‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 46 sur 318 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

7. A toi, Seigneur, la justice, et à nous la confusion du visage1, comme (elle est) aujourd'hui* aux gens de Juda*, aux habitants de Jérusalem et à tout Israël», à ceux qui sont près et à ceux qni sont loin, dans tous les pays où tu les as dispersésb, à cause des prévarications qu'ils ont commises contre toi c ;

x La confusion du visage, bosët haffanim ; c'est-à-dire la honte qui se manifeste par un trouble extérieur du visage. — ? Comme en ce jour, kaiiôm hazzëh -, comme l'état présent de nos affaires le montre. — z A l'homme (t!7>^S, mot générique) de Juda : à chaque Juif en particulier et à tous les Juifs du royaume de Juda , c'est-à-dire de la tribu de Juda et de Benjamin. — *Tout Israël, toutes les tribus des enfants de Jacob qui ont été dispersées au loin par les rois d'Assyrie. — bQette expression indique la dispersion des Juifs, telle qu'elle existait du temps de la Captivité. Mais Bertholdt prétend qu'il y a là une preuve d'inauthenticité du livre, vu que les Juifs étaient encore dispersés par toute la terre au temps des rois séleucides (Commentaire, v. p. 4i,etdan8 une note adjointe à ce verset, p. 633). Lengerke trouve également que l'auteur a ici en vue la période machabéenne, puisqu'il parle de son temps {aber auch das Makkabaische Zeiltalter hat der Verf. hier im Auge, vgl.} I, Macc, I, 34, da er hier von seiner Zeit (vgl. ,-j«j(-ï ev^,), vorzugsweise redet). Ainsi, l'auteur du livre a écrit du temps des Machabées, parce qu'il emploie l'expression « aujourd'hui, ce jour, » et que, à cette époque, Antiochus Epiphane emmena des femmes et des enfants, dont il fit des esclaves. Lengerke et Bertholdt auraient pu tout aussi bien prétendre que l'auteur avait en vue l'état présent des Juifs dispersés sur tous les points du globe, et conclure de là qu'il écrivait en plein dix-neuvième siècle. On sait assez, du reste, que, sous Nabuchodonosor, les Hébreux avaient été dispersés dans des contrées lointaines. Jérémie (cfr. XXTII, 3, 8 ; XXX11, 37) s'exprime à ce sujet comme Daniel. Aussi ne pourra-t-on, croyons-nous, s'empêcher de trouver qu'il faut avoir un esprit bien porté à épiloguer sur toutes choses, pour trouver là une objection de quelque poids contre l'authenticité et l'ancienneté du livre de Daniel. Rosenmûller lui-même n'a pu s'empêcher de rejuter cette objection : Quœ hic et infra Vs. 46, leguntur, Us hujus libri locis, quœ seriorem Daniele œtatem arguant, sine ratione idonca accensentur. C'est donc sans fondement que Kuenen {Hist. crit ,

II, p. 542J a contesté la vérité de la prière de Daniel au sujet de la dispersion des Juifs, et prétendu qu'elle ne cadrerait pas avec la réalité. Il n'en est pas moins vrai que, à cette époque, les enfants d'Israël étaient disséminés dans tout l'Orient. — c Des prévarications qu'ils ont prévariquées contre toi.

8. Seigneur, à nous la confusion du visage, à nos roisd, à nos princes et à nos pères, parce que nous avons péché contre toi.

d D'après Lengerke, la mention des rois est impropre (unpassend), soit que l'auteur ait eu en vue l'époque de l'exil, soit le temps des Maçha~bées. Il trouve là une contradiction [Widerspruch). Rien n'est cependant plus facile à expliquer. Daniel parle ici des rois et des princes qui avaient existé dans sa nation au temps passé, et dont la mémoire ne pouvait guère être en bénédiction aux jeux des fidèles serviteurs de Jéhovah. Le prophète pouvait, d'ailleurs, parler aussi, très justement, des princes qui existaient encore, de son temps, en Babvlonie. Peut-être même que le roi Joachim, délivré de la prison, deux ou trois ans auparavant, par Evilmérodach-Balthasar, vivait encore. En tout cas, il y avait encore, à l'époque où Daniel invoquait le Seigneur pour son peuple, des princes, comme Zorobabel, du sang royal de Juda.

Rien n'autorise donc Lengerke à conclure de ce verset que notre « livre ne repose pas sur une base historique. » Ce passage représente tout simplement Daniel comme confessant que les rois, les princes et les pères des Juifs avaient péché et s'étaient couverts de confusion. Comment pourrait- on trouver qu'il y a là une preuve contre l'authenticité du livre ? Lengerke ajoute ici, également sans raison, que l'auteur a mis à profit et utilisé un passage du livre d'Esdras (benUtze der Verf. hier Stellen wie Esr., IX, 7). L'hypercritique prouve- t-il cette accusation? Pas le moins du monde : il n'ajoute pas un mot et il se contente de cette simple affirmation. Il ne lui serait pas possible, en effet, de démontrer que ce n'est pas Esdras qui a fait un emprunt à Daniel. Du reste, est-il bien difficile de comprendre que Daniel et Esdras ont employé une formule de prières qui était en usage de leur temps et qui traduisait les sentiments des Juifs pieux de cette époque? (Cfr. Introd., p. 157.) Des confessions analogues se trouvent dans d'autres écrits bibliques (cfr. Exod., XX, 6, 34-, Deutér., VII, 21 ; X, M ; Ps , XLIII, 16;

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