CHAPITRE IX
été accompli sous tout le ciel comme il a été accompli à Jérusalem r.
0 11 a fait tenir {vaîiaaem, troisième personne, futur, hiphil, de D1p> se tenir) -, il a confirmé sa parole; il a exécuté sa menace, accompli sa parole, qui n'est pas comme la parole des hommes, que le vent emporte (verba volant, verba dare, payer de paroles, duper; verbo, non re, en apparence et non en réalité). — ° Sa parole, îa menace qu'il avait promulguée contre les transgresseurs de sa Loi. Le qerî porte «|-|27 (sa parole), au lieu du ketib VQ^T (ses paroles), qui reproduisent les anciennes versions (Vulgate : sermones suos). — P Contre nos magistrats, softenû, contre les C^I2D :°5 c'est-à-dire contre les rois, les prêtres, les princes et les magistrats (cfr. Ps., II, 10; Osée, VII, 7). Le mot sofët comprenait toute espèce de magistrature (cfr. le phénicien suffète). — q Pour faire venir (lehabî', amener ; hiphil, de ^ill) sur nous grand malheur. — r Qui Caser) non exécuté (nêhêstah, troisième personne, prétérit niphal, de ntTS? faire) sous tout le ciel comme exécuté à Jérusalem. La même pensée est exprimée dans Ezéchiel (V, 9).
13. Ainsi qu'il est écrit dans la Loi de Moïse, toute cette calamité est venue sur nous ; et nous n'avons pas imploré les Faces de l'Eternel r, notre Dieu, pour nous rendre sages par ta vérité3.
1 Le verbe n'Sn (il a excité la compassion ; il a touché quelqu'un par ses prières, il a prié) se rattache à une racine arabe qui signifie « être doux et suave, plaire aux jeux ou à l'esprit. » Le sens serait : nous» n'avons pas fait des efforts pour amener Dieu à montrer un visage serein, favorable, un visage qui n'exprime pas la sévérité et la colère : nous n'avons pas cherché à apaiser Dieu irrité contre nous. Mais il faut tenir compte du mot feney (faces), et, dès lors, on ne peut pas traduire ainsi : « Nous n'avons point imploré la grâce de l'Eternel" » (Reuss). Sans doute, nous ne l'ignorons pas, sous cette expression les grammairiens ne voient qu'un hébraïsme : chercher les Faces de Dieu, c'est chercher la consolation, la grâce de sa présence. Mais nous croyons que l'expression « prier les Faces de Dieu » (III. Rois XIII, 6), a chercher les Faces de Dieu » (Ps., XXIII, 6, etc.), a un sens plus profond que les lexicographes inattentifs ne le pensent. Les « Faces » sont les objets que la théologie
chrétienne appelle des Personnes (en grec npôawxov, visage, face-, personne) divines. — 'Rendre sages, lehashîl, de sakal (réussir), hiphil, considérer, regarder attentivement, rendre intelligent, snge. Ou bien : « pour nous rendre attentifs à ta vérité, à ta Loi. »
14. Et l'Eternel a veillé sur le malheur1; et il Ta fait venir sur nous; car l'Eternel, notre Dieu, est juste dans toutes les œuvres qu'il a faites; caru nous n'avons pas écouté sa voix.
1 Le motnyï signifie « mal, malheur; » ici, ce mot indique les calamités qui se rattachent à la Captivité des Juifs. Dieu a veillé sur le désastre de la nation juive, et l'a comme tenu en réserve avec soin pour l'employer au moment qu'il a jugé convenable, en un mot lorsqu'il a voulu punir les crimes de son peuple. — u Et nous n'avons pas... Le vav doit se rendre ici par « car » ou par « mais. »
15. Et maintenant, Seigneur, notre Dieu, qui as fait sortir ton peuple du pays d'Egypte par ta main puissante, et qui t'es fait un nom\ comme en ce jour1 : nous avons péché, nous avons commis l'iniquité y.
▼ Qui a illustré ton nom, qui a manifesté et glorifié ton nom, par les miracles que tu as opérés, en Egypte, en faveur de nos pères ; et en envoyant aux Egyptiens des plaies qui te rendirent si célèbre et si redoutable à ce peuple païen. — x Comme en ce jour (à notre égard). Par les calamités qu'il fit fondre sur les Juifs, au temps de Nabuchodonosor, Dieu affirma ses droits, ses jugements sur son peuple infidèle, et glorifia sa toute-puissance. Il se rendit aussi illustre, à cette époque, par ses miracles. — 7 Avant de passer de la confession des péchés à la prière, Daniel résume, dans ces quelques mots, ce qu'il a dit jusqu'ici : le profond sentiment de pénitence, qui est en lui, le porte à insister et à répéter sa confession. La pensée que Daniel indique dans ce verset est développée dans un passage de Néhémie (IX, 10 et ss.) : « Tu as fait éclater tes merveilles et tes prodiges sur Pharaon, sur ses serviteurs et sur tout le peuple de cette contrée... et tu t'es fait un nom, comme aussi dans ce jour-, et tu as divisé la mer devant eux... » Lengerke aurait pu rapprocher ces deux textes, mais il ne lui était pas permis de les faire suivre