie « il fut fait roi, il fut établi roi, » n'a pas été très bien rendu par Théodotion (8ç !6aa£Xsua£v) et par la Vulgate {qui imperavit). Cette forme, usitée seulement dans ce passage, donne à ce verbe le sens d'une certaine passivité, et confirme la pensée indiquée au chapitre V, 31 : « Darius reçut la royauté. » On a pu conclure de là, avec raison, que Darius ne devint pas roi des Chaldéens par droit héréditaire ou par une conquête. Cette expression paraît indiquer une certaine dépendance à Tégard de « quelqu'un » qui éleva Darius sur le trône. Mais si ce supérieur avait été un roi, Cyrus, par exemple, Daniel qui nomme Assuérus, père de ce Darius, aurait probablement nommé le conquérant de Babylone. Mais on comprend qu'il n'ait pas voulu indiquer plus expressément les conjurés qui avaient massacré Balthasar. C'est à tort, et d'après un préjugé que nous ne saurions trop combattre, qu'on s'est imaginé que Darius (prétendu Cyaxare II) reçut le. royaume des mains de Cyrus. Nous savons que Darius, de la race des Mèdes, et gendre de Nabuchodonosor, reçut la couronne d'une façon irrégulière et qu'il fut sous la dépendance de quelques hommes puissants (voy. Introd., pp. 389 et ss. ; pp. 424 et ss. ; voyez aussi ci-dessus, pp. 505 et ss.). Il ne suit pas, d'ailleurs, de notre texte, que Darius ne fut qu'un simple « vice roi » de Babylone. Lengerke, qui n'a rien compris à l'histoire des successeurs de Nabuchodonosor, a pensé que l'auteur veut dire, tout uniment, que Darius « fut établi roi par Dieu » (« er lourde zum Kônige eingesetz, »namlich von Gott). A ceux qui demandent par qui Darius fut fait roi, Kuenen répond ég-alement qu'il reçut la royauté de Dieu. Nous ne le contesterons pas et nous savons très bien que le Très- Haut donne l'empire à qui il lui plaît (IV, 14). Mais cela était tout aussi certain pour Balthasar et pour Nabuchodonosor. Ici il y a une mention voulue de quelques intermédiaires, une allusion à ceux dont Dieu s'était servi pour mettre par terre le roi Balthasar. Du reste, Lengerke a raison de dire que l'auteur ne pensait pas à Cyrus. Sans doute, il suppose que cet auteur du second siècle avant notre ère, était trop ignorant pour savoir que Cyrus avait établi roi de Babylone le Cyaxare II de Xénophon. Mais le vrai Daniel en savait plus

long, au sujet de son Darius, que le faux théoricien de la critique négative ; et nous n'ignorons pas, aujourd'hui, pourquoi le prophète ne mentionne pas ici une intervention de Cyrus : dans la première année de Darius-Nériglissor, le Perse Cyrus n'était encore qu'un prince vassal d'Astyage, son grand-père, et n'avait pas franchi les frontières de l'Iran.

2. La première année de son règne % moi, Daniel, j'ai considéré d dans les Écritures f le nombre d'années dont l'Etemel avait parlés au prophète Jérémie, pour accomplir soixante-dix ansh sur les désolations de Jérusalem \

d Daniel insiste sur ce point, afin de rappeler que l'examen dont il va parler eut lieu à une époque où l'on pouvait se demander si le premier empire, l'empire chaldéen, était définitivement renversé, et si l'on assistait à la fondation du second empire. C'est pourquoi il examina alors attentivement les prophéties de Jérémie, pour savoir si cette prophétie était purement conditionnelle, et s'il pouvait espérer que le roi, placé sur le trône en 55 9, ne serait pas celui qui est prédit au chapitre V, et si, dans les vues de la Providence, Darius, qui tient le Voyant en haute estime et qui est favorable au Dieu de Daniel, ne serait pas un des instruments qui devaient servir à mettre fin à la Captivité. — eJai considéré attentivement -, j'ai porté mon attention sur la prophétie relative à la fin de la Captivité. Le mot ^ni3^2 (première personne du prétérit Kal, de vi^\ ne signifie pas seulement « j'ai connu (Vulgate : intellexi »), mais aussi: « J'ai considéré, j'ai compris, j'ai pris garde, j'ai fait attention, attente consideravi . » C'est ce qu'observe très justement Rosenmûller en ces termes : Verbum illud, proprie distincte cognoscere hic valet attente considerare, ut Ps. L, 22; Prov. XXIII, 4. Lengerke n'est pas content de cette interprétation qui contrarie son plan d'attaque contre la prophétie contenue dans ce chapitre. Il traduit ainsi : Im erstem Jahre... suchte Jch ein Verstandniss in den Schriften {in) der Zahl der Jahre; et il prétend que binoti signifie : Ein Verstandniss suchen in etwas , iiber ettvas sinnen. D'après ce critique, Daniel s'est occupé de chercher une explication de la prophétie des soixante-dix ans de Jérémie. Pour restreindre le sens de bînoti, il s'appuye sur le verset 23 et au verset 23, il s'autorise du verset 2. Mais à quoi bon tout ce verbiage? On sait très bien que -j^ signifie « comprendre, consi-

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