CHAPITRE IX
exauce et agisk; ne tarde pas1, à cause de toi, mon Dieu, car ion Nom est invoqué m sur ta ville et sur ton peuple.
i Seigneur, 'Adonaî (O^x) Lengerke se hâte de dire que la triple répétition de ce nom est emphatique et que l'on ne doit pas chercher là-dessous le mystère de la Trinité {Die dreimalige Wiederholung des Namens Adonaî ist emphalisch. Das Mysterium der Trinitdt darf man nicht dahinter suchen). Au fond, le sévère critique lance encore ici une affirmation en l'air. Tout en accordant que Adonai est répété trois fois par emphase ou pour dénoter l'intensité et l'ardeur de la prière, on peut très bien admettre que cette triple invocation a pour objet le mystère de la Trinité (cfr. Isaïe, VI, 3). — k Exauce (haqasibah, impér. kal, de fêQp il a écouté attentivement, favorablement) et fais, haseh (ce que je te demande). — ' Ne tarde pas, ou : Tu ne tarderas pas (teahar , est la seconde personne fut. piel de "inx tarder, différer) Ewnld conclut de cette expression que Daniel croyait qu'un temps assez long s'écoulerait avant la fin delà Captivité. C'est tout à fait vrai-, et nous avons indiqué déjà que le prophète savait très bien que la première année de Darius le Mède était séparée de la fin de l'exil par une période de vingt années. Mais le critique rationaliste, confondant la première année de ce roi avec la première de Cyrus, ne peut comprendre que Daniel ait prié alors avec tant d'insistance. Tout s'explique lorsqu'on a reconnu la place qu'occupe Darius-Nériglissor dans la succession des rois de Babylone. Il n'y a donc rien dans ce passage qui puisse être invoqué contre l'authenticité du livre. Ce n'est pas non plus la réflexion suivante de Lengerke qui prouvera que ce livre a été composé à l'époque des Macbabées. Il prétend que, en disant : « Accomplis et ne tarde pas, » l'auteur montre qu'il partageait l'attente de la période des Machabées, savoir1: «que le Messie pouvait apparaître à chaque instant» (p. LXXIIl). Mais la prière de Daniel n'a trait qu'indirectement à la venue du Messie. Ce qu'il demande à Dieu, c'est la compassion pour la cité détruite (vs. \H) Il voudrait que Dieu abrégeât le temps de l'exil et il lui dit : « Ne tarde pas. » D'un autre côté, il n'y a pas eu, du temps d'Antiochus Epiphane, une attente du Messie pour cette époque (voy. Introd , p. 265 et ss.). — m Ton Nom est invoqué (par moi et par Israël repentant) sur ta ville et sur ton peuple.
20. Et je parlai0 encore; et je priai; et je confessai mon péché et le péché de mon peuple Israël ; et je déposai ma supplication devant l'Eternel, mon Dieu, pour la sainte montagne0 de mon Dieu.
aEt moi parlant (medabber) et priant {mit f al tel, de falal, inusité au k&l et qui à Yhitpeal a le sens de prier) et confessant (mitvaddêh, partie, hitpeal de m*) jeter) et prosternant \maffil) mes prières. — ° La montagne de la sainteté de mon Dieu, la montagne que Dieu avait honoré d'une présence toute spéciale. Daniel souhaite ardemment le rétablissement du culte de Dieu sur cette montagne.
24. Et je parlai encore0 dans la prière; et Gabriel, cet homme0 que j'avais vu auparavant en vision p, se hâtant dans sa course**, parvint jusqu'à moi1, vers le temps de i'oblation du soir8.
nEl moi parlant encore. — ° Cet homme (izhNnV Gabriel, cet ange qui avait paru sous la forme d'un homme (VIII, 16). C'est ce même Gabriel qui, plus tard, fut chargé de révéler l'incarnation du Messie, l'événement colossal du monde, l'attente des juifs et de tous les peuples. Le même envoyé céleste qui annonça à Marie la naissance du Sauveur, avait prédit ce même fait plus de cinq siècles à l'avance avec la plus grande précision chronologique. Daniel le désigne sous le nom d'homme, parce qu'il lui apparut sous forme humaine. — P Que f 'avais vu auparavant en vision ; c'est-à-dire dans la vision que le prophète avait eu à Suse, près de l'Ulaï, la 'troisième année du règne de Balthasar. Au commencement, nbniH2 : dans un sens absolu : auparavant, avant, antérieurement, autrefois. — q Ayant été fait se hâtant en hâte. L'expression *wr*a tiyp offre la construction du verbe avec le substantif qui en dérive (fait volant en vol). Cet usage hébraïque a pour but de renforcer l'idée exprimée : Gabriel fut fait se hâtant avec hâte ; il se précipite, il court à cause de l'ordre qu'il a reçu de Dieu. Le verbe *]3Tp=ï]yiQ (participe hophal) signifie étant fait se hâtant, courant avec vitesse, volant : de ny^ dont le sens primitif a été «marcher vite, courir, voler (cfr. »y% il a volé, il s'est envolé). L'expression bîhaf offre un substantif ayant un yod préformant. Cette répétition dénote l'intensité de l'action. La Vulgate traduit par : Cito volans (vo-