‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 44 sur 318 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

dérer, faire attention à. » — f Dans les Ecritures, dans le recueil des saints Livres. Nous savons déjà de quels Livres il s'agit ici, et nous avons vu qu'on a vainement cherché, dans la mention de ces Ecritures, un indice prouvant que le livre de Daniel a été écrit longtemps après la Captivité (voy. Introd., p. 696). Quoiqu'on ai dit Lengerke, il y avait, au temps de l'exil, un recueil d'Ecritures canoniques (76., p. 693). Ce n'est que par des négations en l'air que les rationalistes ont essayé de prouver qu'il n'y avait pas alors un recueil de Livres sacrés. Reuss, par exemple , se contente de dire, en commentant , à sa façon, notre passage : « Du temps d'Esdras il n'y avait encore de canonique que la Loi.» Comment le sait-il ? En déraisonnant de la façon la plus baroque du monde. Esdras réorganisant la nation juive et se préoccupant d'expliquer la Loi — affaire évidemment capitale — n'a pas été amené, par le récit des faits qui font l'objet de son livre, à dire qu'il possédait un recueil déterminé et coordonné de la Loi, des Prophètes et des Psaumes; donc, il ne possédait pas ce recueil; donc ce recueil n'existait pas du temps d'Esdras. N'insistons pas sur la bizarrerie de cette déduction. Il suffît de la mentionner. Daniel ne possédait évidemment pas le Recueil complet des saintes Ecritures, tel que la grande Synagogue l'a arrêté au temps d'Esdras. Mais il y avait, de son temps, un ensemble de Livres sacrés qui formait, avec le Pentateuque, la collection que le prophète nomme « les Sefarîm » (les Ecritures). Ici, comme la suite l'indique, il s'agit plus spécialement des Ecrits de Jérémie, qui forment les chapitres XXV, XXIX, XXX et XXXI.

g Le nombre d'années qui était parole de l'Eternsl à Jérémie le prophète. Daniel « examine dans les Livres, le nombre »

Maurer traduit ainsi : Consideravi in libris (sacris) numerum annorum i. e. cogitavi de illo. Théodotion a aussi rendu littéralement ce passage : auvîjxa Iv touç Bt6Xotç xbv àpiO(j.bv twv exwv (la Vulgate : Intellexi in libris numerun annorum). Lengerke prétend que l'accent athnach s'oppose à cette manière de traduire, et il donne cette version : « Je cherchai une intelligence dans les Ecritures, (dans) le nombre des années » (Im ersten Jahre... suchte ich ein Verstdndniss in den Scriften, (in) der Zahl der Jahre..- Hasvernick y voit aussi une apposition (les Ecritures, le nombre). Mais le texte dit à la lettre : « J'ai considéré, dans les livres, le nombre... » C'est, d'ailleurs, sans une raison sérieuse que Lengerke veut couper la phrase d'après Yathnach placé sous basse/arîm. Maurer explique, en effet, très correctement, dans le passage

suivant, le cas qu'il faut faire de cet accent : Prseter omnem necessitatem Lengerke non sine vi reddit : cogitavi de libris, de (prsepositionem ssepe cogitando repetendam esse constat) numéro annorum. 3 ante DnsDn est 3, loci, ',-j "iDDp vero accusativus objecti, quorum idem illud attendendi, considerandi verbum constructum habes Deut., 32, 7. Ps. 5, 2, al. « At répugnât accentus voci D^Spa appositus. » Molestus est, fateor. Sed idem iniquus Lengerkio. Deletor ! Neque enim in talibus hœrendum est. — h Pour compléter soixante-dix ans ; lemallà'ét, infinitif piel, de ttbft, remplir; être plein, rempli, accompli : au sujet des

70 ans qui s'accompliront sur les désolations Daniel savai

donc très bien que ces désolations devaient, d'après les prophéties de Jérémie, durer 70 ans. — i Sur les désolations, leharbot. Le subst. harbah (n2"in) signifie « désolation, dévastation, ruine. » Les LXX ont traduit par eÎç œnxizXiqpuiaiv ôvetSicp-ou (relativement à l'accomplissement de l'opprobre) : ils ont lu r.lDinS (ae HBin, honte, opprobre). Ch. B. Michaelis approuve cette leçon. Mais Lengerke la désapprouve, parce que, dit-il, l'auteur du Livre avait devant ses yeux le texte de Jérémie (XXV, 41, 4 2). Sans doute, il est vrai que, dans ces deux versets, Jérémie emploie le mot n^n (désolation, dévastation). Mais pour exprimer l'humiliation qu'il éprouvait en constatant cet état de choses, Daniel aurait très bien pu se servir du mot herfah, et expliquer harbot par harfot.

3. Et je tournai ma faceJ* vers le Seigneur- le Dieuk, pour chercher1 la prière et les supplications dans le jeûne, le sac et la cendre m.

U'ai donné, j'ai placé ma face. Le verbe ini signifie « il a donné, il a placé, il a établi. » Ezéchiel (XIV, 8) l'emploie pour signifier « tourner » sa colère contre, et il se rend aussi par « tourner» son cœurs vers, s'appliquer à (EccL, I, 17). Cette locution signifie « j'élevai mon esprit, j'appliquai mon esprit, je dirigeai ma pensée. » — k Vers le Seigneur, Adonaî (>:7n), le Dieu, ha-Elohim (C*tf?tjtfT)i c'est-à-dire celui-là seul qui est vraiment Dieu. On a interprété ce passage comme s'il signifiait que Daniel tourna sa face vers Jérusalem (cfr. VI, H), où Dieu avait fixé sa demeure. C'était, ainsi que nous l'avons déjà vu, l'usage des Juifs en Palestine et à l'étranger. Mais, au fond, Daniel veut dire qu'il porta les regards de son intelligence vers l'Eternel. —

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