‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 45 sur 318 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

1 Pour chercher, lebiqqës (infin. piel de l'inus. 127D1, il a cherché, recherché). Ce verbe s'emploie pour désigner la poursuite d'une chose ardemment désirée. Daniel cherche avec soin, avec ardeur, des prières capables de toucher le Seigneur et de le rendre favorable aux enfants d'Israël. Maurer : Quœrere preces et supplicationes est animum s. cogitationes intendere ad fundendas preces.

— mDans le jeûne, etc. C'était l'usage des suppliants et des personnes affligées d'exprimer leurs sentiments par le jeûne (cfr. X, 2, 3 ; II, Rois, XII, 16 -, Joël, I, 14 -, Esdr., VIII, 21 ; Luc, II, 37), par le port d'un vêtement grossier ou cilice (pUJ, sac, mot conservé en grec, en latin, etc.), qui était un signe de deuil et de tristesse (cfr. Genèse, XXXVII, 34 ; III, Rois, XXI, 27 ; Esther, IV, 1, 2, 3), et dans la cendre, répandue sur la tête ou sur le sol et servant de couche (cfr. Job, II, 8; XLII. 6; Jérém., VI, 26; Ezéch., XXXV1I.30; Mich., I, 10; Jon., III, 6).

4. Et je suppliai11 l'Eternel, mon Dieu; et je fis ma confession0, et je dis : AhJp Seigneur, le Dieu, grand et redoutable, gardant l'alliance et la miséricorde à ceux qui l'aiment et qui observent ses commandements!^

n Et je suppliai, va'ëtfallelah, ithpael (prier) de l'inus. SSs (juger).

— ° Và'ëtvaddëh, et confessus sum, et je confessai (mes péchés et ceux de mon peuple), ithpael, de n*T> (jeter). — p L'interjection N3N est composée, selon toute apparence, de r\H, (ah !) et de n: (je te prie) : Ah quœso ! — ? Quelques interprètes (Rosenmuller, Stuart) traduisent le participe somer par « qui gardes, » et trouvent que les suffixes qui suivent devraient être à la seconde personne (amantibus te et servantibus prœcepta tua). Mais il n'j a rien à reprendre, et le commencement de la prière peut fort bien être au vocatif et à la seconde personne, sans qu'il soit nécessaire de modifier les suffixes. Sed nihil miri, dit Maurer, habet tertia persona praegresso iqe7 non reddendo qui servas (ut si latine scriberes) sed qui servat.

5. Nous avons péché; nous avons commis l'iniquité; nous avons été impies1 ; nous avons été rebelles3; et nous nous sommes écartés* de tes préceptes et de tes jugements ;

r Nous avons péché. Le verbe N^n signifie il a péché, il a failli,

il a manqué; propr. il a manqué le but, il est tombé. Ce verbe indique le côté négatif du péché. Par le verbe suivant (ni", il a péché, il a agi contre le droit ; niphal, être courbé, être ployé, tordu), Daniel indique la perversion de l'acte mauvais : ce verbe a trait au point de vue positif du mal. Enfin, lorsque le prophète dit : Nous avons agi en impies (vihirsahenû, hiphil, du verbe yen, il a été agité, inquiet; il a été agité par ses passions, il a agi en criminel, en impie) ; qui dénote l'état de trouble, d'inquiétude qui accompagne le désordre que produit le péché. — • Umaradnû, de marad fTia il s'est révolté, il a été rebelle) ; ce

verbe indique une révolte ouverte, un état d'hostilité contre Dieu, le plus haut degré de la perversité. Daniel a ici en vue les actes idolatriques des rois et des Juifs qui avaient abandonné le culte du vrai Dieu, — t Et nous éloignant ("lici, infinitif absolu, kal; pour 13ID, nous nous sommes écartés; de ^q, il s'est écarté, retiré, éloigné). Cette variété d'expressions indique chez le prophète le désir de n'omettre aucun fait criminel.

6. Et nous n'avons pas obéi à tes serviteurs les prophètes, qui ont parlé en ton nomu à nos rois, à nos princes, et à nos pères, et à tout le peuple delà contréeT.

« Les prophètes antérieurs à l'exil, envoyés par Jéhovah et accrédités par lui auprès de son peuple. — T De la terre (iHNn.) Le mot 'arez, avec l'article (n), signifie le pays qui nous intéresse, notre pays, la Palestine. C'est, du reste, bien inutilement que Lengei'ke veut trouver ici certaines vues de l'auteur qui nous porteraient à une époque récente, au temps des Machabées. D'après ce critique, « l'auteur voit les Prophètes dans le lointain ; il en parle comme s'ils avaient vécu longtemps avant lui. Par conséquent, il vivait lui-même du temps des Machabées. » Un coup d'osil sur ce passage suffit, néanmoins, pour comprendre que Daniel se contente de faire allusion aux prophètes qui ont fait entendre les paroles de Dieu aux Juifs, avant la Captivité et pendant la période qui aboutit à la destruction de Jérusalem. On pourrait plutôt conclure du texte que Daniel a entendu ces prophètes : « Nous n'avons pas écouté tes serviteurs les Prophètes... » Sans doute, on peut dire que c'est là une figure et qu'il ne suit pas essentiellement de ces expressions que Daniel ait entendu Habacuc et Jérémie. Mais, en aucune façon, on n'y trouvera le moindre fondement pour les suppositions de Lengerke.

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